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mardi 2 août 2011

Les Mohawks de Cincinnati


Voici une photo splendide. J'adore cette photo pour la position du gardien, Paul Bibeault. Bibeault était, lorsqu'il évoluait avec les Mohawks de Cincinnati au début des années 50, un gardien avec un style vieillot. Remarquez par exemple qu'il possède des gants qui peuvent l'aider à tenir le bâton avec les deux mains. Quelques années auparavant, le gardien des Rangers Emile Francis avait introduit le gant de baseball doublé afin de mieux attraper les rondelles. Au début des années 50, Francis était d'ailleurs le gardien numéro un des Mohawks de Cincinnati avec Bibeault comme substitut...

Les Mohawks de Cincinnati furent une des plus puissantes équipes de hockey professionnel mineur des années 50. À une époque où la ligue internationale était une ligue régionale semi-professionnelle du Midwest, cette équipe avait la bonne fortune d'être alimenté par une des équipes de hockey les plus puissantes de la NHL, le Canadien de Montréal.



Une des cause des grands succès du Canadien de Montréal dans les années 50 était le réseau de filiales du Canadien. Le Canadien prenait souvent en main les jeunes dès les premières années de leur expérience dans le hockey mineur et les faisait très tôt signer des contrats d'exclusivités. Seuls quelques joueurs ont passé à côté de la grosse machine du Canadien pour se retrouver avec d'autres équipes. Un joueur comme Rod Gilbert par exemple s'est retrouvé dès son jeune âge avec une équipe non affiliée avec le Canadien, ce qui lui a permis de se retrouver avec les Rangers plus tard.

Le Canadien possédait dans son système non seulement un nombre incroyable (entre 400 et 500 personnes dans les sommets) de droit de joueurs, la plupart canadiens-français, mais il possédait également les infrastructures afin de faire jouer ces joueurs. Dans le but de faire venir Jean Béliveau avec le Canadien, l'équipe acheta l'entièreté de la Ligue de hockey sénior québécoise pour l'élever au titre de ligue professionnelle, ce qui fit en sorte que Jean Béliveau qui avait un contrat spécifique nommé formule C qui faisait en sorte qu'il ne pouvais jouer avec aucune autre équipe professionnelle que le Canadien dut partir des As de Québec, maintenant une équipe professionnelle, pour se joindre au Canadien.

Ce qui fait qu'au sommet de la gloire du Canadien dans les années 50, l'équipe possédait un arborescence assez complexe d'équipes affiliées non seulement au Québec, mais partout en Amérique du Nord. Les Warriors de Winnipeg de la WHL et les Bisons de Buffalo par exemple étaient les clubs affiliés du Canadien, les Mohawks de Cincinnati également furent un club affilié du Canadien durant cette riche période mais d'une manière officieuse...

La franchise qui allait devenir les Mohawks de Cincinnati débuta dans l'AHL en 1941-42 sous le nom des Lions de Washington. Cette équipe allait devenir des son arrivée le club-école du Canadien. Après deux saisons, l'équipe se retira de la AHL pour se joindre à la EHL, question de diminuer les coûts en ces temps économiquement difficiles. Après quelques saison dans cette Eastern Hockey League, les Lions retournèrent dans la AHL en 1947-48 sans trop de succès. Après deux saisons dans la cave de sa ligue, l'équipe déménagea en Ohio pour devenir les Mohawks de Cincinnati. D'ailleurs l'équipe n'avait pas de nom lors de ses premiers matchs, laissant les fans décider du nom après quelques matchs. C'est à cette époque, en 1949-50 que cette franchise nouvellement établie à Cincinnati et dirigée par l'ancienne vedette des Maple Leafs King Clancy redevint un club-école du Canadien.

Après deux saisons plutôt médiocre, le Canadien cessa son affiliation avec l'équipe qui devint un club affilié des Rangers. C'est d'ailleurs à cette époque que le futur dirigeant des Rangers Emile Francis dit "The Cat" évolua avec l'équipe.

En 1952, après trois saisons dans l'AHL dont une seule comme club affilié des Rangers, l'équipe déménagea de ligue pour se joindre à l'IHL, cette ligue semi-professionnelle du Midwest qui existait alors que depuis moins de 10 ans. À l'époque, ce circuit n'était pas affiliée aux équipes de la NHL, ce ne sera qu'à la fin des années 60 que les équipes de la IHL devinrent affiliées, cette ligue état jusqu'alors classé comme étant de calibre inférieur. (Pour plus d'information sur l'histoire de la IHL lisez l'article sur les Gems de Dayton, les Checkers de Columbus et les Goaldiggers de Toledo) Néanmoins, les Mohawks, d'une manière officieuse, avaient dans leur formation plusieurs joueurs appartenant au Canadien de Montréal.

(Pour plus d'information sur l'histoire de la IHL lisez les articles sur les Gems de Dayton, les Checkers de Columbus et les Goaldiggers de Toledo publiés il y a quelque temps...)

Le Canadien a notamment offert à l'équipe de l'Ohio plusieurs gardiens québécois qui aidèrent l'équipe à se maintenir au sommet. Sous la supervision du vénérable Paul Bibeault, gardien vétéran qui connut ses meilleures années avec le Canadien au début des années 40 avant l'arrivée du légendaire Bille Durnan devant la cage du CH, ces jeunes gardiens eurent la chance de se développer au sein d'une équipe gagnante. Parmi ces gardiens qui portèrent les couleurs des Mohawks de l'IHL, on y retrouve notamment, le futur gardien des Bruins Claude Evans et le futur vainqueur du trophée Vézina Charlie Hodge.

L'apport de ces gardiens québécois fit en sorte que les Mohawks devinrent rapidement à leur arrivée dans l'IHL l'une des équipes les plus redoutables de l'histoire du hockey professionnel mineur. Dès sa première saison dans la ligue, en 1952-53, les Mohawks s'imposèrent comme l'équipe à battre en remportant la Coupe Turner. L'équipe ne cessa pas sa domination et en remit alors durant les 6 saisons suivante en remportant le trophée couronnant la meilleure équipe de cette ligue du Midwest à 6 reprises consécutives... Il faisait aucun doute que cette équipe "boosté" par la bande par le Canadien de Montréal était trop forte pour la ligue comme on dit...

D'ailleurs lors de la saison 1954-55, un jeune joueur appartenant au Canadien nommé Phil Goyette se joint aux Mohawks. Durant cette saison, il récolta pas moins de 92 points en 57 matchs. L'année suivante il se retrouvera avec les Royaux de Montréal de la Ligue du Québec. Après cette saison, il se joint aux Canadiens pour remporter quatre des cinq Coupe Stanley des Canadiens de la fin des années 50. Il joua en tout 961 matchs dans la NHL entre 1956 et 1972 et fut le seul attaquant des Mohawks de Cincinnati de cette période dorée à avoir joué dans la NHL.

Comme si l'histoire des Mohawks de Cincinnati était scellée dans le succès, en 1958, au lendemain du premier échec en série d'après-saison de son histoire, l'équipe disparut...

En 7 saison, l'équipe connut une fiche très suprenante de 368-268-85, ce qui donne un différentiel de 0.749...

C'est en 1992 que Cincinnati accueillit à nouveau la IHL lorsque les Cyclones de la ECHL montèrent de niveau. L'équipe portait à cet époque un des logo les plus bizarre que je connaisse. Il est certainement dans mon top 10 des logos de hockey les plus étranges :


Lorsque l'IHL cessa ses activités en 2001, les Cyclones ne firent pas parti des équipes qui rejoignirent la AHL. La raison était fort simple, il y avait déjà à cet époque une autre équipe locale dans ce circuit, les Mighty Ducks de Cincinnati. L'équipe des Cylones se joignit plutôt à l'ECHL jusqu'à la saison 2003-04 où elle cessa temporairement ses activités...

Question de boucler la boucle, c'est en 2006, alors que la franchise des Cyclones de Cincinnati effectua un retour après quelques saison d'absence dans la ECHL, elle devint le club affilié du Canadien de Montréal dans la ECHL. Et tout comme dans les années 50, cette affiliation fut marqué de beaucoup de succès. De 2006 jusqu'au départ du Canadien à l'été 2010 pour Wheeling en Virginie-Occidentale, l'équipe a remporté à deux reprises la Coupe Turner.

Comme quoi il y a une sorte d'union victorieuse historique entre le Canadien et la ville de Cincinnati.

D'ailleurs, David Desharnais était la vedette de l'équipe lors de la conquête de 2008...

Cédrik Desjardins faisait également parti de l'équipe...


Pour sa part, Paul Bibeault se retira officiellement après quelques matchs lors de la saison 1954-55.

Sa carrière dans la NHL fut assez unique. Il joua en tout 214 matchs de saison régulière dans la NHL, la plupart avec le Canadien. À noter qu'à sa première saison avec le Canadien, en 1941-42, il partagea le temps entre le Canadien et les Lions de Washington, l'équipe qui deviendra les Mohawks de Cincinnati avec qui il évoluera durant cinq saisons à la fin de sa carrière. Paul Bibeault peut être considéré comme un joueur dont la chance a sourit en raison de la Guerre mais d'une manière étrange.

Je vous rappelle qu'à une certaine époque, les équipes pouvaient prêter des joueurs aux autres équipes et qu'étrangement, certains excellaient même contre leur équipe normale. De toute façon, dans le hockey des 6 équipes, quand on avait la chance de bien paraître, on le faisait.

Après un court passage en 1943 avec les Forces Armées Canadiennes, Bibeault revint au jeu pour s'apercevoir que sa place était maintenant celle de Bill Durnan après du Tricolore. Le Canadien le prêta alors à son grand rival torontois qui était alors privés de Turk Broda, leur grand gardien parti sous les drapeaux. Bibeault connut quand même un certain succès en 1943-44 avec les Leafs où il se fit nommer sur la seconde équipe d'étoile d'après saison avec une assez bonne fiche comprenant 5 blanchissages. Son voyage en tant que gardien prêté ne s'arrêta pas là. La saison suivante, c'est avec les Bruins privés de Frank Brimsek partit également à la Guerre qu'il fut prêté et avec qui il connut de bons moments.

C'est en janvier 1946 que Bibeault revint avec le Canadien. Il fut réclamé aux Bruins lorsque Bill Durnan se blessa. Les 10 matchs joués avec le canadien, les premiers depuis 3 ans, furent ses derniers avec l'équipe qui l'a développé. En 1946-47 il connut le hockey de la NHL pour une dernière fois avec les Black Hawks de Chicago avant de passer le reste de sa carrière dans les ligues mineures...

Il est décédé en 1970 du cancer à l'âge de 51 ans...

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