mercredi 24 août 2011

Trêve de hockey #57 : Claude Raymond


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(Texte et images de Benoît AKA KeithActon. Malheureusement, il n'a pas mis les fameuses cartes de Claude Raymond où le lanceur québécois avait la "fly" baissée dont j'ai parlé en avril 2010)

Après avoir fait un billet sur Ron Piché (9 août), je pouvais difficilement passer à côté de l’idée de faire un billet sur la fierté de ma ville natale de St-Jean-sur-Richelieu: Claude Raymond.

Bien que son premier amour ait été le hockey, comme tant d’autres, il a rapidement réalisé que son talent pour le baseball était beaucoup plus important. Le hasard faisant bien les choses, il se trouvait dans une ville où la culture du baseball était particulièrement forte, la proximité de la frontière américaine aidant. De plus, St-Jean pouvait compter sur un club de la Ligue Provinciale. Celui-ci évoluait à l’extérieur de la structure officielle du baseball organisé. Pendant sa jeunesse, après la deuxième grande guerre, cette équipe présentait un calibre fort intéressant, avec des joueurs ayant été bannis pour avoir signé un contrat avec la Ligue Mexicaine (le baseball majeur ne badinait pas avec la compétition dans ce temps-là, d’autant plus que les ambitions de cette ligue se sont dégonflées assez rapidement), des joueurs ayant évolué dans la Ligue des Noirs et bien sûr des joueurs locaux, comme
Jean-Pierre Roy (qui avait aussi tenté l'aventure mexicaine). Les Braves étaient donc l’attraction de la ville et Raymond était un de leurs plus grands fans.

Il eut par la suite, en 1953, un essai avec les Royaux de Drummondville de la même ligue. On lui a offert un contrat, mais l’offre dut être retirée lorsqu’on réalisa qu’il n’avait pas les dix-sept ans qu’il prétendait avoir, n’en ayant que quinze.

Il tenta plutôt sa chance au baseball junior à Montréal, où il fut remarqué. Il eut des offres des Dodgers de Brooklyn (le club majeur affilié aux Royaux de Montréal de la Ligue Internationale), des Giants, des Indians et des Pirates. Mais en bout de ligne, c’est finalement avec les Braves de Milwaukee qu’il signera en 1955, sous la recommandation de leur dépisteur Roland Gladu, un de leurs anciens joueurs.

Il évoluera dans leur réseau comme releveur, une spécialisation relativement rare à l’époque. Puis en décembre 1958, il sera laissé sans protection au repêchage d’hiver. Les White Sox de Chicago profiteront de l’occasion pour le sélectionner. C’est donc à leur camp d’entraînement qu’il se rend en 1959. Il fera l’équipe et effectuera ses débuts dans les majeures le 15 avril 1959. Un mois plus tard, les White Sox voulurent le renvoyer dans les mineures, mais en faisant ainsi, ils offraient la possibilité à l’équipe qui l’avait perdu de le reprendre, ce que firent les Braves immédiatement.

Il devra attendre jusqu’en 1961 pour retourner dans les majeures, avec les Braves cette fois, où il aura Ron Piché comme coéquipier. Il retournera par la suite dans les mineures, mais à partir de juin 1962, il fit définitivement sa place au niveau majeur et n’y retourna plus.

En tant que joueur des Braves, Raymond avait droit à certains bénéfices comme une automobile, des pleins d’essence, des produits laitiers, une caisse de bière par semaine (Milwaukee est la ville de Miller après tout) et… des cartouches de cigarettes! Les temps changent…

À l’époque, les lanceurs partants avaient pour objectif de lancer un match complet. Le nombre de sauvetages accumulés par les releveurs était donc bien inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. Se faire retirer du match et être remplacé par un releveur était souvent vu comme un embarras. L’accueil sur le monticule n’était donc pas toujours cordial, d’autant plus que les Braves comptaient sur deux as, Warren Spahn et Lew Burdette. Les choses se sont toutefois placées. Ron Piché a été assigné comme co-chambreur de Spahn, Raymond comme co-chambreur de Burdette et une amitié s’est développée.

En 1964, il sera acquis par les Colt 45’s de Houston. L’équipe sera renommée les Astros en 1965, suite à leur déménagement à l’Astrodome, le premier stade couvert du baseball. Le nom fait bien sûr référence à la présence de la NASA à Houston.


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En 1966, alors qu’il mène la Ligue Nationale avec la meilleure moyenne de points mérités, il est invité au match des étoiles (ayant lieu au Busch Stadium de St-Louis) par le gérant des Dodgers, Walter Alston. Ceci constituait toute une reconnaissance, d’autant plus que les releveurs étaient rarement invités pour de telles occasions à l’époque. Il terminera l’année avec une fiche de 7-5 et 16 sauvetages (5 de moins que le meneur de la ligue), et ce, au sein d’une équipe qui compila une fiche de 72-90.

Au cours de la saison 1967, il fut rééchangé aux Braves, alors que ceux-ci étaient depuis déménagés à Atlanta. Les Braves ont donc fait son acquisition trois fois au cours de sa carrière.

En 1969, les Expos débutent leurs activités. C’est le 16 mai de cette année que ”Frenchy” lancera pour la première fois du monticule du Parc Jarry, mais dans l’uniforme du club visiteur. Il y reçut une ovation monstre, dans un moment bien sûr chargé d’émotion pour lui. Son coéquipier Tito Francona (le père de Terry) est même allé le rejoindre sur le monticule pour l’aider à se ressaisir. C’est Raymond qui fut crédité de la victoire ce soir-là.

Le 19 août de la même année, les Expos firent son acquisition. Pour lui, cela signifiait qu’il passait d’une équipe de première place à une autre de dernière place, mais ça n’avait pas d’importance. Il était heureux revenir à la maison, devenant ainsi le premier canadien à jouer dans les majeures pour une équipe canadienne. De plus, il avait ralenti et était moins utilisé par les Braves.

En 1970, il souffrit d’un début d’arthrite dans son index droit et le gérant Gene Mauch l’utilisa peu au début. Mais comme les autres releveurs ne faisaient pas le boulot, il vit de plus en plus d’action et termina la saison avec 23 sauvetages, un sommet personnel.

La saison 1971 se passa beaucoup moins bien (1-7, aucun sauvetage) et les Expos ne renouvelèrent pas son contrat. Devant le manque d’intérêt des autres équipes, il prit sa retraite, avec une fiche cumulative de 46-53 et 83 sauvetages.


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Il sera de retour dans l’entourage des Expos à partir de 1973, où il agira comme analyse des matchs à la radio jusqu’en 1984, puis à la télévision de 1985 à 2001.

En 2002, le directeur-gérant des Expos, Omar Minaya, le nomma instructeur, poste qu’il occupera jusqu’au déménagement de l’équipe après la saison 2004. C’est lui qui fera les adieux aux partisans lors du dernier match du 29 septembre. (J’y étais.)

Aujourd’hui âgé de 74 ans, il s’occupe toujours du Fonds Claude Raymond, qui avec entre autres son annuel tournoi de golf, amasse des fonds au profit des jeunes de la région de St-Jean qui s’illustrent dans les domaines du sport, de la culture, de la science et de l’éducation. Cette fondation est maintenant en place depuis quarante ans.

Membre du Temple de la Renommée du baseball canadien, du Temple de la Renommée des Sports du Québec et du Panthéon des Sports Canadiens, ayant offert des centaines et des centaines de cliniques de baseball aux jeunes au fil des ans, toujours affable et simple, il symbolise plus que quiconque le baseball au Québec.

Sources: “Claude Raymond” d’Alexandre Pratt (bioproj.sabr.org), “Claude Raymond, baseball” (rds.ca/pantheon), “Claude Raymond - The Most Successful French-Canadian Baseball Pitcher of All Time”, March 1, 1998 (canadianbaseballnews.com), baseball-reference.com

2 commentaires:

georgett a dit…

super

frere a dit…

ou puis-je trouver des images de claude raymond saluant la foule au stade olympique lors du dernier match du 29 septembre 2004?