lundi 6 juillet 2009

Jacques Caron

On peut difficilement trouver un gardien qui avait un masque qui protège moins que celui que porte Jacques Caron sur cette photo. L'histoire de Jacques Caron en est une qui a sa bonne dose de haut et sa bonne dose de bas comme on les aime. Caron est né en 1940 à Rouyn-Noranda. Il a fait ses débuts professionnel avec les Indians de Springfield d'Eddie Shore à la saison 1961-62. À partir de la saison suivante, Jacques Caron devint le gardien partant de l'équipe, tâche qu'il occupera jusqu'à la saison 1966-67. Découragé de ne pas pouvoir percer dans la Ligue nationale, Caron décida alors d'accrocher ses patins et de se trouver un boulot à titre de machiniste dans la région de Toronto.

Et ce qui allait donner un second souffle à sa carrière arriva avec l'expansion de 1967. Le parcours de Caron est relativement typique de ces joueurs des ligues mineurs ayant bossé très longtemps dans les mineurs qui ont finalement pu avoir une chance dans la NHL avec l'expansion de 1967. Comme il y avait maintenant deux fois plus d'équipes, on avait besoin de deux fois plus de joueurs. Caron n'est d'ailleurs pas le seul a avoir repris le hockey après avoir accroché ses patins à cette époque, une autre histoire connue est celle de Bill Masterton qui avait abandonné sa carrière de joueur de hockey professionnel pour aller travailler pour la compagnie Honeywell au Minnesota avant de se faire recruter par les North Stars. Donc lorsque les Kings de Los Angeles achetèrent les Indians de Springfield pour en faire leur club école, ils acquirent par le fait même les droits de Jacques Caron.

Caron passa par contre troisième dans la hierarchie des Kings, derrière le légendaire Terry Sawchuck et un dénomé Wayne Rutledge. Il eut la chance de jouer qu'un seul match dans l'uniforme des Kings lors de la saison 1967-68, ce fut en décembre 1967 et le résultat fut une défaite de 4-2. Encore une fois, Caron passa la saison 1967-68 en tant que cerbère à Springfield qui s'appelaient désormais les Kings de Springfield. La saison suivante, malgré le départ de Sawchuck pour Detroit, c'est le gardien Gerry Desjardins qui obtint le poste de gardien partant des Kings, laissant Caron toujours troisième dans la hierarchie des gardiens et limitant sa présence dans la NHL à 3 matchs lors de cette saison. Je crois qu'à cette époque il décida à nouveau de quitter le hockey, souffrant de dépression. Mais ce fut une décision à court terme.

Caron par la suite fut réclamé par les Blues de St-Louis avec lesquels qui il n'évolua pas avant la saison 1971-72. Mais lorsque les vénérables gardiens Glenn Hall et Jacques Plante quittèrent St-Louis, Caron eut la chance d'évoluer avec l'équipe afin de partager le filet avec le gardien Ernie Wakely. Il passa deux saisons à St-Louis où il joua une trentaine de matchs à chaque saison et jouant au dessus de la barre des 500. Il fut toutefois soumis au ballottage en 1972 pour être réclamé par les Canucks de Vancouver. Il ne jouera que 10 matchs avec les Canucks avant de quitter définitivement la NHL. Il portera par la suite pour un court laps de temps les couleurs des Crushaders de Cleveland et des Stingers de Cincinnatti dans la WHA mais concentrera ses activités avec Syracuse dans l'AHL. Il terminera sa carrière avec Bighampton dans l'AHL en 1978.

Caron s'est retiré par la suite dans son Abitibi natal où apparemment il se mit à pratiquer l'élevage d'animaux. En 1980 il mit sur pied une des premières écoles d'été pour les gardiens de but. Son expérience en tant que vieux routier allait attirer l'attention de la NHL. En 1982, il devint assistant entraîneur des Whalers de Hartford. Il ne garda pas très longtemps cette position toutefois, il abandonna après avoir dû être hospitalisé pour des crises de panique.

Mais la tâche qui rendra Caron le plus célèbre fut le rôle d'entraîneur des gardien des Devils du New Jersey qu'il occupe depuis 1993. Celà veut dire qu'il est en tant que tel le coach de Martin Brodeur. C'est lui qui s'occupa de Brodeur dès son arrivée avec les Devils et lui donna des conseils quand à sa manière de se positionner qui a rendu célèbre le gardien des Devils. Il travailla nottamment avec Brodeur afin de lui faire adopter une postion debout, délaissant le style papillon que ce dernier pratiquait au début. En demeurant debout, on peut prendre les deuxièmes tirs plus facilement et on peut se repositionner plus facilement que lorsqu'on est à genoux... C'est ce qui a fait le succès de Brodeur et il le doit en grande partie à ce gardien qui eut à lutter toute sa vie pour avoir une place au soleil dans le monde du hockey...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi c'est simple.....je vote pour Jacques Caron!!!

Michel Pagé
Janik Bédard
Éric Royer

Jocelyn Turbide a dit…

on aime toujours ces histoires de gens ordinaire qui ont persévérés!.
Merci Martin