mercredi 28 janvier 2009

Les Quakers de Philadelphie, une histoire de hockey en temps de crise...

Le monde entier a présentement le doigt sur le bouton panique à propos de la crise économique et il est bon à cet effet de se poser des questions à propos de la santé en temps de crise de notre sport national. Il serait intéressant par exemple de faire un "death pool" afin de gager sur la première équipe de la NHL qui disparaîtra. Pour une fois, tout le monde se préoccuperait des Thrashers d'Atlanta ou des Coyotes de Phoenix...

Bon, trêve d'humour noir sur les malheurs financiers de Wayne Gretzky...

L'histoire de la NHL aux alentours de la Crise de 1929 peut nous donner des signes intéressants sur l'intérêt du hockey aux États-Unis en temps de crise économique ou même au Canada. Presque l'entièreté des équipes de la NHL eurent à cette époque de sérieux ennuis financiers. Même les Red Wings, qui s'appelaient alors les Falcons, ont passé extrêmement proche de la disparition. Mais de toutes les équipes qui se sont débattus avec des problèmes économiques lors des années 1930, les Quakers de Philadelphie furent les premiers à écoper... Ils ne connurent qu'une seule saison dans la NHL qui n'a passé à l'histoire que dans le Panthéon des pires fiches en une saison...

L'histoire des Quakers débuta en 1925 alors que deux équipes firent leur entrée dans la NHL, les Pirates de Pittsburgh et les Americans de New York. L'équipe qui nous intéresse ici est celle des Pirates, qui prirent ce nom afin d'attirer l'attention des fans de l'équipe de baseball locale qui porte toujours le même nom. Avec les futurs membres du Temple de la renommée Roy Worters et Lionel Conacher (qui allaient plus tard être vendus), l'équipe connut un bon début dans la NHL, terminant 3e au classement général de la ligue. La jeune équipe allait toutefois s'incliner en séries éliminatoires face à l'équipe qui allait remporter la Coupe Stanley cette année-là, les Maroons de Montréal. Ils allaient également s'incliner à leur seule autre qualification pour les séries éliminatoire de leur histoire deux ans plus tard mais cette fois contre les Rangers de New York. L'équipe ne connut jamais des grandes foules, en 1927-28 elle allait par exemple attirer seulement que 40000 personnes en tout. Pour comparer, les Senators d'Ottawa allaient être cette saison-là la seconde pire équipe aux tourniquets avec seulement 100000 visites. Afin de garder les Pirates à Pittsburgh, d'autres intérêts locaux firent leurs acquisitions avec le désir de revamper l'équipe. Malgré un désir de rendre l'équipe populaire, les propriétaires attirèrent plus les dettes que les fans. Après la désastreuse saison de 1929-30, les dirigeants de l'équipe décidèrent qu'il était temps de faire un peu de ménage.

Les dirigeants des Pirates prirent alors la décison en octobre 1930 de déménager l'équipe à Philadelphie et de la renommer Quakers. La NHL avait d'ailleurs l'intention de prendre de l'expension à Cleveland et Philadelphie pour la fin des années 20, mais la crise économique vint faire changer les plans de la ligue. Mais ce n'était pas nécessairement de bon coeur pour la ville de Philadelphie que les Pirates déménagèrent dans cette ville. L'intention des propriétaires de l'équipe, avec l'ancien boxeur Benny Leonard à l'avant plan, était de construire un nouvel aréna à Pittsburgh durant la saison et de se refaire une santé financière dans cette ville pour ensuite déménager à nouveau l'équipe dans la ville de l'acier à la saison suivante. L'ancien aréna de Pittsburgh, le Duquesne Gardens, ne pouvait plus accueillir une équipe du calibre de la NHL, ayant été construit en 1895 dans une ancienne grange. Dans sa nouvelle ville, l'équipe allait désormais évoluer dans un aréna moderne, le Philadelphia Arena, construit quelques années auparavant. Afin de capitaliser sur la renommée de son principal propriétaire, l'équipe allait d'ailleurs être annoncée comme étant Benny Leonard's Philadelphia Quakers.

Les débuts de l'équipe à Philadelphie furent catastrophiques. Ils jouèrent leur premier match le 11 novembre 1930 contre les Rangers de New York. Il perdirent ce match 4-0 devant une foule estimée entre 4000 et 5000 personnes qui quittèrent avant la fin du match. Une mince foule de 2000 personnes allait revenir la semaine suivante au Philadelphia Arena pour le second match local des Quakers. Il fallut 3 matchs avant de marquer saux Quackers avant de marquer leur premier but et trois autres avant de gagner leur premier match en battant les Maple Leafs 2-1 le 25 novembre 1930. Il leur fallut par la suite attendre le 10 janvier et 15 défaites avant leur seconde victoire de 4-3 contre les Maroons. Ce record de 15 défaites de suite allait tenir pendant 44 ans avant que ce qui est considéré comme la pire formation de tous les temps, les Capitals de Washington de 1974-75, porte à 17 ce record.

Les Quakers terminèrent cette saison catastrophique avec une fiche de 4–36–4. Ils égalèrent par le fait même le record du moins de victoires que les Bulldogs de Québec de 1919-20 détenaient et seul les Capitals de 1974-75 eurent un pourcentage de victoire inférieur au .136 des Quakers avec un .131. Ils ne marquèrent que 76 buts et en accordèrent 184, ce qui fait une moyenne de 4,18 buts accordés par match.

À la fin de la saison 1930-31, deux équipes de la NHL allaient suspendre le temps d'une saison leurs opérations en raison de problèmes financiers, les Quakers et les Senators d'Ottawa. Les Senators revinrent en 1932-33 alors que les Quakers ne revinrent jamais. On remit le retour de la franchise de saison en saison jusqu'à la suspension définitive de la franchise en 1936. Il fallut attendre jusqu'en 1967 avant que Philadelphie n'accueille à nouveau le hockey de la NHL avec l'arrivée de notre équipe jaune organe préférée, les Flyers.
















Des joueurs ayant joué pour les Quakers à leur unique saison, Syd Howe (la photo du haut) est le seul joueur faisant parti du temple de la renommée du hockey. Howe connut du succès avec les redoutables Red Wings de la fin des années 1930 et du début des années 1940.

Le gardien Wilf Cude passa par la suite plusieurs années devant la cage du Canadiens. Et son histoire est quand même unique. Lors de la saison 1931-32 alors que les Quakers étaient supposés revenir à la saison suivante, Cude servit à titre de remplaçant pour l'ensemble de la ligue nationale. Il joua de cette manière quelques matchs avec les Bruins et les Black Hawks durant cette saison. Il faut rappeler qu'à l'époque, les équipes n'avaient pas nécessairement de gardien suppléant. La franchise suspendue l'échangea aux Canadiens pour de l'argent en 1933. Alors que le CH avait toujours dans leur alignement le légendaire George Hainsworth qu'ils échangèrent quelques semaines plus tard, Cude fut prêté pour de l'argent aux Red Wing pour la saison 1933-34 qu'il mena à la Coupe Stanley. Inutile de dire que ces pratiques ne se font plus de nos jours... Il allait revenir l'année d'après avec le Canadiens avec qui il joua jusqu'à la fin de sa carrière en 1940-41. Wilf Cude est également considéré comme le gardien le moins pesant de l'histoire, n'ayant apparemment jamais excédé les 130 livres...

Des 10 équipes évoluant dans la ligue nationale à l'époque, 4 seront disparues au début des années 1940... Reste à savoir quelles équipes survivront à la présente crise économique...

Fait intéressant... Le 26 janvier 2007, les Phantoms de Philadelphie de la Ligue Américaine rendirent un hommage à cette équipe en portant un gilet à l'effigie des Quakers lors d'un match contre les Penguins Wilkes-Barre/Scranton. Ils vendirent ces chandails aux enchères afin d'amasser des fonds pour les oeuvres de charités de l'équipe.













2 commentaires:

SportQI a dit…

Salut,
Je découvre ton blog avec plaisir. Je suis toujours intéressé par des contenus qui ne sont pas mainstream. Bon contenu. Je t'ajoute à ma bloglist et je suivrai tes articles.

Boogie Man a dit…

C'est bon mon blog.