mercredi 27 juin 2012

Armand Mondou


S'il n'était pas décédé en 1976, Armand Mondou célèbrerait aujourd'hui ses 107 ans. Il est né le 27 juin 1905 à Saint-David dans la région de Nicolet-Yamaska. Sa famille de cultivateur emménage dans la ville de Montréal alors qu'il était jeune. Après avoir fait ses premières armes sous la direction des frères de l'Académie St-François-Xavier où il était une star jouant tant au centre qu'au poste de défenseur, étant d'une stature particulière. Ses prouesses ayant été remarquées, Mondou s'aligna également lors de la saison 1925-26 avec l'équipe de la Banque nationale dans une ligue financée par les différentes banques de la ville de Montréal. Encore une fois, Armand Mondou devint un joueur qui se fit remarquer, 

Ses performances avec la Banque nationale lui valurent l'attention de Léo Dandurand, dirigeant du Canadien de Montréal qui lui offrit un contrat avec l'équipe affiliée du Canadien de la ligue Can-Am, les Reds de Providence. On raconte que Mondou fut tellement impressionné par l'attention du Canadien qu'il ne prit même pas la peine de regarder le contrat et signa le contrat. C'est lors de son passage avec les Reds de Providence que sous les recommandations de l'entraîneur Jimmy Gardner que Mondou développa une chose qu'il introduisit en quelque sorte dans le hockey professionnel sans trop souvent en être crédité : le lancer-frapper. 

Lorsque l'entraîneur remarqua que Mondou avait une tendance à laisser la rondelle libre devant lui lorsqu'il utilisait sa vitesse pour traverser la rondelle. Il lui recommanda alors de frapper fortement la rondelle vers le gardien. Lorsqu'il essaya la chose lors d'une pratique, il effraya suffisamment son propre gardien qu'il l'essaya avec succès dans un match. 

Lorsqu'il passa au Canadien de Montréal en décembre 1928, il impressionna avec son redoutable lancer innovateur qui l'aida à marquer quelques buts à son arrivée. Mais c'est surtout au sein d'une ligne nommée la "ligne des célibataires" en compagnie de Wildor Larochelle et Pit Lépine, trio utilisé principalement à titre défensif, que Mondou se fit connaître. Tous les trois célibataires et tirés à quatre épingles, ce trio de soutien était très populaire auprès des fans et assurait un redoutable soutien à la célèbre ligne principale du Canadien formée d'Howie Morenz, Aurègle Joliat et Johnny Gagnon. Ils prirent une part active, en jouant ce rôle aux conquêtes de la Coupe Stanley de 1930 e 1931.

Armand Mondou est principalement connu de nos jour comme ayant été le premier joueur a avoir effectué un tir de pénalité, chose introduire en 1934-35. Lors du premier match de la saison contre les Maple Leafs de Toronto, il se vit décerner un tir de barrage contre le gardien Goerge Hainsworth, son ancien coéquipier. Par contre, cette nouvelle chose introduite pour soulever les foules n'étaient pas ce que l'on connais maintenant, le joueur ayant à lancer dans un cercle de 10 pieds situé à 38 pieds du gardien, soit avec un élan ou en restant stationnaire (comme dans Blades Of Steel)... Mondou obtint peut-être le premier tir mais rata ce dernier. Il eut la chance de réussir par contre quelques jours plus tard contre les Rangers au Forum.

Armand Mondou évolua avec le Canadien de Montréal jusqu'en 1940. Il passa ses dernières années en formant un redoutable trio défensif avec Leroy Goldsworthy et George Mantha.

Après sa retraite du hockey suite à la saison 1939-40 qu'il passa entre le Canadien et les Nighthawks de New Haven, Mondou devint très actif dans le monde du baseball montréalais, étant propriétaire des Bombardiers de Rosemont et président de la Ligue de baseball nationale junior. Il fut également juge lors de courses à Blue Bonnets dans les années 50.

Il était le grand-père d'un autre joueur du Canadien, Pierre Mondou. Il décéda par contre d'une leucémie quelques mois après que ce dernier fut repêché par son ancienne équipe en 1976... Pierre Mondou, comme son grand-père, ne joua que pour le Canadien dans la NHL et inscrivit son nom sur la Coupe Stanley avec cette équipe...

Et pour ce qui est de la pratique du slap shot dans les années 30, la pratique fut marginale notamment en raison de son manque de précision, il faudra attendre les Boom-Boom Geoffrion, Andy Bathgate et Bobby Hull une trentaine d'années plus tard pour en perfectionner son utilisation...








Ah et tant qu'à parler du 27 Juin, voici un jam épique du maître du "chopped and screwed", DJ Screw. Le chopped and screwed est une musique inventée en quelque sorte par ce légendaire DJ décédé en 2000 à l'âge de 29 ans de Houston caractérisé par des rémix ralentis avec plusieurs effets de pièces hip-hop. La plupart du temps DJ Screw mixait sous l'influence du cannabis et de sirop à la codéine, ce qui ralentissait énormément ses facultés... C'est un peu ce qui est au hip-hop ce que le dub est au reggae... C'est donc de la musique de drogués...


jeudi 21 juin 2012

Les premiers choix au repêchage des Canadiens (2e partie)

(Texte et images de Benoît AKA KeithActon)



Dans le même ordre d’idée que le billet précédent, voici les joueurs qui ont été sélectionnés les tous premiers au repêchage ayant joué à Montréal.  Toutefois, ce billet couvre ceux qui avaient initialement été choisis par d’autres équipes.


1976 Rick Green

Après deux premières années absolument épouvantables, les Capitals repêchent premiers et choisissent Green, un défenseur défensif fiable, dans un repêchage peu relevé.  (Le meilleur choix de la première ronde est Bernie Federko, choisi huitième par St-Louis.)

Green passe aux Canadiens pendant l’été 1982, avec Ryan Walter, dans l’échange qui marqua le début de la respectabilité des Caps.  Ceux-ci obtinrent Brian Engblom, Craig Laughlin et surtout Doug Jarvis (texte du 17 septembre 2009) et Rod Langway (texte du 1er février 2011).

Green joua sept bonnes saisons à Montréal et devint plus tard entraîneur adjoint au début des années 2000.


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1978 Bobby Smith

Au terme d’une horrible saison, les North Stars repêchent premier et font un bon choix en choisissant Smith. (Ryan Walter, Wayne Babych et Bill Derlago sont parmi les autres options.)  Il gagne le Trophée Calder (recrue de l’année) et récoltera 114 points en 1981-82.

En octobre 1983, Serge Savard fait son acquisition contre Mark Napier et Keith Acton (mon joueur préféré à l’époque, voir texte du 5 juillet 2011).  Même si ses statistiques n’atteignent pas le même niveau qu’elles avaient au Minnesota, il rend de fiers services au tricolore pendant plus de six ans.  Comme Green, il met la main sur une bague de la Coupe Stanley en 1986.

Il est par la suite retourné au Minnesota pour terminer sa carrière de joueur.  Il a aussi été DG des Coyotes de Phoenix à la fin des années 1990.  Il est aujourd’hui actionnaire majoritaire des Mooseheads d’Halifax de la LHJMQ.



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1979 Rob Ramage


Suite à une autre mauvaise saison, les Rockies du Colorado choisirent au premier rang Rob Ramage, qui avait fait partie l’année précédente des « Baby Bulls » dans l’AMH.  (Voir texte du 7 août 2010)

Ramage n’eut pas une mauvaise carrière, au contraire, mais parmi les autres options, il y avait tout de même Raymond Bourque, Mike Gartner et Michel Goulet.  Il joua quinze ans, mais seulement trois avec les Rockies.  Après avoir joué avec plusieurs équipes, il participa à vingt-deux matchs avec les Canadiens à la fin de sa carrière et fut membre de l’équipe gagnante de la Coupe en 1993.

En 2003, il fut impliqué dans un malheureux accident de la route qui coûta la vie à son passager, l’ex-Black Hawk Keith Magnuson.  Il fut accusé de conduite en état d’ébriété et de conduite dangereuse ayant causé la mort.  Il fut reconnu coupable en janvier 2008 et purgea sa sentence dans un pénitencier de Kingston jusqu’en 2011.


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1987 Pierre Turgeon

Équipe sur la pente descendante depuis quelques années, les Sabres de Buffalo atteignirent le fond en 1986-87, ce qui leur valut le premier choix de 1987.  Pierre Turgeon s’avéra une très bonne sélection.  On retrouvait quand même parmi les autres joueurs disponibles Brendan Shanahan et un peu plus loin en première ronde, Joe Sakic.

C’est toutefois en provenance des Islanders que Turgeon s’amena à Montréal à la fin de la saison 1994-95, dans un échange impliquant entre autres Kirk Muller.  Il fit immédiatement sentir sa présence en récoltant vingt points en quinze matchs.  L’année suivante, il termina premier pointeur de l’équipe avec 96.  Ce fut toutefois sa seule année complète à Montréal, puisqu’en octobre 1996, Réjean Houle l’expédia à St-Louis contre Shayne Corson et Murray Baron.

Il joua ensuite avec Dallas et Colorado.  Il prit sa retraite en 2007 avec une fiche de 515-812-1327 en 1294 matchs.


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1992 Roman Hamrlik

Équipe d’expansion, le Lightning de Tampa Bay utilisa son premier choix à vie pour prendre Roman Hamrlik dans un repêchage assez moyen, qui comptait aussi Alexeï Yashin, Cory Stillman et Sergeï Gonchar.

Il ne remporta jamais le Trophée Norris, mais s’avéra utile et fiable avec Edmonton, les Islanders et Calgary, avant de signer comme joueur autonome à Montréal en 2007.  Après quatre ans, il prit le chemin cette année de Washington.

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samedi 16 juin 2012

Qui entrera au Temple de la renommée en 2012?

Voici un de mes moments préféré de l'année en tant que passionné de l'histoire du hockey, l'attente à savoir qui va être intronisé au Temple de la renommée du hockey cette année. C'est le 26 juin prochain que le comité se réunira pour introniser 4 nouveau membre de ce groupe qui a un peu trop de membres si on le compare par exemple au Baseball... 

Regardons qui entre autres sera éligible pour la première année :



Joe Sakic 



Personne ne sera contre cette nomination au Québec, à part pour le fan du Canadien le plus mal-intentionné. Sakic est l'un des joueurs les plus remarquable de sa génération, il serait plus qu'étonnant  que Sakic ne soit pas intronisé au Temple de la renommée à la première année d'éligibilité. Que dire de plus...



Brendan Shanahan 


J'ai toujours considéré Brendan Shanahan comme étant le joueur le plus complet de son époque. Considérant que Shanahan est également assez pluggé dans les hautes sphères de la NHL, il est fort probable que ce joueurs qui fut très respecté en son temps passe son tour à sa première année d'éligibilité, surtout quand on considère que des joueurs pas mal moins flamboyants comme Doug Gilmour et Dino Ciccarelli se sont vu entrer au Temple, un joueur comme Shanahan devrait être intronisé à sa première année d'éligibilité.



Mats Sundin



Décidément c'est l'année d'éligibilité des vedettes tardives de l'histoire des Nordiques... Je ne suis pas un grand fan de Mats Sudin, mais on peut admettre facilement qu'il a été un joueur assez dominant, surtout lors de son passage avec les Leafs. Sachant le poids démesuré de l'influence de cette équipe dans le choix des joueurs intronisé (théorie du complot, certes, mais regardez le vote de l'an dernier), il devrait avoir des chances de se voir intronisé au Temple de la renommée. N'empêche que Mats Sundin a été un grand joueur pour les Leafs et les Nordiques et ses statistiques sont là pour le démontrer... Par contre, il n'a pas son nom sur la Coupe Stanley, il n'a remporté que le trophée Mark Messier pour le leadership comme trophée individuel sera un frein à sa nomination... Il a par contre prit part à l'équipe suédoise championne de l'or Olympique en 2006. Un grand joueur qui n'a jamais rien gagné?



Jeremy Roenick



Peut-être le dernier des autres joueurs ayant une chance d'entrer au Temple de la renommée, mais permettons nous d'en douter... Roenick fut un grand joueur, il n'en fait aucun doute, surtout lors de ses années avec les Black Hawks, mais peut-être qu'il n'a peut-être pas assez de constance et de prestance pour se voir entrer au Temple. Il fut certainement un de joueurs les plus populaire de son époque, mais ce côté ne compte peu lors du vote. Roenick est, tout comme Sundin, un joueur remarquable qui n'a jamais rien gagné. Le fait qu'il est américain et qu'il a joué avec beaucoup d'équipes américaines pourrait mettre du poids dans la balance, mais l'intronisation de Roenick est peu probable...

Voici d'autres joueurs intéressants éligibles cette année :
-Curtis Joseph
-Philippe Boucher
-Olaf Kolzig
-Claude Lemieux
-Gary Roberts

Des joueurs intéressants certes, mais qui ont bien peu de chances de se voir introniser au Temple de la renommée... Ah oui, Patrice Brisebois en est également à sa première année d'éligibilité. Je gage que tous les québécois sur le comité vont mousser sa candidature, je niaise, mais il y a fort peu de chances de voir Breezer entrer au Temple... N'en déplaise au plus grand fan de Jean Charest sur Youtube




Il y a également ceux qui étaient éligibles dans les années précédentes qui ont de fortes chances tout en ayant des lacunes dans leur dossier.

Eric Lindros : Un fort joueur à une certaine époque certes, mais qui connut une trop courte carrière. Par contre, un trophée Hart semble à mon avis être un plus grand argument que les statistiques d'un Sundin et d'un Roenick...

Adam Oates : Dans ma tête, Adam Oates est un peu un Will Clark ou un John Olerud du hockey. Un joueur très talentueux qui fut un excellent joueur à son époque mais qui semble avoir toujours joué dans l'ombre d'autres grands joueurs, ne pouvant ainsi confirmer son statut de vedette qui le place au rang d'immortel...

Pavel Bure : Comme Lindros, Bure a peut-être connu une trop courte carrière pour se retrouver dans la catégorie des immortels. N'empêche qu'à une certain époque, Bure était la vedette offensive de la NHL et probablement le joueur le plus populaire. Il a d'incroyables statistiques, mais sa courte carrière est un boulet qui fera en sorte qu'il deviendra un membre du Temple de la renommée...

Sergei Makarov : Encore une fois, je pense que l'on devrait penser à Makarov pour le Temple de la renommée pour son incroyable carrière soviétique et pour son importance historique en tant que premier joueur russe dominant. Il mérite sa place depuis longtemps selon moi...

France St-Louis : Si on a intronisé deux femmes il y a deux ans, pourquoi ne pas rendre hommage à cette grande femme du hockey féminin québécois. Ceux qui s'intéressent au hockey féminin vous le diront tous, France St-Louis est la grande pionnière du hockey féminin au Québec, sa première grande vedette. Si on a ouvert la voie aux femmes dans le Temple de la renommée, je ne vois pas pourquoi France St-Louis devrait en être exclue...

Et il y a par la suite les grands joueurs qu'on oublie depuis toujours, ces Jean-Claude Tremblay, Rogatien Vachon, Mike Liut, John Vanbiesbrouk, les grandes vedettes internationales comme Bohumil Modrý ou Sven Tumba ou les monstres sacrés du hockey mineur de l'époque des 6 équipes comme Fred Glover ou Guyle Fielder... À moins de voir une catégorie "old timers oubliés" comme il y a au Temple de la renommée du Football ou encore une catégorie joueur international ou hors-NHL afin de sortir de l'impression que le Temple de la renommée du hockey ne soit qu'un country club de la NHL, je ne vois pas en quoi ces grands joueurs seraient un jour considérés...

Il ne faut pas oublié que le temple de la renommée du hockey semble être plus un objet de promotion du hockey qu'un réel moyen d'immortaliser des joueurs... Sinon, il n'y aurait un vote très stricte comme au baseball qui ferait parfois entrer qu'un seul joueur lors d'une année et on aurait un Temple très sélect qui honorerait seulement les vrais grands joueurs... On honore selon moi un peu trop de bon joueurs (Clark Gillies, Doug Gilmour, Dino Ciccarelli, Ed Belfour, etc), non pas juste des joueurs immortels...

Mais ça c'est un débat perdu d'avance selon moi...

Donc voici mes humbles prédiction : Joe Sakic, Branden Shanahan, Mats Sundin et Sergei Makarov.

Ça ferait deux joueurs de Nordiques...

Remarquez que je me trompe à chaque année pour la plupart...

vendredi 15 juin 2012

Les premiers choix au repêchage des Canadiens (1ère partie)

(Texte et images de Benoît AKA KeithActon)

Au prochain repêchage, les Canadiens auront la chance de choisir au troisième rang.  Les occasions de sélectionner aussi haut n’ont pas été si nombreuses.  Il demeure néanmoins qu’un certain nombre de joueurs repêchés au tout premier rang sont passés par Montréal.  Dans la première partie de ce billet, il sera question de ceux qui furent des choix montréalais.  Dans la deuxième, il sera question de ceux qui ont été choisis par une autre équipe, avant de se retrouver à Montréal.


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1963 Garry Monahan


1963, c’est l’année du tout premier repêchage.  L’ordre avait été décidé d’une manière un peu bizarre.  L’équipe terminant dernière ne choisissait pas automatiquement première.  Elle choisissait plutôt son rang.  L’année suivante, chacune des six équipes choisissait un rang plus haut, sauf la première qui choisissait dernière.  Par exemple, l’équipe de queue de 1962-63 (Boston) choisit de repêcher troisième, pour pouvoir choisir deuxième l’année suivante.  Ce système ne sera en place que jusqu’en 1966, l’année suivante étant celle de la première expansion.

C’est ce système un peu compliqué qui donna le tout premier choix aux Canadiens, qui avaient terminé troisième la saison précédente.

Garry Monahan fut l’heureux élu, mais sa carrière à Montréal se limita à quatorze matchs, aucun point.  Il fit ensuite partie d’un échange avec Détroit, qui impliqua principalement de l’autre côté Peter Mahovlich, le deuxième choix du même repêchage.

Il joua jusqu’en 1978-79, en passant également par Los Angeles, Toronto et Vancouver.


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1968 Michel Plasse

Cette année-là, malgré sa conquête de la Coupe Stanley, Montréal décida de se prévaloir de son exception culturelle, qui lui permettait de repêcher les deux premiers canadiens français avant de débuter le reste de la séance.  Les Canadiens choisirent donc Michel Plasse et Roger Bélisle.

Plasse participa à 32 matchs en deux saisons.  Il passa le reste de sa carrière à St-Louis, Kansas City, Pittsburgh, Colorado et Québec.  (Voir texte du 14 novembre 2010)


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1969 Réjean Houle

Même scénario que l’année précédente.  L’équipe championne de la Coupe Stanley repêcha première en raison de son exception culturelle.  Réjean Houle et Marc Tardif, qui venaient de gagner la Coupe Memorial avec les Canadiens Junior, furent sélectionnés.  Devant l’absurdité de la situation, la règle fut ensuite changée, ce qui permit aux Sabres de Buffalo de mettre la main sur Gilbert Perreault l’année suivante.

À part une petite escapade de trois ans avec les Nordiques de l’AMH, Houle jouera toute sa carrière, qui s’étalera jusqu’en 1982-83, avec Montréal et gagnera cinq Coupes Stanley.  Impliqué au sein de l’Association des Anciens, on se souvient tous qu’il sera par la suite directeur gérant du tricolore de 1996 à 2000, prouvant ainsi que d’être sympathique n’équivaut pas nécessairement à être un DG compétent…





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1971 Guy Lafleur

Ne pouvant plus bénéficier de l’exception culturelle, Sam Pollock a dû finasser un peu plus pour mettre le grappin sur Guy Lafleur.  Le 10 juin 1970, il échangea à la Californie Ernie Hicke contre François Lacombe, accompagné d’une inversion de leurs premiers choix respectifs de 1971.  Au cours de la saison, les Kings connurent de grandes difficultés.  Pour s’assurer qu’ils ne terminèrent pas derrière les Golden Seals, Pollock leur expédia à rabais Ralph Backstrom (contre Gord Labossière et Ray Fortin, qui ne jouèrent aucun match à Montréal). 

La suite appartient à l’histoire...

Remarquez que celui qui a été choisi deuxième, Marcel Dionne, n’aurait pas été une mauvaise sélection non plus.  Et si l'exception culturelle avait toujours été en place, les deux se seraient retrouvés à Montréal.





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1980 Doug Wickenheiser

Autre tour de passe-passe de Sam Pollock.  Sa victime est cette fois le Colorado.  En 1976, il inclut dans un échange relativement mineur (Ron Andruff et Sean Shanahan) une clause qui permet d’inverser les choix de première ronde quatre ans plus tard.  Les Rockies terminent derniers.  Les Canadiens exercent leur clause, mais Irving Grundman (le successeur de Pollock) vient tout gâcher en choisissant Wickenheiser au lieu de Denis Savard.  (Voir texte du 15 janvier 2011)

jeudi 14 juin 2012

Rousseau passe jamais le puck y fa le tour du Forum avec



Je suis allé voir le spectacle de Robert Charlebois hier aux Francofolies de Montréal. Sans vouloir faire ma chronique de spectacle, c'était très bien, surtout considérant qu'il  joué que des classiques donc, et c'est en quelque sorte le sujet de cette chronique, la chansons Mon pays c'est pas un pays c'est un job, une pièce que l'on retrouve sur le disque Un gars ben ordinaire paru en 1970 et qui fut écrite par nul autre que le grand écrivain mystérieux Réjean Ducharme. Cette chanson explique la journée d'un ouvrier qui bosse fort à la job et dont le seul passe-temps à l'ouvrage est de parler de hockey. Je n'avais jamais remarqué jusqu'à hier le drôle de passage de cette chanson qui dit ceci :

Qui c'est qui a gagné hier soir 
Rousseau passe jamais le puck y fa le tour du Forum avec 
Pis y vas s'écraser sa bande 
Anover pique-nique dans troisième 
Ça zigonne ça fuck le chien maudite pâte molle

Ce passage en dit long sur la carrière de Robert Rousseau. Au sein de l'histoire du Canadien, il est en quelque sorte à la fois sur-estimé et sous-estimé car il en connut une en dent de scie. Lorsqu'il se joint aux Canadien en 1960-61, son rendement fut assez surprenant pour que quelques journalistes qui annonçaient déjà que Rousseau pourrait bien être le prochain Maurice Richard qu'on attendait tant allait devenir cette grosse pièce qui avait quitté la saison précédente l'alignement du Canadien de Montréal. On y crut surtout quand la saison recrue de ce joueur qui avait connu une carrière dans le junior exceptionnelle et couronnée de trophée fut récompensé par le trophée Calder pour la saison 1961-62.

Quoi qu'on en disait, Robert Rousseau n'a jamais été le nouveau Marice Richard, il aurait été au pire, un Kovalev avant le temps, ce joueur talentueux mais inconstant... Rousseau connut de grands moments de gloire avec le Canadien, il termina par exemple une saison en deuxième position des marqueurs de la NHL derrière un Bobby Hull dans son prime et fut un des rares joueurs du Canadienà avoir connu un match de cinq buts... Mais sa manière de se diriger sur la patinoire comme on le décrit si bien dans la chanson de Charlebois, son inconstance et son manque de robustesse et de qualités défensives en ont fait une tête de turc assez particulière des fans... Ça c'est sans compter sur le fait qu'il se mit à porter le casque à un moment de sa carrière, une affaire de moumounes à l'époque...

Rousseau prit part entière à l'équipe du Canadien que l'on appelle la "Dynastie oubliée", cette formation du Canadien qui remporta quatre Coupes Stanley en 5 ans, de 1965 à 1969. Encore ne fois, Rousseau ne connut pas des séries éliminatoires constantes durant ces 5 années... Il connut d'ailleurs une de ses meilleures performances en séries éliminatoires lors de la campagne infructueuse de 1967...

En 1970, Rousseau fut échangé aux faibles North Stars du Minnesota avec lequel il joua une seule saison sans émotion avant de se retrouver avec les Rangers avec qui il connut, surprise, un certain regain de vie...

Il était comme ça Bobby, peu cohérent... Remarquez qu'il portait ce maudit numéro 15...


mardi 12 juin 2012

Lee Fogolin Jr.

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(Textes et images de Benoît AKA KeithActon)

Lee Fogolin est le fils de Lee Fogolin Sr., qui a joué avec les Red Wings et les Black Hawks de 1948 à 1956.  C’est d’ailleurs pourquoi il est né à Chicago, même s’il a grandi à Thunder Bay.


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Il a été sélectionné en première ronde par les Sabres de Buffalo, 11e au total (juste devant Mario Tremblay), au repêchage de 1974.  Défenseur au style défensif, il fit l’équipe immédiatement.  Il fit également partie de l’équipe américaine à la Coupe Canada de 1976.

Lors du repêchage de l’expansion de 1979 pour l’absorption des quatre équipes de l’AMH, il fut laissé sans protection par les Sabres.  Les règles n’étant pas très favorables aux anciennes équipes du circuit maudit, le niveau de talent disponible n’était pas très élevé, et les joueurs peu connus.  Glen Sather, DG des Oilers mais aussi ex-joueur des Canadiens, vit bien que la liste était mince.  Il demanda alors au vénérable Red Fisher de la Gazette de Montréal, et avec qui il était resté en bons termes, d’éplucher la liste avec lui pour lui donner son opinion.  Fisher lui suggéra Fogolin, une sélection à laquelle Sather n’avait pas vraiment pensé.

Sather prit Cam Connor avec son premier choix, mais suivit le conseil de Fisher avec son deuxième en prenant Fogolin.  Sather dit alors à Fisher qu’il le remercierait en lui donnant une bague de la Coupe Stanley lorsque les Oilers la gagneraient.  Fisher répondit qu’il ne verrait pas ça de son vivant.

Au cours de la saison 1980-81, lorsque le capitaine Blair MacDonald fut échangé aux Canucks, Fogolin prit sa place et apporta son expérience au sein de cette équipe très jeune. 

Son style était défensif au point que, pendant la saison 1982-83, il n’inscrivit aucun but en 72 matchs et ce, au sein d’une des équipes des plus offensives.  À titre de comparaison, cette année-là, Gretzky en compta 71, Messier 48, Anderson 48 et Kurri 45.

Il laissa ensuite le « C » à Wayne Gretzky avant le début de la saison 1983-84.  À la fin de cette même saison, la Merveille souleva la Coupe pour la première fois.

Lors de la célébration d’après-match, Sather demanda à Fisher sa taille pour sa bague, ce à quoi Fisher répondit d’oublier ça.  Mais Sather tint parole.  Fisher couvra les Canadiens pendant plus de 55 ans (il a prit se retraite récemment), mais il a une bague de la Coupe Stanley à l’effigie des Oilers, grâce à Fogolin.

Ce dernier fit encore partie de l’équipe championne l’année suivante, mais en 1987, il retourna à Buffalo, en compagnie de Mark Napier, contre Normand Lacombe et Wayne Van Dorp.  Il prit sa retraite à la fin de l’année, affichant une fiche globale de 44-195-239 en 924 matchs.  Il vit maintenant à Edmonton.

Son fils Michael a joué au niveau junior avec les Cougars de Prince Georges de la WHL en 2003-04.  Malheureusement, il est décédé dans son sommeil, des suites d’un problème cardiaque.  Il avait 17 ans.

Sources : “Former Oilers attend Fogolin memorial”, CBC Sports, 1er juin 2004 (cbc.ca), “How Favour for a friend named Sather was repaid with a Stanley Cup ring” de Red Fisher, 10 janvier 2009 (montrealgazette.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org


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jeudi 7 juin 2012

Comment bien ranger le champagne...



Si j'ai bien compris, on peut résumer le match d'hier comme ceci :
(   .   ) (   .   )

Mais au-delà de la poitrine derrière l'entraîneur des Devils, il y avait un match de hockey... La seule chose que j'ai à dire à cet effet est que j'ai eu l'impression que les Kings ne voulaient pas gagner la Coupe Stanley hier. Quand j'ai vu le but de Doughty, le seul but des Kings, et le manque d'énergie de l'équipe par la suite, on aurait dit qu'ils ne voulaient pas passer à l'histoire ce soir-là... C'est également comme si on les a tellement encensé depuis deux mois qu'ils se croient invulnérables au point de ne pas savoir quoi faire dans l'adversité... Les Devils sont entré dans leur tête assez solidement, on ne serait-ce que la poitrine derrière le banc...

J'exagère peut-être, mais reste que ça n'a pas énergisé les Kings pour la suite du match, ce n'est pas devenu le point catalyseur de la victoire...

On peut revoir le but et du même coup revoir le splendide chandail vintage mauve de Dustin Brown que possède le mec à côté du banc de pénalité...




Par contre, ça m'a rappelé un jeu, comme par hasard...

Souvenir donc d'une finale de la Coupe Stanley assez récente, celle de 2008. Vous vous rappellez peut-être du match numéro 5 de cette série. On est en fin de troisième, les Red Wings mènent la série 3 à 1 et le match 3 à 2. À une minute de la fin ça sentait tellement le champagne dans le Jos-Louis Arena que les Red Wings avaient l'air de jouer comme si les bouchons de champagne qui poppaient dans leur tête... Je me rappelle d'un Chris Osgood qui se voyait plus avec la Coupe dans les bras que dans un filet...

Regardons :



S'en est suivi un match numéro 6 à Pittsburgh où les Red Wings ont remporté la Coupe sTanley à l'étranger dans une des plus mornes célébrations de la COupe Stanley de l'histoire...

On cite souvent la phrase de Yogi Berra "It ain't over til' it's over..." Ce n'est pas une phrase qui est nécessairement destinée aux perdants...

C'est ce que les Kings ont eu à apprendre hier selon moi...

mercredi 6 juin 2012

RIP Vladimir Krutov

Vladimir Krutov (Владимир Крутов) est décédé ce matin à Moscou des suites des séquelles d'un accident de voiture subit il y a quelques jours... Il avait 52 ans...

C'est triste parce qu'à sa manière, Vladimir Krutov a sa place dans l'histoire du hockey selon moi plus qu'on ne le pense...

C'était dans une autre époque dans un autre monde... Vous savez, on s'apprête même à voir être repêché le fils d'un des premiers russes à jouer en Amérique du Nord, Alex Galchenyuk, un jeune d'origine russe qui est né et a grandit aux États-Unis... On est définitivement dans un autre monde...

Vladimir Krutov représentait bien cette époque où les joueurs de hockey soviétique étaient des machines de guerre. On ne les voyaient pas souvent, mais ils faisaient peur à chaque fois... Des joueurs surentraînés, prêt à démolir l'ennemi, discipliné comme on ne peut s'imaginer en tant que nord-américains. C'est joueurs étaient presque des robots qui venaient de l'autre bout du monde... Le monde était justement tellement divisé que ces joueurs venaient presque d'une autre planète... Je me rappelle par contre quand j'ai entendu dire que des joueurs soviétique allaient maintenant pouvoir jouer dans la NHL, ils étaient relevés de leur fonctions militaires et pouvaient maintenant aller jouer en Amérique. La chose allait changer la face du hockey c'était certain, ces Makarov, Larionov et Fetisov enfin dans la NHL... Même les Nordiques allaient avoir leur gardien russe...

On se rappellera tous que la révolution ne s'est pas faite tout de suite, ces russes n'ont rien cassé à leur arrivée. On se rappelle que Sergei Makarov, autre membre de la fameuse ligne KLM (Krutov-Larionov-Makarov), a remporté le trophée Calder lors de cette saison (1989-90), mais c'est peut être plus afin de souligner l'arrivée de grands joueurs russes dans la NHL et, d'une manière plus significative, parce qu'il n'y avait pas tant de "vraies" recrues ayant connu des saisons remarquables...
De ce quintette soviétique (Je vous rappelle que les soviétique ne jouaient pas en termes de paire de  défenseurs et de trio offensif, mais en quintette, la formule sera reprise par les Red Wings des années 90) des années 80 de Fetisov, Makarov, Larionov, Kasatonov et Krutov qui terrorisait le monde du hockey, seul Krutov n'a pas su faire la transition dans la NHL. C'est le joueur qui passera à l'histoire pour ne pas s'être acclimaté de l'Occident...


Vladimir Krutov est arrivé avec son coéquipier Larionov dans une équipe des Canucks de Vancouver faibles qui n'allaient nulle part... À cette époque, Krutov n'était plus le joueur qu'il était, il faisait de l'embonpoint, ne trouvait pas ses repaires dans un monde de hockey différent. Les fans des Canucks, dont nous savons maintenant qu'ils peuvent être très caustiques, se mirent à l'appeler Vladimir Crouton, afin de marquer la douteuse et décevante forme physique du joueur lors de cette saison 1989-90... Après une saison, la direction des Canucks a décidé de ne pas renouveler son alliance avec l'ancienne vedette soviétique... La carrière nord-américaine de Krutov se résume à 61 matchs où il récolta 34 points dont un maigre 11 buts, ce qui n'est pas gros pour l'époque...

Krutov prit par la suite le chemin de l'Autriche où il fut chassé par un nouvel entraîneur, un canadien, à sa deuxième saison qui le jeta hors de l'équipe en refusant d'avoir ce joueur sur le déclin dans son alignement. Il prit par la suite le chemin de la Suède où il joua en seconde et en troisième division avant de se retirer pour de bon lors de la saison 1995-96...
Krutov marqua donc l'histoire du hockey comme ayant été un des membres d'une des plus redoutable ligne d'attaque de tous les temps mais également malheureusement pour avoir été celui de ce trio qui n'a pu s'acclimater à la NHL...

Il a néanmoins remporté deux médailles d'or Olympiques et cinq médaille d'or au Championnat du monde... On ne peut pas dire qu'il était un loser...

Il fut intronisé au Temple de la renommée de l'IIHF en 2010...

Son fils, Alexei Krutov, évolue avec le Avtomobilist Yekaterinburg dans la KHL...



lundi 4 juin 2012

Une histoire de "hockey dad"...


La semaine dernière, j'étais dans la légendaire taverne le Verre Stérilisé, haut lieu du Plateau si on veut y écouter le hockey. C'est un bon spot si vous voulez écouter le hockey des séries dans un bar car rendu en finale, quand le Canadien ne joue plus, il s'agit d'un des rares bars qui diffusent les matchs avec le son. Son de RDS, mais son pareil...

Pendant une des entractes, je crois que c'était entre la troisième et la supplémentaire, il y avait un segment de l'Antichambre, vous savez, cette émission pas écoutable où les gens sont enfoncés dans un divan trop profond où les sujets abordés sont trop souvent peu intéressants par des personnes avec tout autant peu de verve dans un décors qui donne le goût de zapper... Bon, je ne suis pas là pour vous dire que je n'aime pas cette émission, mais c'est fait... Tout ça pour dire qu'il y avait des membres de l'équipe gagnante des Cataractes de Shawinigan. C'est là que j'ai fait remarquer à mes amis avec qui j'étais que Michael Bournival avait trop l'air d'une personne qui n'a que joué au hockey dans sa vie.  C'Est ce qui me donne comme impression. 

Vous savez, ce jeune qui a toujours fait que ça, qui était isolé par exemple durant son secondaire, qui a passé toute son enfance à jouer dans la rue, bref il a un style joueur de hockey parce qu'il est n joueur de hockey... Vous savez de quoi je parle, des gens qui mangent du hockey, qui vivent du hockey et qui aspirent à devenir un joueur de la NHL. Beaucoup ont une "lifestyle" de la sorte mais peu y arrivent. Je crois que Bournival fait partie de l'exception de ce type de joueur, mais je sais que vous avez connue des gens comme ça.

Ça m'a rappelé une histoire qui n'a peut-être pas rapport mais qui en dit long sur d'où ça vient cette manière de créer des joueurs de hockey. Malheureusement, l'attitude et les habilités du jeune sont toujours plus important que la volonté du parent, ce qui peut créer des choses étranges...

C'est l'histoire d'un mec père de trois enfants, un ainé et deux jumeaux qui ont quelques années de moins. Le type est fan de hockey, vit pour le Canadien et aspire fortement à voir ses jeunes devenir les prochains Guy Lafleur ou Bob Gainey. Alors quoi de mieux de non seulement d'inscrire ses enfants aux hockey, mais de devenir entraîneur... Comme vous vous en doutez, il était un entraîneur assez heavy avec les joueurs, exigeant le maximum de ces kids d'une dizaine d'année. Ce n'est pas grave, on était dans les années 80, on pouvait être dictateur avec les enfants dans les arénas...

Mais imaginez à quel point il était exigeant avec ses enfants...

Quand ses jumeaux ont atteint le niveau pee-wee, le père était l'entraîneur de l'équipe local du plus haut niveau deux lettres. Étant très exigeant avec ses enfants, il alla même jusqu'à retrancher un de ses fils de l'équipe, l'envoyant au niveau une lettre... Imaginez, le gars était tellement exigeant avec ses enfants qu'il n'a pas fait de favoritisme comme tout bon père aurait fait... Ça veut dire deux fois plus de logistique pour les pratiques, les matchs et cie... Ne serait-ce que pour ça, c'est un peu plus normal de garder son enfant dans l'équipe que l'on entraîne. Mais pour cet entraîneur, non, retrancher son fils au niveau pee-wee, c'était la chose à faire pour avoir une équipe gagnante, se passer de son propre fils, incapable de performer... 

Mais bon... Y'a des gens comme ça...

Ça ne vous surprendra pas de savoir que ses enfants n'ont jamais atteint la NHL...

Tout ça pour dire qu'il y a des parents qui prennent ça trop au sérieux... C'était dans les années 80 et probablement que rien n'a changé...

dimanche 3 juin 2012

Bobby Baun

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(Texte et Images de Benoît AKA KeithActon)


Originaire de la Saskatchewan, Bobby Baun s’est joint aux Maple Leafs durant la saison 1956-57 après avoir gagné deux Coupes Memorial avec les Marlboros de Toronto.  Défenseur très physique et défensif, il n’a compté que 37 buts en 964 matchs.  Pourtant, son exploit le plus marquant a été un but, marqué en prolongation lors du sixième match de la finale de 1964, contre Détroit.

Un but en prolongation lors de la finale est déjà quelque chose de spécial, mais en reculant un peu, il le devient encore plus.  Au milieu de la troisième période, il a été atteint au pied par un lancer de Gordie Howe et a dû être sorti sur une civière.  Baun se doutait qu’il y avait fracture, mais il ne voulait pas manquer la prolongation.  À l’infirmerie, on a estimé, à l’œil, qu’il ne pourrait pas vraiment empirer son cas.  On l’a donc gelé, enrubanné et on lui a donné un antidouleur.  Il est ensuite retourné au jeu.  

Son pied était effectivement cassé, mais ça ne l’a pas empêché de déjouer Terry Sawchuk et de faire la différence.  Il a même trouvé les moyens de jouer un peu lors du septième match, qui donna une troisième Coupe Stanley en trois ans aux Leafs.

Par la suite, Baun s’est montré critique de la situation des joueurs, eux qui n’avaient pas encore d’association.  Contrairement à bien d’autres, il comprenait le côté affaires du hockey.  Le fait que des coéquipiers sollicitaient son opinion lorsque venait le temps de négocier un nouveau contrat ne l’a pas rendu populaire auprès du directeur-gérant, Punch Imlach.  Sa grève pour obtenir une augmentation en 1965-66 n’a pas aidé non plus.  Au cours de la saison 1966-67, bien qu’en uniforme, il eut bien peu de temps de glace et refusa de participer aux célébrations de la victoire de la Coupe de 1967.

Il fut laissé sans protection au repêchage d’expansion de 1967 et aboutit avec les pauvres Seals d’Oakland.  À la fin de l’année, il demanda à être échangé à une des « Original Six », ce que les Seals firent en l’envoyant à Détroit.

Il y a été pour un peu plus de deux ans, avant d’être soumis au ballotage en novembre 1970.  Il fut alors réclamé par Buffalo, équipe d’expansion maintenant gérée par… Punch Imlach.  Ce dernier l’échangea toutefois immédiatement à St-Louis, où Baun refusa de se rapporter.  Il fut alors échangé à Toronto, où il rendit encore une fois de bons services aux Leafs.

Au cinquième match de la saison 1972-73, il subit une blessure au cou qui termina sa carrière de joueur.  Il s’occupa alors de sa ferme bovine pour les trois années suivantes, jusqu’à ce qu’il devienne entraîneur des Toros (tant qu’à rester dans le bovin) de Toronto de l’AMH pour la saison 1975-76.

Il eut alors l’occasion de diriger ses anciens coéquipiers Frank Mahovlich, Paul Henderson et Jim Dorey.  Les résultats furent néanmoins épouvantables.  Les Toros terminèrent derniers de la ligue, 11 points derrière les Fighting Saints du Minnesota, une équipe qui avait cessé ses activités 21 matchs avant la fin de l’année.  Au cours de la saison, il avait entre autres mis à l’amende tous ses joueurs (500$ chacun, qu’il leur remit plus tard) après un match contre Cleveland.  Il était en furie après avoir vu son équipe laisser filer une avance de 8-2 et perdre 10-9.

Baun est donc retourné à sa ferme après la saison, tout en vendant aussi des assurances.  Quant aux Toros, ils ont déménagé à Birmingham et sont devenus les Bulls.

Dans les années 1980, il fut l'un des premiers à questionner sa maigre pension, de 7622$ par année dans son cas.  Devant le manque d’appui des autres joueurs, il abandonna.  C’est finalement son ex-coéquipier Carl Brewer (texte du 8 décembre 2009) qui reprit la lutte plus tard, avec succès cette fois.

Il vit aujourd’hui à Oshawa, près de Toronto.

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