dimanche 19 décembre 2010

Trêve de hockey #31 : Grosse fin de semaine de boxe à Québec


Quand j'ai vu le résultat du combat de boxe d'hier à Québec et que j'ai vu que mon ami d'enfance et passionné de boxe Max y était, je lui ai demandé subito presto de m'écrire un petit compte rendu de son expérience du week-end qui bien sûr culmina avec le controversé combat entre Jean Pascal et Bernard Hopkins...

Voici donc le récit de mon ami Max que je remercie :

Nous nous sommes présentés à la pesée vendredi après-midi au Château Bonne Entente mon père et moi afin de bien se préparer mentalement à la soirée de samedi et se "mettre dans le beat". C'était assez impressionnant d'être parmi tous ces boxeurs que j'ai soit vu à la télé plusieurs fois ou entendu parler sur les différents sites de boxe sur internet. J'étais entre autres très curieux de voir Paulie Malignaggi, un boxeur que j'ai vu à de nombreuses reprises à HBO ou à la télé à la carte. L'ambiance était assez décontractée et chacun des athlètes se prêtaient aux rituels d'usage sans tambours ni trompettes. Photographies promotionnelles, pesée officielle et même l'occasionnel autographe. Les boxeurs étaient très cordiaux et se laissaient approcher facilement. J'ai même eu l'occasion de serrer la main au "Classy" Jimmy Lennon Jr.! Un très gentil monsieur...

La tension a évidemment monté d'un bon cran lorsque fut venu le temps de la pesée officielle de l'évènement principal, vers 15h. Hopkins a fait son entrée comme un boulet de canon dans la pièce, la traversant sans croiser qui que ce soit du regard. Pascal était plus "showman", fidèle à ses habitudes, faisant des poses et exhibant ses muscles pour le grand plaisir des jeunes femmes présentes... Une fois la pesée terminée, Hopkins n'a pas du tout apprécié l'arrogance de Pascal et son insistance à ne pas vouloir le quitter du regard et, à la limite, lui marcher sur les pieds. Il est reparti comme il est entré, extrêmement rapidement, sans addresser la parole à personne. Pascal a posé un peu et s'en est allé ensuite lui aussi. J'ai adoré l'expérience d'assister à la pesée. Ça prépare très bien le gala et nous met au parfum de l'ambiance qui règne au sein des clans qui vont s'affronter.

La soirée de samedi a commencé au Mike's sur la première avenue à Limoilou. Rien de trop classe, quoi... Fait intéressant, la placière nous demandait si nous allions au gala et nous plaçait dans une section planifiée à cette fin en cas d'une réponse affirmative. Le personnel était très curieux à propos du gala et posait plusieurs questions. L'endroit s'est rempli rapidement de gens qui voulaient une petite bouffe rapide et pas chère avant de se rendre au Colisée.

Nous nous sommes pressés d'arriver pour 18h vu que le début des combats était prévu pour cette heure-là, mais nous avons quand même raté le combat d'ouverture entre Pierre-Olivier Côté et Cesar Soriano, qui n'a duré en fait que 30 secondes. Notre soirée a donc commencé par le percutant knock-out de Peter "kid chocolate" Quillin sur le pauvre Martin Desjardins qui était envoyé à l'abbatoir.

En voyant Quillin distribuer des "Hershey's kisses" à la foule après le combat (le gars porte bien son surnom) je n'ai pas pu m'empècher de penser que les boxeurs me rappellent un peu des joueurs de baseball de par leurs extravagances, leurs manies et leurs "tics". On les voit faire du shadow boxing, se délier les muscles, faire des petites pauses et sautiller sur place et on jurerait un gars au cercle d'attente, un échauffement d'avant-match aux Capitales ou encore les frasques de Pascual Perez sur le monticule des Expos ya une vingtaine d'années (déjà). Ces gars-là sont des personnages, un peu comme à la lutte. Ils ont une personnalité qui ressort de partout, ça passe par les couleurs de leurs costumes jusqu'au surnom qu'on leur donne. Comme Paulie "Magic Man" Malignaggi, qui a des airs de Randy "Macho Man" Savage avec ses franges et ses costumes multicolores.

La foule était vivante et très vocale, mais je dirais que dans l'ensemble elle était composée de néophytes qui ne connaissaient pas vraiment d'autre boxeur que Jean Pascal et ne savait de Bernard Hopkins que ce que TVA et le journal de Quebec leur a racontés. Ça a donné lieu a certaines perles du genre : "Mon dieu, 10-9 pour le round! C'est serré!". Il faut par contre rendre à César ce qui lui appartient : la foule est arrivé tôt et le Colisée a été rempli rapidement. C'est tout le contraire des nombreux galas qu'on peut voir à la télé à la carte en direct de Las Vegas où l'arena ne se rempli que pour la demie-finale et la finale.

Un gars d'ici comme Éric Martel-Baoheli devait être enchanté de pouvoir boxer (et gagner!) dans son patelin devant un Colisée rempli. La majorité des combats en sous-carte n'étaient que des excuses pour faire bien paraître des boxeurs locaux devant une foule conquise d'avance, à l'exception des 2 combats impliquant des américains. Daniel Jacobs, qui était il n'y a pas si longtemps un des plus beaux prospects chez les poids moyens aux USA, se devait de se refaire une confiance après s'être fait passer le KO en 5 rounds par un Dimitri Pirog venu de nulle part l'été dernier. Il n'a pas été très impressionnant, mais a fait ce qu'il fallait pour que l'arbitre mette fin au combat au 5ieme devant un Jesse Orta qui ne semblait pas avoir beaucoup envie de répliquer.

Il y avait aussi Paulie Malignaggi qui, après avoir été champion chez les 140lbs, a fait le saut chez les 147lbs. La division des 140lbs est BEAUCOUP trop compétitive pour le pauvre Paulie, même si celui-ci est un ancien champion du monde. Il s'est fait donner une leçon par Amir Khan plus tôt cette année, et ça l'a convaincu de tester les eaux à un autre poids. Il a très bien boxé et ne semble pas avoir perdu de sa vitesse malgré le surplus de poids. Il a même réussi un de ses rares knockouts, un sixième en 28 victoires.

Pour ce qui est de la finale, la foule était survoltée et il était très difficile d'entendre Jimmy Lennon Jr faire les présentations d'usage. Pascal a su voguer sur cette énergie pour enlever les 3 premiers rounds ce qui a eu pour effet de galvaniser la foule encore plus, surtout après la deuxième chute au plancher de Hopkins, au troisième round. À partir de là, par contre, les choses se sont compliquées. Hopkins a fait les ajustements nécessaires et à partir du quatrième, Pascal ne faisait que se sauver d'un adversaire beaucoup plus aggressif que lui. On sentait la foule s'inquiéter au fur et à mesure que le combat avancait et devenir de plus en plus silencieuse... et Hopkins, lui, gagnait des fans et des rounds!

Les rounds 10 à 12 ont été très chaudement disputés et on fait à nouveau grimper le niveau d'enthousiasme des spectateurs, mais le mal était fait et une fois la décision rendue, c'était la consternation au Colisée. On le savait d'avance que quelque chose ne tournait pas rond, parce qu'on avait le visage de Pascal sur l'écran géant et avant que le résultat ne soit annoncé par le maître de cérémonie, nous l'avons vu lancer un "QUOI?" et se prendre la tête dans ses mains après qu'un de ses hommes de coin lui ait annoncé la nouvelle. Chose certaine, il n'y a pas grand monde que nous avons croisé à la sortie de l'amphitéâtre qui croyait que Pascal avait gagné. Nous avons même entendu quelques "Hopkins a été volé" ici et là.

Le doute est semé, et Jean Pascal va devoir se refaire une image parce qu'il semble avoir laissé celle d'un champion de papier au public présent samedi soir. Hopkins est un boxeur qui a la réputation de faire mal paraître ses adversaires et il a réussi une fois de plus. Voilà pour le compte rendu de ce qui était assurément une soirée mémorable pour l'humble fan de boxe que je suis!

J'attends la revanche....

1 commentaire:

Anonyme a dit…

le combat de P-O Coté était après le main event!