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lundi 25 septembre 2017

Denis Dupéré



Après avoir joué avec l’équipe de sa ville natale, les Marquis de Jonquière (de la LHJQ, un des deux ancêtres de la LHJMQ), Denis Dupéré s’est retrouvé avec les Rangers de Kitchener.  Plutôt que de suivre ce que faisaient la plupart des jeunes québécois en se retrouvant dans l’organisation des Canadiens, Dupéré fut plutôt recruté par les Rangers.
 
Par contre, il ne joua aucun match avec les Blueshirts puisqu’en mai 1970, ces derniers l’envoyèrent aux Leafs pour compléter l’échange qui leur permirent d’acquérir Tim Horton.
 
Dupéré, un avant versatile qui excellait en défensive et dans les mises au jeu, fit ainsi ses débuts dans la Ligue nationale en jouant 21 matchs dans l’uniforme bleu et blanc.
 
Dès l’année suivante, Dupéré se fit une place à Toronto.  En trois saisons, il marqua 28 buts, ce qui était bien, mais pas suffisant pour être considéré comme étant indispensable.  Au repêchage d’expansion en 1974, les Leafs le rendirent donc disponible.  Il fut alors choisi par les nouveaux Capitals de Washington.
 
Comme il s’agissait du quatrième repêchage d’expansion en huit ans (en plus de l’arrivée de l’AMH), le talent disponible commençait à être mince et les deux nouvelles équipes en ont grandement souffert.  Les Scouts de Kansas City et surtout les Caps se sont ainsi avérés particulièrement mauvais.
 
À prime abord, la situation a souri à Dupéré, qui a ainsi obtenu beaucoup plus de glace.  D’ailleurs, au quatrième match des Caps, Dupéré marqua deux buts pour procurer un premier gain à son équipe, une victoire de 4-3 sur les Hawks.
 
Par la suite, les défaites se mirent à s’accumuler, en route vers la pire saison de l’histoire de la LNH (8-65-7, 0,131).  Parmi cette médiocrité, Dupéré parvint tout de même à en tirer un avantage.  Il s’avéra un des meilleurs du lot et fut le premier représentant des Caps à être invité au match des étoiles. 
 
Ce match, disputé au Forum de Montréal, fut l’un des moments des plus mémorables de sa carrière.  Au sein de l’équipe de la Conférence Prince-de-Galles, on retrouvait des noms comme Bobby Orr, Ken Dryden, Guy Lafleur et Marcel Dionne.  Dupéré y trouva toutefois sa place, en obtenant une passe sur un but de Don Luce, dans une victoire de 7-1.
 
Marqueur de 20 buts, il fut « récompensé » puisque une vingtaine de jours plus tard, il fut échangé aux Blues, contre Garnet Bailey et Stan Gilbertson.  Avec les trois buts qu’il marqua avec les Blues, Dupéré atteignit ainsi le total de 23, son sommet en carrière.
 
Son passage à St-Louis fut toutefois de courte durée, puisqu’à l’été 1975, il fut échangé à l’autre équipe du Missouri, les Scouts de Kansas City, les frères d’expansion des Caps.  Il devint alors le premier joueur à s’aligner avec les deux nouvelles équipes de 1974.  Craig Patrick prit le chemin de Kansas City avec lui.  En retour, les Blues obtinrent Lynn Powis, mais surtout un choix de 2e ronde qui devint un de leurs piliers, Brian Sutter.
 
Après une saison, Dupéré déménagea avec le reste de l’équipe au Colorado, où ils devinrent les Rockies.  Il joua deux ans, tout en commençant à faire des séjours dans les mineures.
 
Après une première retraite, il fit un retour au début des années 1980 pour aller jouer en France.
 
Sa fiche en carrière est de 80-99-179 en 421 matchs.
 
Sources : « Caps 3 Hawks 3 », UPI, 18 octobre 1974, Montreal Gazette, p.24, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

mardi 19 septembre 2017

Intermède musical - A Little Bit South of Saskatoon



Sonny James, un chanteur country, a connu une carrière des plus fructueuses.  De 1953 à 1983, il a placé 72 chansons sur les palmarès, incluant 26 numéros 1 consécutifs.  Le plus grand succès de celui qu’on surnommait le « Southern Gentleman » fut « Young Love », sorti en 1956.
 
C’est en 2007, un peu moins de 9 ans avant son décès, qu’il fut admis au Temple de la renommée de la musique country.
 
Par contre, si vous n’êtes pas amateur de musique country, il se peut que vous soyez peu familiers avec son œuvre.  Toutefois, en tant qu’amateur de hockey, vous connaissez probablement l’une de ses chansons, qui s’est classée 6e au palmarès country en 1975.  En effet, « A Little Bit South of Saskatoon » a été utilisée dans la trame sonore de Slap Shot, deux ans après sa sortie.  On l'entend entre autres quand les Chiefs voyagent en autobus.
 
La chanson elle-même n’a pas vraiment de lien avec le hockey, autre que le fait qu’elle fait référence à une ville canadienne.  Il s’agit plutôt d’une chanson country assez typique d’un type qui rencontre une fille, tombe en amour, l’épouse et va vivre sur une ferme.
 
L’histoire ne dit pas pourquoi James, un américain de l’Alabama, a été inspiré par la Saskatchewan.


Just a little bit south of Saskatoon
Pick my guitar for board and room
Met a little girl, her name was June
A little bit south of Saskatoon

Me and Junny-Mae we got on fine
Till I had to move further down the line
Promised that girl I'd be back soon
A little bit south of Saskatoon

Went up to Nome to see the sights
Had a yen to watch the northern lights
But I had my mind on my sweet June
A little bit south of Saskatoon

So I caught a freight and headed back
Following down that railroad track
Kept a thinkin' of my honeymoon
A little bit south of Saskatoon

Me and Junny-Mae got a little house
Got a piece of ground and a few milk cows
We're gonna get a youngin' soon
A little bit south of Saskatoon

In the winter time when we can't farm
Me and Junny-Mae sit arm in arm
By a big ole fire and honeymoon
A little bit south of Saskatoon



 


dimanche 17 septembre 2017

Une petite photo pour le plaisir #70 - Avenue des Canadiens



Pour ceux que ça intéresse, il y a maintenant un restaurant "Avenue des Canadiens" à l'Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Dorval.
 
De cette façon, vous pouvez payer les mêmes prix qu'au Centre Bell, sans aller voir un match!



samedi 16 septembre 2017

Tim Cheveldae







À la fin de la décennie 80, les Red Wings de Detroit commençait à retrouver une crédibilité dans la LNH, grâce à l'arrivée de Jacques Demers derrière le banc de l'équipe. Cependant, il y avait très peu de profondeur devant le filet, alors defendu par les Glen Hanlon, Greg Stefan et Sam St-Laurent. L'arrivée de Tim Chelvedae permit aux Red Wings de retrouver le chemin des séries éliminatoires (et ce, pour les 25 années qui suivirent).


Il me dit quelque chose le gardien à gauche de Cheveldae

Timothy M. Cheveldae est né en février 1968 à Melville en Saskatchewan. Il débuta dans la WHL avec les Blades de Saskatoon en 1985. Dès sa première saison, Cheveldae récolta 21 victoires en 34 décisions dans le rôle de gardien substitut des Blades, derrière Mark Reimer. Il fit tellement bonne impression auprès des Red Wings de Detroit qu'ils le sélectionnèrent en 4e ronde du repêchage de 1986. (C'est seulement que la saison suivante que Reimer fut repêché, par ces mêmes Red Wings!) Cheveldae resta à Saskatoon pour deux autres saisons, récoltant 64 victoires en 99 parties, étant nommé sur la première équipe d'étoiles à la fin de la saison 1987-88.

Il fit le saut avec les Red Wings d'Adirondack de la Ligue américaine la saison suivante. Il y fit très bonne figure, voyant de l'action dans trente matchs, en remportant 20 au passage. Detroit fit même appel à lui pour deux matchs qu'il ne réussit pas à gagner. Il débuta la saison 1989-90 à Adirondack jusqu'en février, alors que Detroit décida de faire de lui le gardien auxiliaire de Glen Hanlon jusqu'à la fin de la saison. Ayant raté les séries lors de cette saison, les Red Wings congédièrent leur entraîneur Jacques Demers de son poste d'entraîneur-chef, le remplaçant par Bryan Murray. Murray décida alors de donner le rôle de gardien partant à Tim Cheveldae. Ce fut une saison ordinaire pour les Red Wings et Chevaldae, terminant au 3e rang de la section Norris. Chevaldae, désormais surnommé "Chevy" (tsé, Chevaldae - Chevrolet - Detroit, Ville de l'automobile - Chevy !), avait tout de même accumulé 30 victoires en 65 matchs. Lors de la première ronde des séries, Detroit avait pris l'avance 3-1 dans leur affrontement contre les Blues de St-Louis. Malheureusement, "Chevy" accorda 12 buts dans les trois derniers matchs, échappant ainsi la série en 7 matchs.

En 1991-92, Chevaldae fut solide devant la cage des Red Wings, enregistrant 38 victoires en 72 matchs et aidant les Wings à terminer 1er dans la section Norris. Son rendement lui permit même d'être sélectionné pour le match des étoiles à Philadelphie. Affrontant les North Stars en 1ère ronde, Chevaldae fut chancelant dans les 4 premiers matchs, accordant 4 buts ou plus à l'adversaire tout en encaissant 3 défaites. Il se reprit par contre dans les matchs 5 et 6, n'accordant aucun but et aidant les Red Wings à remporter la série en 7. Toutefois, le parcours des Wings prit abruptement fin face aux éventuels finalistes de la coupe Stanley, les Blackhawks, en 4 matchs.



Côté moustache, j'ai déjà vu mieux ...

Cheveldae connut tout de même une bonne saison en 1992-93, mais il fut encore une fois incapable de gagner plus de 4 matchs en séries de fin de saison, s'inclinant en 7 matchs face aux Maple Leafs de Toronto dès la première ronde.  Dans la première période de la saison 1993-94, Cheveldae subit une blessure au genou qui lui fit rater les 16 parties suivantes. À son retour au jeu, il remporta 16 de ses 29 matchs. Mais son jeu inconstant et l’émergence de Chris Osgood, convainquit la direction des Wings de l'échanger à la date limite des échanges en 1994 en compagnie de Dallas Drake aux Jets de Winnipeg. En retour, les Wings obtinrent les services de Bob Essensa et de Sergei Bautin. L'échange fut désastreux pour les deux équipes ; Cheveldae n'enregistra que 5 victoires en 14 matchs et rata les séries. Detroit, avec Osgood et Essensa, s'inclinèrent en 7 matchs face aux Sharks.

Lors de la reprises des activités suite au lock-out en 1994-95, "Chevy" fut considéré comme le gardien #1 des Jets. Cependant, ayant perdu confiance en ses moyens et ne remportant que 8 victoires en 30 matchs, il se fit ravir son poste par un jeune Nikolai Khabibulin. Il connut tout autant de misère la saison suivante, ce qui força les Jets à l'échanger aux Flyers de Philadelphie en retour du mal-aimé Dominic Roussel (voir texte du 18 juin 2013). Comptant déjà Ron Hextall et Garth Snow dans leur rangs, les Flyers assignèrent Cheveldae directement dans la Ligue américaine, avec les Bears d'Hershey, affichant une fiche de 4-3.

Durant l'été, les Bruins de Boston offrirent un contrat à Cheveldae, mais ils l'envoyèrent dans la IHL avec les Komets de Fort Wayne. Puisqu'ils comptait déjà sur Bill Ranford et Robb Tallas devant les filets, ils voulaient compter sur "Chevy" en cas d'urgence. Il fut rappelé dans la première moitié de saison, ratant son audition, enregistrant une défaite dans ce qui fut ses derniers pas dans la grande Ligue. L'arrivée de Jim Carey (voir texte du 19 février 2016) à Boston le relégua définitivement aux oubliettes.

Cheveldae resta une saison additionnelle dans la IHL avec le Thunder de Las Vegas. Suite à une autre saison avec une fiche déficitaire, il mit un terme définitif à sa carrière, après 10 saisons professionnelles. Dès la saison suivant, "Chevy" fut nommé assistant-entraîneur de son ancien club junior, les Blades de Saskatoon. Après un passage avec les Cougars de Prince George, il revint dans le giron des Blades, cette fois comme entraîneur des gardiens jusqu'à la saison 2015-16.

Depuis 2008, le groupe 5th Line Hockey célèbre le Tim Chevel-Day à tous les 15 février.

Fiche dans la LNH : 149 victoires, 136 défaites, 37 nulles, 10 blanchissages




lundi 11 septembre 2017

Hannu Virta



La façon dont Hannu Virta s’est retrouvé à Buffalo est intéressante.  Les Oilers étaient déçu du rendement de leur défenseur recrue, Paul Coffey, pourtant repêché 6e l’année précédente.  Les Sabres étaient intéressés et avaient offert un Richard Martin en fin de carrière en retour.  Avant de conclure, le directeur-gérant Scotty Bowman avait délégué son dépisteur-chef.  Par contre, comme Coffey avait connu deux matchs tout simplement phénoménaux, les Oilers changèrent d’idée.  Martin a ensuite été échangé aux Kings et Coffey est devenu un rouage important de la dynastie des Oilers des années 1980.
 
Et Virta dans tout ça?  Le dépisteur ne voulant pas perdre son temps, il alla voir un tournoi junior qui se déroulait à Edmonton la même fin de semaine.  C’est là qu’il y découvrit Virta, un défenseur finlandais avec un bon coup de patin et un bon lancer. 
 
Au repêchage de 1981, après avoir causé une surprise en choisissant Jiri Dudacek en première ronde, les Sabres en causèrent une autre en prenant Virta au deuxième tour, deux rangs avant que Montréal ne jette son dévolu sur un américain, Chris Chelios.
 
Virta fit ensuite partie de l’équipe finlandaise qui remporta la médaille de bronze au championnat mondial junior, avant de faire ses débuts dans la LNH le 30 mars 1982, lors d’un match des Sabres au Colisée de Québec.
 
C’est toutefois en 1982-83 que Virta se fit une place régulière à Buffalo.  Sa saison recrue montra de belles promesses, mais c’est le 19 mars 1983, contre les Canadiens au Forum, que Virta fit flèche de tout bois.  Au cours de ce match, tout semblait lui sourire. 
 
D’abord, au milieu de la deuxième période, Robert Picard fit une passe qui se retrouva plutôt sur la palette de Phil Housley, qui la refila à Virta, qui à son tour déjoua Rick Wamsley.
 
Huit minutes plus tard, c’est une passe de Bob Gainey qui se retrouva sur le bâton de Virta, qui enfila son deuxième but de la soirée. 
 
Finalement, à 7:53 de la troisième période, c’est Pierre Mondou qui fit un cadeau à Virta, qui compléta son tour du chapeau, dans une victoire de 6-3 des Sabres.
 
Virta termina finalement la saison avec 13 buts, 24 passes et 37 points.  Les Sabres balayèrent ensuite les Canadiens en trois matchs au premier tour des séries, avant de s’incliner devant les Bruins au deuxième tour.
 
En 1983-84, il marqua moins de buts (6), mais amassa tout de même 36 points.  La suite fut moins intéressante, alors que les résultats ne furent pas autant au rendez-vous, en plus de le voir être ralenti par les blessures.
 
Après la saison 1985-86, il fut mobilisé pour son service militaire.  S’étant brouillé avec Bowman et s’étant plus ou moins intégré à la vie nord-américaine, il décida ensuite de demeurer en Finlande, plutôt que de revenir avec les Sabres.  Il joua donc 245 matchs dans la LNH en un peu plus de 4 ans.  Il marqua au total 25 buts, en plus d’accumuler 101 passes, pour 126 points.  Ainsi, non seulement il marqua 52% de ses buts en carrière en une année, mais il en marqua également 12% dans ce seul match du 19 mars 1983.
 
En plus de retourner avec son club d’origine, le TPS Turku, il devint alors un élément régulier de l’équipe nationale de la Finlande.  Il participa entre autres à sept championnats du monde (une médaille d’or et une d’argent), à la Coupe Canada de 1987, à la Coupe du monde de 1996 et aux Olympiques de Lillehammer en 1994, où la Finlande a remporté la médaille de bronze.
 
Il entreprit ensuite une carrière d’entraîneur en Finlande et en Suisse.
 
Le TPS Turku a depuis retiré son numéro 23.  Il fait également partie du Temple de la renommée du hockey de la Finlande depuis 2003.
 
Sources: “Virta éblouissant” et ″Scotty devait avoir le menton en l’air – Réjean Houle″ de Bernard Brisset, 21 mars 1983, p.S2, hockeydraftcentral.com, legendsofhockey.net.

lundi 4 septembre 2017

Neil et Mac Colville



L’histoire de Neil Colville est indissociable de celle de son frère Mac.  D'abord, en 1933-34, les deux frères ont aidé l’équipe de leur ville natale, Edmonton, à atteindre la finale de la Coupe Memorial.  Même s’ils se sont inclinés devant les Majors du Collège St.Michael’s de Toronto, ils sont parvenus à attirer l’attention des Rangers, qui les ont assignés aux Crescents de New York de la Ligue Eastern Amateur (EAHL).  Neil fut le meilleur compteur de la ligue et les Crescents remportèrent le titre de la ligue.
 
L’année suivante, c’est avec les Ramblers de Philadelphie de la Ligue Can-Am (un ancêtre de la Ligue américaine) qu’ils s’alignèrent.  Entraîné par Herb Gardiner, les Ramblers remportèrent également le championnat de leur ligue.  En plus d’y contribuer, les frères Colville ont également eu l’occasion de jouer leurs premiers matchs avec les Rangers.  Ils ne mettront pas de temps à s’y installer définitivement, puisque dès 1936-37, ils en devinrent des joueurs réguliers, tout comme Alex Shibicky, qui a suivi le même parcours et avec qui ils ont formé un trio.  Neil, le centre, se portait plus en attaque, alors que Mac, l’ailier droit, restait plus en retrait.
 
En 1938-39, le travail de Neil fut remarqué, alors qu’il fut choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Syl Apps des Maple Leafs.
 
Un an plus tard, les Rangers mirent la main sur la Coupe Stanley.  Après une longue traversée du désert, ils durent attendre à 1994 avant de rééditer l’exploit.  De son côté, Neil fut encore nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Milt Schmidt des Bruins cette fois.
 
En 1942, les deux frères se retrouvèrent dans les Forces armées.  Stationnés à Ottawa, ils aidèrent alors les Commandos d'Ottawa de la Ligue senior du Québec à remporter la Coupe Alexander, puis la Coupe Allan.
 
À la fin de la guerre, les deux frères retournèrent avec les Blueshirts, mais ayant ralenti, ils changèrent de position pour devenir défenseurs.  Ils devinrent ainsi les premiers frères à composer un duo à la ligne bleue.  Neil fut également nommé capitaine.
 
Mac resta jusqu’en 1946-47.  Il retourna par la suite vivre en Alberta, où il travailla pour la province.
 
Neil continua, pour la première fois depuis plusieurs années, à jouer sans son frère et ce, avec succès.  En effet, en 1947-48, il fut à nouveau choisi pour faire partie de la deuxième équipe d’étoiles, mais comme défenseur cette fois.  Il fut ainsi le deuxième joueur, après Dit Clapper, à recevoir cet honneur autant comme avant que comme défenseur.
 
Malheureusement pour lui, ça ne l’empêcha pas d’être rétrogradé dans la Ligue américaine au cours de l saison suivante par les Rangers, une équipe qui se cherchait à ce moment.
 
C’est en 1950 que Neil revint à New York, comme entraîneur-chef cette fois.  À 36 ans, il devenait ainsi le plus jeune à occuper un tel poste.  La situation ne dura toutefois pas.  De son propre aveu, il fut incapable de sortir les Rangers de leur torpeur, en plus de souffrir de sérieux ulcères d’estomac.  Après un peu plus d’un an, il remit donc sa démission, ce qui mit fin à sa carrière.
 
Au niveau de la LNH, les Colville n'ont donc évolué qu'avec une seule équipe, les Rangers.
 
Il réorienta alors sa carrière en investissant dans un nouveau poste de télé à Whitehorse.  Il y déménagea et en ces débuts de la télévision, il apprit à faire un peu de tout avec des moyens plutôt limités.  Apparemment qu'une vue de la rue principale et un bocal de poisson revenaient fréquemment dans la programmation...
 
Neil mourut en 1987 à 73 ans, alors que Mac rendit l’âme en 2003, à 87 ans.
 
Sources : “Bill Cook Returns to N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out, Frank Boucher Calls In Old Forward Mate”, CP, 7 décembre 1951, Montreal Gazette, p.22, “Mac Colville, 87, a Mainstay for the Rangers” de Richard Goldstein, 2 juin 2003, New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 31 août 2017

Histoire de cartes - Les villes



Pour cette histoire de cartes, un peu de géographie.  Voici des noms de ville.

Brandon, Manitoba (non, ce n'est là qu'on tourne l'émission de Marie Pier...)

Hamilton, Ontario



Hull, Québec (je sais, c'est maintenant fusionné avec Gatineau)

Jackson, Mississippi

Milan, Italie (je ne voudrais pas insulter les milanais...)

Parent, Québec (611 habitants vs 608 matchs dans la LNH)


Richmond, Virginie (ou Québec, en Estrie)


Rome, Italie (la ville éternelle)


Scott, Québec (en Beauce)


St-Louis, Missouri (ville dont l'équipe n'a jamais remporté la Coupe)

Vail, Colorado (connue plus pour le ski que pour le hockey)

lundi 28 août 2017

Quand les Canadiens ont joué les (vrais) héros


En 1971-72, les Canadiens avaient une très bonne équipe.  Ils ont d’ailleurs terminé la saison avec une fiche de 46-16-16.  Ils ont toutefois été incapables de défendre leur titre en séries lorsqu’ils se sont inclinés au premier tour devant les Rangers.  Par contre, le 9 mars 1972, ce ne sont pas les séries qu’ils avaient en tête.  Après avoir battu les Blues 5-1 à St-Louis, ils sont rentrés à l’hôtel. 
 
Le terme héros est souvent utilisé dans le monde du sport, mais en fait, on veut plutôt dire qu’un athlète a connu une bonne performance au moment opportun.  Ce soir-là, le terme héros était entièrement approprié.
 
Le Hilton de l’aéroport de St-Louis a pris feu.  Constatant qu’il y avait toujours des gens à l’intérieur, Jean-Claude Tremblay, Serge Savard, Guy Lapointe, Marc Tardif, Dale Hoganson, Pierre Bouchard, Réjean Houle et le soigneur Bob Williams n’ont pas hésité.  Ils se sont lancés à la rescousse de ceux en difficulté.
 
Floyd Curry, ancien joueur et l’assistant-directeur-gérant, s’est retrouvé en fâcheuse situation.  Serge Savard a alors donné un solide coup de botte pour briser la fenêtre supposément inéclatable et lui permettre de respirer un peu plus.  Savard en a par contre été quitte pour un voyage en ambulance et une coupure nécessitant 18 points de suture.  Un morceau de verre de 5 centimètres fut d’ailleurs extrait de sa jambe et il dut s’absenter pour une semaine.
 
Couvert de suie et à bout de souffle, Curry indiqua alors que Scotty Bowman était au quatrième étage et fort probablement en sérieusement difficulté.  Dans les circonstances, on a craint le pire.  Avant même que les pompiers, y parviennent, c’est Réjean Houle qui a localisé Bowman.  Ce dernier s’apprêtait à sauter du quatrième étage, ce qui aurait évidemment pu être fatal.
 
L’opération ne s’est pas limitée aux membres de l’équipe.  Ayant déjà été pompier volontaire à Bagotville, Jean-Claude Tremblay est entre autres venu au secours d’une vieille dame et en a sauvé trois autres, en plus de diriger les opérations.  Au besoin, le groupe s’est approprié des lampes de poche, des échelles et des haches des pompiers, inexplicablement hésitants.
 
En bout de ligne, le bilan d’un blessé grave, sept personnes indisposées par la fumée et deux légers malaises aurait pu être bien pire.  Du côté des hockeyeurs, en plus de Savard, Guy Lapointe, lui-même fils de pompier, a évité le pire en réussissant à freiner sa chute dans une échelle à un étage, en s’agrippant de justesse.
 
Comme à son habitude, Tremblay s’est ensuite éclipsé bien modestement.  À la blague, on a mentionné qu’il était à l’avantage d’un joueur dans une léthargie comme Houle de sauver son entraîneur…
 
Sources : « Tremblay n’y a même pas songé » de Jean-Marc Desjardins, 11 mars 1972, La Presse, p.B1, « Bowman : He’s gone, said Savard; but they saved him » de Ted Blackman, 11 mars 1972, Montreal Gazette, p.13, « Canadiens praised for help in fire », CP, 11 mars 1972, Calgary Herald, p.32.

samedi 26 août 2017

jeudi 24 août 2017

Trêve de hockey #91 - Grover Cleveland Alexander



Né en 1887, les parents de Grover Cleveland Alexander choisirent de prénommer leur fils en l’honneur du président des États-Unis en poste à l’époque, le démocrate Grover Cleveland (le seul à remplir deux mandats non consécutifs à la présidence).
 
Après une bonne saison à Syracuse dans la Ligue New York State en 1910, où il remporta 29 matchs, son contrat fut racheté par les Phillies de Philadelphie pour 500$.
 
À son arrivée, son gérant voulut le tester en l’envoyant lancer un match présaison contre les puissants Athletics de Connie Mack, champions de la Série mondiale et qui jouaient à l’époque également à Philadelphie.  Alexander répondit en lançant cinq manches, sans donner ni point, ni coup sûr ou but sur balles.  Cette performance s’avéra annonciatrice de ce qui allait suivre, puisqu’il termina sa saison recrue avec une fiche de 28-13.  Son total de 28 victoires constitue toujours un record pour une recrue.
 
Nullement impressionné, il lança au cours de cette même année un marathon de 12 manches, qu’il remporta 1-0 contre Cy Young, dans ce qui fut finalement le dernier match dans les majeures de celui-ci.
 
Bien qu’au sein d’un club qui n’était pas une puissance, Alexander domina les monticules de la Ligue nationale, tout en lançant une quantité impressionnante de manches.  Au cours de ses sept premières années dans la ligue, il fut celui qui lança le plus de manches à six reprises.  En 1915, 1916 et 1917, il termina en tête de la Ligue nationale pour les manches lancées (376, 390, 387), les victoires (31, 33, 30), la moyenne de points mérités (1,22, 1,55, 1,83), les retraits sur trois prises, les matchs complets et les blanchissages.
 
En 1917, il lança un programme double et remporta les deux matchs.
 
À la fin de cette saison exceptionnelle, il apprit qu’il avait été échangé aux Cubs de Chicago avec son receveur, Bill Killefer, contre deux joueurs et 60 000$ (120 fois le prix payé initialement pour ses droits).  Les Phillies avaient désespérément besoin de cet argent…
 
Il ne demeura toutefois pas longtemps dans la ville des vents puisqu’après seulement trois matchs, il fut conscrit.  Sergent dans l’artillerie, il combattit en France et en revint complètement transformé.  Il faut dire qu’à cette époque, la notion de syndrome de stress post traumatique était inconnue. 
 
Il fut exposé au gaz moutarde et devint partiellement sourd.  Il se mit également à souffrir d’épilepsie et à boire abondamment.  Souvent, on confondit le premier problème avec le deuxième, alors qu’au fond, ils étaient fréquemment reliés.  Son alcoolisme le poursuivit jusqu’à la fin de sa vie.
 
Alexander demeura tout de même un lanceur efficace (il remporta entre autres 27 victoires en 1920), mais pas autant qu’à ses années à Philadelphie.  Le gérant des Cubs Joe McCarthy finit par se lasser de ses écarts de conduite et en 1926, il affirma que tant qu’à être un club de dernière place, les Cubs seraient mieux sans celui qu’on surnommait « Old Pete ».  Alexander fut donc libéré et il se retrouva alors avec les Cardinals de St-Louis, où son vieux comparse, Bill Killefer, était entraîneur.
 
Les Cards se rendirent en Série mondiale et Alexander remporta les matchs 2 et 6.  La veille du match 7, il passa une nuit des plus arrosées.  En septième manche, St-Louis menait 3-2, mais avec deux retraits, les Yankees avaient rempli les buts.  Lorsque le lanceur des Cards développa une ampoule, le gérant Roger Hornsby décida de faire appel à Alexander, malgré qu’il ressentait toujours les vapeurs de la veille.  Ce dernier retira Tony Lazzeri sur trois prises et lança les deux dernières manches.  Pour clore le match, Babe Ruth fut retiré en tentative de vol.  Après avoir été du côté des perdants en 1915, Alexander a ainsi remporté sa seule Série mondiale.  Les Cardinals y retournèrent en 1928, mais ils furent battus par ces mêmes Yankees.
 
Sa consommation d’alcool finit par user Alexander et après une dernière saison avec les Phillies en 1930, sa carrière dans les majeures prit fin.  Avec une fiche globale de 373-208, il possède le troisième plus haut total de victoires de l’histoire des Ligues majeures, à égalité avec Christy Mathewson.  Il fut élu au Temple de la renommée en 1938.
 
Il joua ensuite jusqu’en 1940 pour l’équipe de la House of David, une équipe semi-pro reliée à une communauté juive.  Sa vie après les majeures fut par contre marquée par la pauvreté.
 
Il mourut en 1950, à l’âge de 63 ans.
 
En 1952, Hollywood s’empara de son histoire et en fit un film romancé, The Winning Team.  Étrangement, celui qui portait un prénom inspiré d’un président américain fut interprété par Ronald Reagan, qui devint éventuellement également président.  Son épouse fut de son côté interprétée par Doris Day.
 
En 2001, il fut honoré par les Phillies, sans toutefois qu’on retire son numéro, puisqu’à cette époque, il n’en portait pas.
 
Sources : 
 
Reidenbaugh, Lowell, Baseball’s Hall of Fame, Cooperstown, Where The Legends Live Forever, Arlington House, 1988, p.12-13,
 
“Old Pete”: How Grover Cleveland Alexander got his nickname” de Lenny DiFranza, (baseballhall.com), wikipedia.org.

mardi 22 août 2017

Équipe All-Star des oubliettes #1 : Ducks d'Anaheim





Il y a quelques semaines, l’excellent site “Complete Hockey News” nous a ravi en publiant les équipes “all-star” de chaque franchise de la LNH. La blague étant que les joueurs choisis avaient à peine joué pour l’équipe en question, par exemple Ron Francis, Brian Leetch et Phil Housley avec les Maple Leafs. C’était bien drôle et captivant mais ils ont malheureusement arrêté ces publications sur Facebook car ils recevaient trop de commentaires désobligeants de gens qui ne comprenaient pas l’ironie de la chose et qui se désabonnaient du site… Heureusement, ici sur LVEUP je crois que notre lectorat est plus habitué à ce genre de chose alors je pensais en quelque sorte prendre le relais mais de manière différente.

J’entame donc aujourd’hui une nouvelle série d’articles interminables sur ces joueurs très connus et mêmes légendaires qui n’ont fait que passer dans certaines équipes (normalement en bas de 100 matchs). Le genre de joueur dont on se souvient à peine qu’il ait porté le chandail de ces équipes. Contrairement à Complete Hockey News, je vais cependant me contenter d’un Top 5 par franchise, mais avec bien sûr des mentions honorables. Je prends en compte la notoriété du joueur mais aussi l’effet de surprise de le retrouver dans l’historique des équipes. Ce ne sera donc pas tous des “hall of famers” mais plutôt des joueurs qui sont à des kilomètres des joueurs emblématiques de l’histoire d’une franchise et qui ont pour la plupart été oubliés au fil du temps. Il s’agit bien sûr de mes souvenirs et de mes impressions personnelles alors ceci est très subjectif.

Allons-y donc par ordre alphabétique avec les Ducks (anciennement Mighty) d’Anaheim!


5 - Jari Kurri (82 matchs)

Le légendaire joueur finlandais s’est pas mal promené après son départ d’Edmonton en 1990. Après l’uniforme des Oilers, on l’imagine surtout avec les Kings où il évolua jusqu’en 1996. Il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks pour la saison 1996-97, espérant former un duo électrisant avec une autre vedette finlandaise, Teemu Selanne. Cela ne s’est jamais concrétisé et un Kurri en perte de vitesse n’amassa que 13 buts et 35 points lors de sa seule saison à Anaheim. Il les aida toutefois à participer aux séries pour la première fois de leur histoire mais il signa ensuite un autre contrat d'un an et alla terminer sa glorieuse carrière avec l’Avalanche.


4 - Doug Weight (38 matchs)

Un autre ex-Oiler qui alla prendre un peu de soleil en Californie. Weight était auparavant un membre des Blues depuis plusieurs saisons (excepté un détour comme joueur de location en Caroline en 2006) jusqu’à ce qu’il soit échangé aux Ducks en décembre 2007. Il ne joua que 38 matchs avec les Canards alors champions en titre et passa plusieurs matchs sur la liste des blessés. Il signa ensuite comme agent libre avec les Islanders où il termina sa carrière en tant que capitaine de la jeune équipe dont il est maintenant l’entraîneur-chef.


3 - Steve Thomas
(12 matchs + 21 en séries)

Parmi l’édition des Mighty Ducks finaliste de la coupe Stanley de 2003, plusieurs noms surgissent du passé et pourraient prétendre à se retrouver dans ce top 5; Marc Chouinard, Petr Sykora, Mike Leclerc, Fredrik Olausson et surtout Adam Oates (je le garde pour une autre équipe celui-là). Cependant aucun nom ne m’a autant frappé que celui de Steve Thomas. Cet ancien des Blackhawks, Islanders, Devils et Maple Leafs a marqué plus de 400 buts dans la LNH et a grandement contribué au parcours des Mighty Ducks de 2003 malgré qu’il n’y a joué qu’une trentaine de matchs en incluant les séries. Il s’amena à Anaheim à la date limite des transactions de 2003 et marqua un impressionnant 10 buts en 12 matchs pour clore la saison suite à quoi il récolta 8 points en 21 matchs en séries avant de voir le parcours de son équipe prendre fin en 7 matchs contre les Devils. Il joua une autre saison à Detroit et prit sa retraite en 2004.


2 - Brian Bellows (62 matchs)

Je me suis toujours demandé comment Bellows était lui aussi parti de Montréal peu après la conquête de 1993. Il avait pourtant obtenu un très respectable 33 buts et 71 points en 1993-94. Comme plusieurs de ses coéquipiers, il trébucha après la grève de 1994 et n’obtint que 16 points en 41 matchs. Le CH l’échangea par la suite au Lightning contre Marc Bureau (pas vraiment le même calibre). Il rebondit quelque peu à Tampa Bay mais fut échangé aux Mighty Ducks après seulement 7 matchs en 1996-97. Il ne joua que cette seule saison à Anaheim suite à quoi il joua une demi saison en Europe avec les Capitals de Berlin. Il quitta ensuite l’Europe et termina la saison avec les autres Capitals à Washington. Il participa une fois de plus à une finale de la coupe en 1998 avec les Capitals mais cette fois-ci dans une cause perdante. Il prit sa retraite en 1999.


1 - Mathieu Schneider (65 matchs)

Pour la 1re place, en voici un autre qui s’est beaucoup promené (10 équipes en carrière) et dont la présence dans mon recensement m’a le plus étonné. Pour la plupart des joueurs mentionnés dans cet article, j’avais au moins un vague souvenir de les avoir vu dans l’uniforme des Ducks. Pour Schneider c’était le néant total. Il commençait à ce moment-là sa période bohème/fin de carrière/joueur de location. Il venait de jouer trois saisons respectables à Détroit et était probablement venu apporter de l’expérience et de la profondeur aux Ducks déjà assez garnis à la défense avec des joueurs comme Scott Niedermayer, Chris Pronger et François Beauchemin. Les Ducks s’inclinèrent toutefois en première ronde et Schneider fut échangé aux Thrashers d’Atlanta au mois de septembre suivant. Il fit plus tard un bref retour à Montréal à la fin de la saison 2008-09 suite à quoi il joua une poignée de matchs à Vancouver et à Phoenix pour clore sa carrière en 2010. Il n’était qu’à deux équipes d’égaliser le record de 12 détenu par Mike Sillinger.

C'était donc mon Top 5 des joueurs les plus oubliés de l'histoire des Ducks d'Anaheim. Voici pour conclure quelques mentions honorables (nombres de matchs entre parenthèses):

Radek Dvorak (9), Ray Emery (10), Adam Oates (67), Sheldon Souray (44), Tomas Sandstrom (135), Dany Heatley (6), Tom Kurvers (22).


Dans la prochaine édition, les Bruins de Boston!