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samedi 13 janvier 2018

Excursion LVEUP : De la LNAH à Jonquière




Après environ deux ans sans avoir assisté à un match de hockey, j'ai finalement eu la chance de renouer avec ce rituel qu'on aime tant le 5 janvier dernier lors d'un match de la LNAH à Jonquière entre les Marquis et le 3L de Rivière-du-Loup. 

Il faut dire que ma situation géographique et ma vie personnelle ne m'en laisse pas souvent la chance mais comme nous avions de la visite du Brésil chez moi, nous tenions à les faire sortir un peu, malgré la météo qui s'abstenait à nous convaincre de rester au chaud chez nous. Il s'agissait de toute une excursion d'ailleurs car c'était durant cette grande période de tempête et de froid glacial que l'on vient de vivre à travers de Québec et le trajet pour s'y rendre fut assez compliqué. 

Nous habitons à Alma et pour se rendre au Palais des Sports de Jonquière il existe deux routes; soit vous prenez l'autoroute 170 au sud entre St-Bruno et Jonquière ou vous passez par le nord par la 172, soit par un chemin plus long que la 170 qui nous amène par les villages de St-Nazaire et St-Ambroise. Cependant, après plusieurs enquêtes et appels à inforoute, les grands vents glaciaux que l'on vient de vivre nous empêchaient de passer par la 170 alors que plusieurs tronçons de cette route étaient fermés. J'avais même fait enquête auprès d'amis et cousins de St-Bruno pour savoir si c’était vraiment bloqué ou non. Ils m'ont tous dit qu'ils n'avaient pas pu sortir du village de la journée...

Nous devions donc tenter notre chance par la 172, chose qui ne me tentait pas vraiment. J'avais peur que cette route ne devienne elle aussi impraticable et d'avoir à rebrousser chemin. Nous avons finalement réussi à nous rendre (je roulais tout de même en dessous de la limite de vitesse) et nous avions même de l'avance alors que le match fut retardé d'environ 45 minutes à cause de la tempête. Cela nous a laissé le temps de prendre quelques bières (j'avais des billets et des consommations gratuites offertes par un ami de la famille) et d'explorer les lieux. C'était seulement la deuxième fois que je visitais le Palais des Sports et il s'agit somme toute d'un aréna convenable. 


Palais des Sports de Jonquière



Il s'agit du deuxième plus grand aréna de la région après le Centre Georges-Vézina à Chicoutimi. Il a une capacité de 3200 places et pour ce match il y avait tout de même une foule acceptable de 1100 personnes selon l'annonceur. Autre que le match en tant que tel, il n'y a pas grand chose à voir dans cet aréna, à moins que vous aimiez voir de la publicité régionale un peu partout dans l'aréna. La seule attraction notable est une section en hommage au regretté Pierre Pilote, l'ex-défenseur étoile des Blackhawks. Bien qu'il ait déménagé en Ontario dans son enfance et qu'il n'a pas vraiment joué au hockey avant l'age de 17 ans, Pilote est originaire de Kénogami, une ancienne municipalité devenue un arrondissement de Jonquière (qui a son tour est devenue un arrondissement de Saguenay). Cette statue et cette section de l'aréna en son honneur ont été inaugurés en 2012 et il est même venu d'Ontario pour l'inaugurer.

Les nombreuses publicités sur la glace. On s'habitue à la longue...



La Zone Pierre Pilote

















J'ai toutefois bien aimé regarder les bannières suspendues avec les récents championnats du Marquis. On ne voit pas bien sur cette photo mais il y avait aussi une bannière assez amusante célébrant les 20 ans de l'équipe sous toutes ses incarnations. Ça ressemblait à ça.

Et qu'en était-il du match? J'espérais bien pouvoir offrir une bonne première expérience de hockey à mes invités d'outre-mer, à qui j'avais bien expliqué la différence de niveau entre la LNH et le Semi-Pro. Après les avoir éduqué sur les bases du jeu et à toujours faire attention de ne pas recevoir une rondelle en pleine face, le match débuta. On eut droit somme toute à un fort match. Il s'agissait pour moi de ma deuxième expérience aux Marquis et à la LNAH. Et la première fois ne m'avait pas tant fait trippé. C'était deux ans auparavant contre les défunts River Kings de Cornwall, la pire équipe à l'époque, et on avait quitté le match après la 2e période par fatigue et aussi un peu par ennui alors que les Marquis menait 7-1 après deux périodes. Un match aussi inégal peut être assez ennuyant disons. Il y avait également trop de batailles inutiles à notre goût. Je ne suis pas contre les bagarres au hockey mais quand il y en a trop ça devient lassant. 

Ce match du 5 janvier fut toutefois meilleur à tous les niveaux. Le 3L était une bien meilleure opposition que les River Kings et malgré qu'ils sont avant-derniers dans la ligue au moment d'écrire ces lignes, ils furent la meilleure équipe lors de ce match (Il faut dire qu'il y a désormais seulement 6 équipes dans la LNAH). Ils échappèrent toutefois deux avances de 3-1 et 5-2 face aux Marquis avant de l'emporter en fusillade 6-5. La remontée effectuée par les Marquis était très excitante dans les estrades et mes invités ont beaucoup apprécié. Et on eut seulement droit à trois bagarres, juste assez selon moi. On ne va pas à un match de la LNAH sans s'attendre à au moins une bataille. Encore là c'était assez amusant d'expliquer le pourquoi et le comment de ces bagarres à nos invités. Je vous laisse imaginer la scène avec moi qui explique ça à mon épouse qui elle traduit le tout aux brésiliens.






Bien que les Marquis aient perdu, c'était un bon match des deux côtés et Cedrick Desjardins a volé le show avec un arrêt en effectuant le grand écart durant la prolongation. J'essaie de me rappeler d'autres matchs auxquels j'ai assisté mais c'était probablement le plus bel arrêt que j'ai pu voir en direct (lire dans un aréna) de ma vie. 


L'arrêt du match
Crédit photo: Photos André - jonquière.lnah.com




Du côté des uniformes on était quand même choyé avec les deux meilleures équipes dans la ligue à ce niveau selon moi. C'est certain qu'aucune équipe de la LNAH ne gagnera un concours de logo mais pour les uniformes, on avait droit à un duel tout en vert, une chose assez rare avouons-le. Les Marquis toujours avec leur style Stars de Dallas tandis que le 3L a une version Reebok poche de ce que les North Stars porteraient de nos jours. Il ont au moins fait usage de créativité avec le M de McDo sur les bas... 

Mais le plus amusant pour moi lorsque je vais voir un match d'une équipe d'un niveau que je ne suis pas nécessairement beaucoup, c'est d'analyser l'alignement et d'identifier les joueurs qui selon moi sont les meilleurs ou qui ont vécu les parcours les plus intéressants. La LNAH nous gâte beaucoup à ce niveau.





Du côté du Marquis on retrouve plusieurs joueurs familiers comme l'ancien choix des Thrashers d'Atlanta Alex Bourret ainsi que le gardien Cedrick Desjardins, anciennement du Lightning et de l'organisation du Canadien. Lors de mon premier match il y a deux ans, l'équipe comptait dans ses rangs Benoit Gratton, un ancien joueur des Capitals et du Canadien (8 matchs en 2001-02) qui a roulé sa bosse dans la ligue américaine et en Europe. J'étais triste qu'il ne soit plus là cette année car il a prit sa retraite comme joueur mais il est désormais l'entraîneur-chef des Marquis. 


Le nouvel entraîneur des Marquis Benoit Gratton et Juraj Kolnik (#13)


Toutefois le joueur qui capta le plus mon attention était le slovaque Juraj Kolnik. Son nom me disait quelque chose et effectivement entre deux périodes j'ai consulté mon cellulaire et j'ai découvert qu il a disputé plus de 200 matchs dans la LNH avec les Islanders et les Panthers. Mais il capta mon attention davantage par son choix d'évoluer au Québec dans la LNAH et ce à l'âge de 37 ans. Voulant en savoir plus à son sujet, j'ai découvert que sa conjointe est originaire de Rimouski, endroit ou il a évolué au niveau junior de 1998 à 2000. Il a d'ailleurs obtenu 106 points lors de sa dernière année junior en 99-2000 alors qu'il évoluait avec Brad Richards. Ils ont aussi remporté la Coupe Memorial cette année-là. Il débuta ensuite avec les Islanders qui le repêchèrent en 4e ronde en 1999. Il ne joua qu'une trentaine de matchs avec eux avant de passer aux Panthers en 2002-03 et c'est en Floride qu'il devint un joueur de la LNH à temps plein. Sa meilleure saison fut celle de 2005-06 ou il obtint 15 buts et 20 passes pour 35 points. Il quitta pour la suisse en 2007-08 et évolua pour plusieurs équipes dans les années suivantes. Il tenta également de percer dans la KHL avec le Dynamo de Moscou mais cette expérience ne dura que 8 matchs suite à quoi il retourna en Suisse. Il revint au Québec en 2014 avec les défunts Prédateurs de Laval mais joua l'année suivante dans la ligue Britannique avant de revenir encore au Québec, cette fois avec les Marquis pour la saison 2016-17.

C'était donc une bonne petite soirée de hockey. La LNAH et les Marquis offrent un bon spectacle et on doit applaudir l'effort qu'ils ont fait pour réduire leur image de ligue de goons. On retrouve encore de la robustesse mais aussi du bon hockey et des bons joueurs. 

Ah oui, après tout ça il fallait bien revenir de Jonquière et la route était encore pire en revenant. La neige s'est accumulée sur la route près de St-Ambroise et j'ai légèrement bifurqué dans un banc de neige. Mes invités brésiliens ont donc goûté à la joie de pousser une auto à -30 degrés. Le lendemain, certaines maisons avaient l'air de ça dans le coin de St-Bruno...





mercredi 10 janvier 2018

Jimmy Orlando


Bien qu’originaire de Montréal, c’est dans l’organisation des Red Wings que se retrouva Jimmy Orlando et c’est en 1936-37 qu’il joua ses premiers matchs à l’échelon le plus élevé.  Bien qu’en ayant joué seulement 10 matchs, il n’aurait pas dû se qualifier, il bénéficia malgré tout du succès des Wings lorsque son nom fut inscrit sur la Coupe quand même.
 
Après avoir fait quelques allers-retours entre l’International-American Hockey League (l’ancêtre de la Ligue américaine) et Détroit, c’est en 1939-40 que le défenseur qui n’avait pas froid aux yeux se fit une place dans la ville de l’automobile.
 
Si à sa première saison, l’équipe était plutôt faible, elle fit des progrès pour atteindre la finale en 1940-41 et en 1941-42.  Sur une base personnelle, on peut aussi dire qu’à sa manière, Orlando a progressé puisqu’en 1940-41, il a mené la ligue pour les minutes de punition et terminé deuxième l’année suivante.
 
Mené par Johnny Mowers devant les buts, les Red Wings ont finalement remporté la Coupe Stanley en 1942-43.  Orlando a aussi fait sa part, avec 99 minutes de pénalité, le sommet de la ligue, lui qui ne dédaignait pas utiliser son bâton de plusieurs façons.  Pour sa deuxième Coupe, il y a cette fois pleinement contribué.
 
Cette Coupe a toutefois représenté une fin abrupte d’un cycle.  En raison de la guerre, Mowers se retrouva dans l’armée.   La guerre eut également une influence sur la carrière d’Orlando lorsqu’il fut arrêté par le FBI pour avoir prétendu occuper un emploi essentiel à l’effort de guerre.  Il s’en tira en joignant l’Armée canadienne et en allant se battre sous les drapeaux.
 
À son retour, il se retrouva dans la Ligue senior du Québec, d’abord avec les Braves de Valleyfield, puis avec le Royal de Montréal.  Dans la métropole québécoise, Orlando eut une vie mondaine qui ne passa pas inaperçue, principalement lorsqu’il eut une relation avec celle qui créait le scandale à l’époque, l’effeuilleuse Lili St-Cyr. (De son véritable nom Willis Marie Van Schaak, cette américaine d’origine hollandaise fit les beaux jours du Théâtre Gayety de la rue Sainte-Catherine.)  De son propre aveu, elle n’était une grande amatrice de hockey, mais elle se rendait tout de même au Forum sur une base régulière pour admirer son compagnon et ce, sans la moindre discrétion.  Orlando fut également gérant du club El Morocco, qui appartenait au promoteur de lutte Eddie Quinn.
 
Sur la glace, il conserva le même style, tout en ayant la fâcheuse habitude de se montrer particulièrement hargneux envers le trio du St-François de Sherbrooke qui comprenait les frères Carnegie et Manning McIntyre.  Ces trois joueurs avaient comme particularité d’être noirs…
 
De retour avec Valleyfield, il les aida, encore une fois à sa façon, les Braves à remporter le championnat national, la Coupe Alexander, avant de prendre sa retraite.
 
Il travailla plus tard comme arbitre à la lutte, en plus d’être propriétaire de boîtes de nuit.  Il se fit également remarqué lorsque, lors de l’émeute de Maurice Richard, il était au Forum et prit ses poings pour se porter à la défense de Clarence Campbell. 
 
Orlando mourut en 1992, à l’âge de 76 ans.
 
Sources : Legault, Gaston, Il était une fois… les Braves, 1936-1955, 2007,
 
McNeil, David, In the Pressure of the Moment: Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.32 à 35,
 
« Orlando arbitrera le combat entre Cortez et Cato », 12 avril 1953, Le Canada, p.27, wikipedia.org.

vendredi 5 janvier 2018

De pads de cuir à aujourd'hui







Dernièrement, j'ai fait l'acquisition d'un duo bloqueur/mitaine Cooper GM12 datant des années '70. Probablement pour garnir sa "man-cave" lorsque ses garçons auront fini des les utiliser pour le hockey de rue, KeithActon me les a rachetés (sans que je fasse le moindre profit ; entre puckeux, on peut bien s'entraider ;) )

Les gants qui font maintenant partie de la collection de KeithActon

Cet achat m'a tout de même permis de les comparer à mes gants que j'utilise présentement (des Reebok P4 14K). Malgré plusieurs améliorations, les gants de gardiens sont restés tout de même assez semblables (sauf peut-être la mitaine qui ressemblait à un gant de joueur de 1er but au baseball). Je n'avais pas de jambières d'époque pour comparer, mais à partir de la fin des années 1980, elles ont considérablement changées.

Un bel exemple de la déformation des anciennes jambières
Jusque là, la norme était des jambières de marque soit Kenesky, Cooper ou Jofa. Elles étaient fait de cuir, rembourré essentiellement avec du crin de cheval, du cotton et du kapok, une fibre utilisé pour le rembourrage de meubles. Malgré toutes les belles intentions des manufacturiers de jambières, elles se déformaient avec le temps, absorbaient énormément d'eau de la patinoire et devenait de plus en plus lourde à mesure que le match avançait. Les moyens monétaires n'étant pas ce qu'ils sont non plus aujourd'hui, aucun gardien ne pouvait se permettre d'avoir une paire de jambières sèche qui l'attendait dans le vestiaire pour la période suivante !

Est apparu vers la fin des années 80 un prototype de jambières fait de matériaux synthétique, développé par Jim Lowson, sous le nom "Winlite". Ces jambières étaient beaucoup plus légères et imperméables. En plus, elles offraient une meilleure protection aux jambes, donnant l'impression que la jambe était encastrée dans la jambière (communément appelé "leg channel"). Également, exit les courroies en cuir et les attaches en métal (sauf sous le patin), les courroies étaient en tissus et les attaches en plastique. Plusieurs gardiens de la LNH les essayèrent, mais peu décidèrent de les conserver pour des matchs. Malgré tout, Greg Millen enfila les "Winlite" lors de son séjour à St-Louis. Réjean Lemelin, alors à Calgary, estimait d'ailleurs que c'est l'apparition de ces jambières qui avait sauvée sa carrière. Souffrant de maux de dos chroniques, ces nouvelles jambières, ne pesant que le tiers des jambières contemporaines, lui ont permis de donner un second souffle à sa carrière, devenant un excellent 2e gardien avec les Bruins de Boston. Lemelin a pris sa retraite suite à la saison 1992-93, lorsqu'il réalisa qu'il était peut-être rendu trop vieux, puisque un de ses coéquipiers lui a demandé la permission de cotoyer sa fille, Stephanie Lemelin.


Un extrait des dessins sur la demande de brevet de Lowson pour ses jambières

Lemelin en Winlite

Presqu'au même moment, Pete Smith avait lui aussi développé un prototype semblable, qu'il distribuait via "Aeroflex". Ces jambières étaient beaucoup plus populaire dans la ligue, portées par les Darren Puppa, Jacques Cloutier, Réjean Lemelin (suite à la disparition de "Winlite"), Greg Millen, Matt DelGuidice, Mark Laforest, etc. Cependant, aucun de ces gardiens n'était une vedette ou, à tout le moins, avait remporté une coupe Stanley tout en défendant le filet avec ces jambières. Le hockey étant très conservateur, les autres gardiens ne voyaient pas d'avantage à changer leur bonnes vieilles jambières.

Certains représentants de la famille Aeroflex

Lors de la saison 1990-1991, Tom Barrasso des Penguins de Pittsburgh, ancien coéquipier de Puppa et de Cloutier avec les Sabres, connaissait un début de saison ordinaire, avec une fiche de 4v - 7d - 1n. Il demanda donc à Pete Smith (maintenant chez Vic Hockey, ses "Aeroflex" ayant été rachetées par ces derniers) de lui confectionner des jambières afin de remplacer ses jambières conventionnelles. Grâce, entre autres, à ses nouvelles jambières, il aida les Penguins à remporter la coupe Stanley lors de deux saisons consécutives. La révolution était lancée !

Barrasso avec ces jambières Brown qu'il n'appréciait pas (à gauche) et avec ses jambières victorieuses (à droite)

Pete Smith a par la suite travaillé chez "Vaughn", où il a développé la ligne "Velocity". Depuis l'arrivée de ces jambières en 2000, toute la ligne d'équipement de gardien chez "Vaughn" est complétement synthétique. Suite à une mésentente avec les dirigeants de "Vaughn", il quitta pour développer et vendre ses jambières sous le nom de "Smith Hockey". Depuis 2011, il est désormais la tête dirigeante de la division gardien de but chez "Warrior Hockey"

La popularisation du style papillon par Patrick Roy apporta aussi son lot d'améliorations. Michel et Patrick Lefebvre ont commencé à fournir les jambières de Roy vers 1989 (sous la marque Lefebvre), avant de devenir fabriquant pour Koho (et par la suite Reebok et CCM). François Allaire (entraîneur de Roy des gardiens du Canadien) et Roy travaillait étroitement avec les Lefebvre afin d'améliorer les jambières et de les rendre "compatibles" avec le style de jeu de "Casseau". Cependant, jusqu'à la fin des années 1990, les jambières de Roy était encore fait à "l'ancienne méthode".

D'ailleurs, Michel Roy raconte un fait intéressant dans son livre "Le Guerrier". À l'été 1992, Robert Sauvé convainc Roy de s'associer avec l'équipementier "Koho". Il aurait ainsi un équipement bleu-blanc-rouge et, bien entendu, une rétribution monétaire. Jusqu'à lors, Roy portait un peu n'importe quoi comme équipement (par exemple, un bloqueur Ferland, une mitaine Brian's et les jambières Lefebvre). Cependant, Roy ne se plaisait pas dans ses nouvelles jambières et leurs nouvelles composantes. Après avoir subit la défaite à ses 5 dernières sorties de la saison 1992-93, Roy en eu assez. Il débarqua chez les Lefebvre avec comme mission de vider les jambières et de les rebâtir par l'intérieur. Après une nuit blanche, les Lefebvre livrèrent les jambières à Roy. Après les avoir essayé dans le hall, il leur lança : "Avec ça, je vais gagner la coupe Stanley". La suite fait parti de l'histoire !
 
C'est subtil, mais on remarque l'affaissement dans le bas des jambières modifiées de Roy lors des séries de 1993 VS les originales au match des étoiles

Plusieurs autres innovations sont rendues monnaie courante dans le monde des jambières. Le "knee pad" (pièce qui sert de coussin entre le genou et la glace lorsque le gardien est en position papillon) est apparu au milieu des années 1990, la façon d'attacher les patins aux jambières ne cessent d'évoluer, les "straps" en cuir ont de moins en moins la cote, remplacé par des bandes élastiques et velcro, etc.. 

Aujourd'hui, commander des jambières "non-stock" est pratiquement devenu un art, tellement il y a des options, afin de maximiser la performance d'un gardien selon ses habilités, que ce soit au niveau compétitif élevé ou même de "beer league".

Sources :
- http://www.chicagotribune.com/sports/hockey/blackhawks/ct-hockey-goalies-gear-through-the-ages-20150614-htmlstory.html
- http://modsquadhockey.com/forums/index.php?/topic/61565-warrior-ritual-full-set-ltr-the-ritual-calling-of-a-goaltender/
-        http://www.google.com.pg/patents/US4868926
-        http://ingoalmag.com/interviews/ask-a-pro-with-warriors-pete-smith/
-        https://warriorhockey.com/2016/09/30/30-years-of-innovation/
-        https://warriorhockey.com/2015/10/23/a-new-goalie-product-manager-joins-warrior-hockey/
-        https://goalie.purehockey.com/support/lefevre_factory_tour/pg_id/7003/
-        http://ingoalmag.com/news/ask-a-pro-michel-and-patrick-lefebvre/
-        http://hockeygoalies.org/bio/barrasso.html
-      Roy, M. (2007) La coupe de la reconnaissance, Le Guerrier (p.335-3360), Montréal, Libre Expression

mercredi 3 janvier 2018

Des matchs entiers à la télé



C’est le 11 octobre 1952 qu’eut lieu la première télédiffusion de la Soirée du hockey, à Radio-Canada.  Ce soir-là, René Lecavalier a décrit une victoire des Canadiens au Forum, 2-1 sur les Red Wings.
 
La Patrie, 11 octobre 1952
(À noter que c’est seulement le 1er novembre 1952 qu’un premier match a été télédiffusé du côté anglophone.  Lors de la première d’Hockey Night in Canada, Foster Hewitt a alors décrit une victoire des Maple Leafs de 3-2 sur les Bruins, au Maple Leaf Gardens.  Lecavalier est donc l’ultime pionner au Canada.  Par contre, aux États-Unis, le premier match remonte au 25 février 1940, lorsque NBC diffusa une victoire des Rangers de 6-2 face aux Canadiens.)
 

Toutefois, en octobre 1952, cette nouveauté n’est arrivée qu’en partie.  Comme on craignait que la présence de la télé fasse baisser la demande pour les billets, on ne diffusa que la troisième période, alors que la marque était déjà 1-1.  Pourtant, un téléviseur demeurait à ce moment un objet qui n’était pas à la portée de toutes les bourses.  Cette appréhension n’était toutefois pas sans fondement, puisque plusieurs formes de sortie de divertissement ont pâti de l’arrivée de la télévision, comme le cinéma ou même les ligues seniors.
 
319$ en 1952 = 2970$ en 2017
950$ en 1952 = 8846$ en 2017
 
En octobre 1957, la famille Molson fut impliquée à nouveau avec le Club de hockey Canadien.  (Herbert Molson avait été impliqué dans la construction du Forum en 1924.  De 1957 à 1972, l’équipe a appartenu au sénateur Hartland de Montarville Molson et à son frère Thomas Henry.  La Brasserie Molson l’a détenu de 1978 à 2001 et un groupe comprenant Geoff, Andrew et Justin Molson la possède depuis 2009.)  Mais à ce moment, on peut voir dans l’édition du 5 octobre 1957 de Parlons Sport qu’un des grands espoirs est que les Molson permettent enfin la diffusion des matchs en entier. 
 
 


Ça ne s’est toutefois pas réalisé, ou pas immédiatement du moins.  Ce n’est finalement qu’en octobre 1968, deux ans après le début des reportages en couleur, que les matchs ont été diffusés en entier.
 
C’est en 2004 que la Soirée du hockey a cessé d’être diffusée.
 
Sources : ″La Soirée du hockey au petit écran″, 11 octobre 2017, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), ″Highlights in the History of ′Hockey Night in Canada′″, Canadian Press, 10 mars 2014, The Hockey News (thehockeynews.com), Feuille de calcul de l'inflation (banqueducanada.ca), wikipedia.org.

samedi 30 décembre 2017

Équipe All-Star des oubliettes #4 - Flames de Calgary





J’en suis maintenant à ma 4e équipe All-Star des oubliettes et je commence à mieux définir mes critères de sélection. Il faut rappeler que tout ça est très subjectif et mes souvenirs et impressions de tel ou tel joueur peuvent varier des vôtres. J’essaie de consulter mes collègues de LVEUP pour mes candidats mais généralement nous n’arrivons pas toujours au même consensus. Anyway, comme je disais je redéfinis constamment mes critères de sélection et voici donc un résumé de ces critères en ce moment.

- Le joueur doit généralement avoir joué moins de 100 matchs avec la franchise. Cependant j’accepte plus de 100 dans quelques cas spécifiques mais jamais plus de 200. Ainsi lorsque le joueur ne joue qu’une poignée de matchs avec l’équipe cela aide grandement à le faire entrer dans le top 5.

- J’essaie d’ignorer les joueurs ayant débuté leur carrière dans l’équipe avant d’avoir quitté rapidement cette dernière. Normalement nous avons tous en mémoire des cas de joueurs repêchés par une équipe mais qui ont connu du succès ailleurs. Il y a d'ailleurs déjà un million d’articles du genre où on nous rappelle les erreurs commises par plusieurs équipes (Cam Neely à Vancouver, Phil Esposito à Chicago etc…) et je n'aime pas faire comme les autres. Dans le cas des Flames, on retrouve plusieurs joueurs du genre (Brett Hull, Martin St.Louis…) que l'on ne retrouvera pas dans cette liste.

- Le facteur “Bizarre. Souvent, ce qui m’aide à choisir un joueur c’est de le voir dans l’uniforme. Il y a des cas flagrants où ça jure totalement avec le joueur et/ou l’équipe, dans le genre de voir Guy Lapointe ou Mats Naslund avec les Bruins…

- L’amnésie collective. Quelquefois, un joueur a tellement peu laissé d’impact dans une équipe, ce qui fait qu’il y a peu de gens qui se souviennent de lui dans tel uniforme, même dans la ville concernée. On préfère oublier dans ces cas-là. Si le parcours du joueur est plus récent (genre 2010) et que je m’en rappelle autant qu’un joueur des années 70, c’est un facteur déterminant dans ma sélection.

Donc voilà. Passons maintenant au Top 5 des oubliés des Flames.

5. Tony Amonte161 matchs (2005-07)

Je commence ici avec une exception à ma règle arbitraire de moins de 100 matchs avec un joueur qui approche même le cap des 200. Normalement, au dessus de 100 matchs, on est pratiquement garanti de se rappeler du joueur dans l’uniforme en question mais dans le cas d’Amonte ici, j’avoue ne pas trop m’en souvenir. Le fait est que je l’associe tellement plus aux Blackhawks ou aux Rangers et sa fin de carrière m’est un peu sortie de l’esprit. Il s’amena à Calgary au retour du lock-out en 2005 et y joua deux saisons complètes comme joueur de soutien. Il y marqua toutefois son 400e but en carrière.


4. J-S Giguère - 22 matchs / Grant Fuhr - 23 matchs / Ken Wregget - 27 matchs (1998 à 2000)

Je combine ici trois gardiens qui ont joué à peu près le même nombre de matchs avec l’équipe durant la même période soit la fin des années 90 alors que l’équipe se cherchait pas mal avant l’arrivée de Miika Kiprusoff. Comme Martin St.Louis, on remet souvent le cas de Giguère sur le tapis dans les discussions des échecs des Flames, mais dans son cas, il faut se rappeler que les Flames étaient la 2e équipe à abandonner dans son cas après les Whalers de Hartford. Dans le cas de Fuhr et Wregget, il s’agissait de deux cas de fin de carrière. Le cas de Fuhr est assez marquant pour le facteur “Bizarre” alors qu’on est plus habitué de le voir de l’autre côté de la bataille de l’Alberta avec les Oilers.

3. Owen Nolan 77 matchs (2007-08)


Après les Nordiques et les Sharks (et 9 matchs au Colorado), le parcours de Nolan dans la LNH fut plutôt nomade. Il joua une saison et demie à Toronto avant le lock-out et son séjour dans la ville reine fut plutôt controversé dû à des blessures, des performances insatisfaisantes et des problèmes de contrat. Il prit finalement une année sabbatique pour se remettre de ses blessures en 2005-06 et revint l’année suivante avec les Coyotes de Phoenix où il joua un an avant de finalement aboutir à Calgary en 2007-08. Il n’était plus alors le joueur dominant qu’il était avec les Sharks et les Nordiques et il se contenta d’une saison de seulement 32 points. Après cette seule saison à Calgary, il joua 2 dernières saisons avec le Wild et une autre en Suisse pour terminer sa carrière en 2011.

2. Garry Unger 79 matchs (1979-80)
J’inclus un joueur de la franchise à Atlanta ici avec Garry “Iron Man” Unger, un joueur culte de l’histoire des Blues de St.Louis où il fut la vedette pendant les années 70 et où il connut 8 saisons consécutives de 30 buts et plus en plus d’être capitaine pendant une saison. Il avait également connu un bon début de carrière avec les Red Wings auparavant mais fut chassé de l’équipe parce qu’il refusait de se couper les cheveux (pas une joke). C’est en 1979-80 qu’il quitta finalement St.Louis alors qu’il fut échangé aux Flames pour leur dernière saison à Atlanta. Il était alors le détenteur du record pour les matchs joués consécutifs et ce depuis 1976, d’où le surnom “Iron Man”. C’est toutefois avec les Flames que sa séquence se termina à 914 matchs lorsqu’il fut laissé de côté par l’entraîneur Al MacNeil. Son record fut plus tard battu par Doug Jarvis. Son passage à Atlanta fut donc peu mémorable. Il était alors en pleine crise spirituelle et devint d’ailleurs un “born again Christian” durant ce séjour à Atlanta. Il joua ensuite à Los Angeles le temps de quelques matchs et 3 autres saisons sans histoire avec les Oilers avant de prendre sa retraite en 1983.


1. Curtis Joseph
9 matchs (2007-08)


Le détenteur du 5e rang pour les victoires en carrière avec 454 n’en a récolté que 3 avec les Flames alors qu’il occupait un rôle de gardien substitut avec l’équipe vers la fin de sa carrière. Il signa avec l’équipe en janvier 2008 et ne joua en tout que 9 matchs avec eux. Il termina ensuite sa carrière la saison suivante en effectuant un retour avec les Maple Leafs où il avait joué de 1998 à 2002.


Mentions honorables:
Atlanta:
Reggie Lemelin (21 matchs 1978-80)
Dick Redmond (42 matchs 1977-78)
Ivan Boldirev (65 matchs 1978-80)

Calgary:

Brian Boucher (3 matchs 2005-06)
Fredrik Modin (4 matchs 2010-11)
Nikolai Borschevsky (8 matchs 1994-95)
Chris Higgins (12 matchs 2009-10)
Devin Setoguchi (12 matchs 2014-15)
Brian Skrudland (16 matchs 1992-93)
Claude Lapointe (32 matchs 1995-96)
Brett Hull (57 matchs 1985-88)
Gary Leeman (1991-93)
Kelly Kisio (1993-95)
Martin St.Louis (69 matchs 1998-00)
Dwayne Roloson (70 matchs 1996-98)
Chris Drury (80 matchs 2003-03)
Rob Ramage (80 matchs 1987-89)
Dave Gagner (82 matchs 1996-97)
Brendan Morrison (94 matchs 2010-12)
Steve Smith (102 matchs 1998-01)
Rob Niedermayer (111 matchs 2001-03)

jeudi 28 décembre 2017

Mise à jour sur les mascottes de la LNH


En décembre 2009, dans les premiers balbutiements du site, j'ai écrit un article où je faisais le tour de toutes les mascottes de la NHL. J'avais par la suite fait un sondage auprès des premiers lecteurs du blogue afin de savoir quelle était leur mascotte préférée qui n'est pas Youppi, quand même... Les lecteurs avaient nommé Blades, la mascotte des Bruins, comme leur préférée. Étrangement, ce texte est toujours lu, ce qui fait qu'une petite mise à jour sur ce qui fait dans les mascottes de la LNH depuis décembre 2009 pour vous mettre à jour sur le sujet!



Voici donc ce qui s'est déroulé dans la LNH depuis 2009:

-Suite au déménagement des Thrashers d'Atlanta, Thrash, cette mascotte à qui on a ajouté des dreads un jour lors de cette période où étrangement, les Thrashers voulaient acquérir le plus de joueurs de couleur possible pour officieusement attirer le marché afro-américain, a été mis au rancard, suite au déménagement de l'équipe en 2011... J'ose penser que personne ne s'ennuiera de



-Suite au déménagement des Thrashers à Winnipeg pour devenir les Jets, cette équipe fit de Mick E. Moose, la mascotte du Moose du Manitoba, lors de l'arrivée de l'équipe en 2011. Cette mascotte ayant été pendant près de 15 ans la mascotte de la très populaire équipe. C'est donc dans le souci de marquer le lien d'attachement entre les fans du Moose, qui prenaient alors le chemin de St-John's et l'arrivée des Jets qu'on décida de "rappeler" Mick E. Moose du club-école des Jets. De plus, avec le retour du Moose l'an dernier, Mick agit comme mascotte des deux équipes.



-Les propriétaires de Jets ne savent toujours pas où est passé la mascotte de la première incarnation de l'équipe, Benny...



-Lorsqu'ils ont introduit leur troisième chandail arborant le célèbre canon qui retentit lors de chaque but de l'équipe, les Blue Jackets de Columbus ont introduit une mascotte nommée Boomer. Cette mascotte gonflable en forme de canon ne fit pas l'unanimité apparemment en raison de sa forme phallique. Je dois être moins tordu, parce que le fait d'avoir l'air d'un organe sexuel n'était pas nécessairement la chose la plus traumatisante pour moi.  Je dirais que les roues sur les côtés de la mascotte et le style mascotte gonflable étaient plus choquantes, du moins, ça ne me faisait pas penser à un pénis... Néanmoins, Boomer fut très rapidement mis sur la touche... On remercie les Blue Jackets d'avoir abandonné cette horreur...


Les Jackets sont depuis revenus à Stinger, un "yellowjacket" (une guêpe).  Yellowjacket, Blue Jacket, la comprenez-vous?  Mais il n'est plus jaune, mais bien vert...


-Lors du déménagement des Islanders à Brooklyn, la direction du Barclays Center décida de ne pas déménager Sparky the Dragon, mascotte très associée au Nassau Coliseum. Je vous rappelle que Sparky était à l'origine la mascotte des Dragons de New York, une équipe de football d'aréna. Après quelques mois suite à l'arrivée des Islanders à Brooklyn, la direction du Barclays Center décida d'introduire à nouveau Sparky. C'est donc entre deux périodes d'un match entre les Islanders et les Maple Leafs que Sparky sortit de sa courte retraite!


-Lorsque les Stars de Dallas ont fait leur changement de chandail en 2014,  les Stars ont introduit une mascotte nommée Victor E. Green. Probablement le cousin du Phillie Phanatics et du Green Monster, cette mascotte avec des bâtons de hockey comme antennes est la première mascotte des Stars.


-L'an dernier, lorsque les Kings de Los Angeles firent du Reign d'Ontario leur club-école dans la AHL et introduisirent un chandail ressemblant au chandail du début des années 90, ils firent d'une pierre deux coups.  Ils réintroduisirent leur mascotte de la même époque, Kingston, comme mascotte du Reign. Malgré que Bailey, la mascotte des Kings, soit une des mascottes les plus cools de la NHL, je me demande pourquoi on a remisé cette mascotte qui est quand même cool. 


-La mascotte non-officielle des Whalers d'Hartford, Pucky the Whale, a été une mascotte du Whale du Connecticut lors du bref moment où le Wolfpack d'Hartford utilisa ce nom.  On s'était donc inspiré de la petite baleine sur les épaules des Whalers lors de l'entrée de l'équipe dans la LNH.  Depuis que le Whale redevint le Wolfpack, Pucky est devenue la mascotte des quelques fans de hockey du Connecticut qui veulent le retour du hockey de la LNH dans ce coin de pays.  La mascotte porte le logo de la baleine qui était sur les épaules des Whalers comme chandail...



-Les Oilers ont depuis janvier Hunter, un lynx.  Il s'appelle ainsi en l'honneur de "Wild Bill" Hunter, le fondateur de l'équipe.  Peut-être que Youppi aurait dû s'appeler O'Brien?  De plus, il porte le numéro 72, l'année de fondation de l'équipe (comme c'est souvent le cas pour les mascottes). 



-Le plus récent membre de la confrérie des mascottes est Chance, un monstre de Gila, ou si vous préférez une sorte de lézard lent et venimeux, qui anime les matchs des Golden Knights.  Reste à voir si les enfants veulent recevoir un câlin d'un lézard venimeux...