jeudi 24 avril 2014

Les capitaines : Chicago









Les Blackhawks de Chicago viennent au deuxième rang au nombre de joueurs ayant été nommés capitaines avec 34. L'équipe n'a pas toujours été stable comme aujourd'hui. Elle a connu plusieurs périodes sombres et d'innombrables saisons de reconstruction et on peut bien le voir ici en parcourant les nombreux capitaines qu'elle a eu durant son histoire.





1. Dick Irvin - 1926-1929
Irvin était un vétéran de plusieurs saisons dans plusieurs ligues de l'ouest canadien avant de se joindre aux Black Hawks de Chicago en 1926 à l'âge de 34 ans. Il fut nommé le premier capitaine de l'histoire de l'équipe et finit premier compteur de l'équipe. À sa deuxième saison avec Chicago, il eut une fracture du crâne qui mit éventuellement fin à sa carrière. Il fit le saut derrière le banc des Hawks et sera plus tard entraineur des Maple Leafs et surtout du Canadien, qu'il sortit de leur torpeur au début des années 40. Il fait partie du temple de la renommée et est troisième derrière Scotty Bowman et Al Arbour au niveau des victoires.

2. Duke Dukowski - 1929-1930
Wladislaw Laudas Jozef Dukowski, surnommé "Duke", fur capitaine l'espace d'une saison. Il joua auparavant dans différentes ligues dont la AHA et la WHL. Il fut envoyé aux American de New York en 1931 et termina sa carrière avec les Rangers en 1934.

3. Ty Arbour - 1930-1931

Arbour joua 1 saison avec les Pirates de Pittsburgh avant de s'amener à Chicago en 1927. Il succéda à Dukowski pour ce qui fut sa dernière saison dans la LNH en 1930-31 avant de terminer sa carrière dans les mineures en 1936.

4. Marvin "Cy" Wentworth - 1931-1932

Wentworth formait à l'époque un solide duo défensif avec un certain Taffy Abel et était un leader au sein des Blackhawks qui le nommèrent capitaine en 1931. Cependant, les Maroons de Montréal offrirent 10,000$ aux Blackhawks pour acquérir Wentworth qui stabilisa la défense des Maroons qui remportèrent la coupe en 1935. Il termina sa carrière avec les Canadiens en 1940.

5. Helge Bostrom - 1932-1933

Vétérans des ligues mineures, Bostrom fit son entrée dans la LNH à l'âge de 35 ans avec Chicago. Il sera capitaine pour seulement 18 matchs en 1932-33 avant d'être libéré par l'équipe. Il retourna dans les mineures et termina sa carrière en 1936.

6. Charlie Gardiner - 1933-1934

Un des meilleurs gardiens de but de son époque, Gardiner fut nommé capitaine suite à un vote unanime de ses coéquipiers au début de la saison 1933-34. Il est le deuxième gardien de l'histoire à être nommé capitaine et le seul à mener son équipe à la Coupe Stanley, remportée durant cette même saison 1934. Il avait cependant des problèmes d'infection aux amygdales depuis quelques années et il décéda en juin 1934, 2 mois après avoir gagné la coupe et un deuxième trophée Vezina. Il fut introduit au temple de la renommée en 1945.

7. Johnny Gottselig - 1935-1940

Après 5 capitaines consécutifs qui n'ont été en poste qu'une seule saison, les Blackhawks nommèrent Gottselig, le premier joueur né en Russie à jouer dans la LNH. Il occupa le poste de capitaine pour 5 saisons avant de passer 2 saisons dans la ligue américaine de 1940 à 1942. Il retourna à Chicago par la suite (mais ne sera plus capitaine) et jouera jusqu'en 1944. Il deviendra par la suite entraineur de l'équipe jusqu'en 1948. Il gagna 2 coupes avec Chicago comme joueur (1934,1938) et une comme administrateur (1961).

8. Earl Siebert - 1940-1942
Un joueur important de la conquête de la coupe Stanley en 1938, Siebert est malheureusement plus reconnu comme celui qui causa la blessure (et ensuite la mort) du légendaire Howie Morenz en 1937. Cet incident traumatisa Siebert mais il continua à jouer efficacement pour les Blackhawks jusqu'en 1945 et sera capitaine pour 2 saisons avant de laisser sa place. Il termina sa carrière dans la LNH avec les Red Wings en 1946. Il sera introduit au temple de la renommée en 1963.

9. Doug Bentley - 1942-1944, 1949-1950

Bentley en était à sa 4ème saison dans la LNH lorsque les Blackhawks le nommèrent capitaine en 1942. Il connut alors une explosion offensive et finit la saison avec 73 points, un record à l'époque. Il forma un excellent trio avec son frère Max pendant plusieurs saisons dans les années 40. Il eut deux termes de capitaine avec les Hawks où il joua jusqu'en 1951. Il quittera la LNH en tant que membre des Rangers en 1954 mais jouera au hockey jusqu'en 1962 dans la WHL. Il joignit le temple de la renommée en 1964.

10. Clint Smith - 1944-1945

Vétéran de 7 saisons avec les Rangers où il gagna la coupe en 1940, Smith joignit les rangs des Blackhawks en 1943 et connaitra ses meilleures saisons offensives avec eux. Il se retira de la ligue en 1947 et devint joueur entraineur dans la USHL. Martin a écrit un texte à son sujet que vous pouvez lire ici.

11. John Mariucci - 1945-1946, 1947-1948
Plus connu comme étant le "Parrain" du hockey au Minnesota, Mariucci était un des rares joueurs américains à s'établir dans la LNH à l'époque. En tout sa carrière dans la LNH ne dura que 5 saisons, toutes avec les Blackhawks, dont 2 en tant que capitaine. Il deviendra par la suite entraineur à l'université du Minnesota avec les Golden Gophers et entrainera un jeune Herb Brooks. Il sera aussi assistant au directeur général avec les North Stars de 1967 jusqu'à sa mort en 1987.

12. Red Hamill - 1946-1947
Hamill joua 7 saisons à Chicago après avoir passé plusieurs saisons à Boston sans pouvoir percer l'alignement. Il fut capitaine l'instant d'une saison entre deux termes de John Mariucci. Il joua jusqu'en 1951.

13. Gaye Stewart - 1948-1949

Joua pour 5 des 6 équipes "Original 6" pour un total de 10 saisons dont 3 avec Chicago. Benoit a écrit un article à propos de lui que vous pouvez lire ici.

14. Jack Stewart - 1950-1952
Stewart était un défenseur vétéran de 10 saisons avec les Red Wings lorsqu'il s'amena à Chicago dans un échange impliquant 9 joueurs, le plus gros de l'histoire à l'époque. Il venait de gagner la coupe avec les Red Wings l'année précédente et les Hawks le nommèrent immédiatement capitaine. Cependant les blessures eurent raison de lui et se retira après la saison 1951-52.

15. Bill Gadsby - 1952-1954
Gadsby joua 21 saisons et plus de 1200 matchs dans la LNH sans toutefois remporter la coupe Stanley. Il commença sa carrière avec Chicago où il joua de 1946 à 1954, étant capitaine pour 2  saisons avant d'être échangé aux Rangers. ll terminera sa carrière avec les Red Wings en 1966 et sera également entraineur avec Detroit de 1968 à 1970.

16. Gus Mortson - 1954-1957

Mortson était un des joueurs les plus détestés de son époque mais également un excellent défenseur qui remporta 4 coupes Stanley en 6 ans avec Toronto avant d"être échangé aux Blackhawks en 1952. Il succéda à Gadsby comme capitaine et occupa ce titre pendant 3 saisons. Il jouera aussi à Detroit et terminera sa carrière en 1967 dans les rangs mineurs.

17. Ed Litzengerger - 1958-1961
Capitaine lors du retour des Blackhawks en tant qu'équipe compétitive. Il remportera la coupe avec les Hawks en 1961. Excellent texte de Benoit à son sujet, je n'irai donc pas plus loin dans son cas.

18. Pierre Pilote - 1961-1968

Pilote fut le "pilote" de la défense des Blackhawks pour 13 saisons et deviendra le capitaine au plus long mandat de l'histoire de l'équipe en étant en poste pour 7 saisons complètes. Il gagna 3 fois le trophée Norris et sera nommé au temple de la renommée en 1975. Son numéro 3 fut retiré en 2008. Il est également originaire de Kénogami où il a maintenant une statue à son éffigie.

19. Pat Stapleton - 1969-1970

Après une saison 1968-69 sans capitaine suite au départ de Pilote, les Blackhawks nommèrent Stapleton comme capitaine. Il en était alors à sa 5ème saison avec l'équipe. Cependant les Blackhawks retirèrent la position de capitaine la saison suivante. Il n'y eut donc pas de capitaine dans l'équipe jusqu'en 1975. Stapleton pour sa part fit le saut de la LNH à l'AMH en 1973 avec les voisins des Blackhawks, les Cougars de Chicago. Il terminera sa carrière en 1978 avec Cincinnati, toujours dans l'AMH.

20. Pit Martin - 1975-1977
Martin fit partie d'un des échanges les plus inégaux de l'histoire alors que lui, Gilles Marotte et Jack Norris furent échangés des Bruins aux Blackhawks en retour de Phil Esposito, Ken Hodge et Fred Stanfield en 1967. Il fut le seul élément positif de cet échange pour les Blackhawks avec qui il marqua plus de 240 buts en 9 saisons. Il fut capitaine pour la saison 1975-76 et la saison suivante sera rejoint de deux autres co-capitaines. Autre texte de Martin ici.

21. Stan Mikita - 1976-1977
Une des grandes vedettes offensives des années 60 et 70, Mikita ne fut capitaine que pour une saison, titre qu'il partagea avec Martin et Keith Magnuson. Il joua toute sa carrière de 22 saisons avec les Blackhawks qui retirèrent son numéro 21 en 1980, le premier numéro retiré par l'équipe à l'époque.

22. Keith Magnuson 1976-1979

Magnuson était un des défenseurs les plus robustes et redoutables des années 70. Il passa toute sa carrière de 10 saisons avec les Blackhawks et sera capitaine pour trois saisons. Il partagera le titre avec Martin et Mikita pour la saison 1976-77 mais sera le seul capitaine pour les 2 saisons suivantes. Sa carrière prit fin en 1979 après une blessure au genou. Il connut une fin tragique en 2003 lorsqu'il fut impliqué dans un accident d'auto avec un ancien de la LNH, Rob Ramage, qui purgea d'ailleurs une peine de prison. Son numéro 3 fut également retiré en l'honneur de lui et Pierre Pilote en 2008.

23. Terry Ruskowski - 1979-1982
Ruskowski était un leader naturel qui avait connu de belles années dans l'AMH avant d'être réclamé par les Blackhawks lors de la fusion entre la l'AMH et la LNH. Il fut nommé comme successeur à Magnuson lors de la retraite de ce dernier et sera par la suite échangé aux Kings en 1982. Il sera également capitaine des Kings et plus tard des Penguins. En tout il aura été capitaine à 4 reprises dans sa carrière, étant également capitaine avec les Aeros de Houston dans l'AMH. Il est le seul à avoir été capitaine de 4 équipes différentes dans le hockey professionnel. Il prit sa retraite en 1988 avec les North Stars. Texte de Martin.

24. Darryl Sutter - 1982-1987
Le deuxième des frères Sutter à se rendre dans la LNH, Sutter fut nommé capitaine des Hawks à sa troisième saison professionnelle. Il passera le reste de sa carrière en tant que capitaine jusqu'à sa retraite prématurée à l'âge de 29 ans suite à de nombreuses blessures. Il deviendra par la suite un des meilleurs entraineurs de la ligue avec Chicago, San Jose, Calgary et maintenant Los Angeles où il gagna la coupe en 2012.

25. Bob Murray - 1985-1986
Lors des 3 dernières saisons de sa carrière, Sutter ne joua jamais plus de 50 matchs par saison. Bob Murray le remplaça durant quelques matchs en 1985-86. Murray était un vétéran défenseur de 10 saisons avec les Blackhawks avec qui il joua jusqu'en 1990. Il est maintenant directeur général des Ducks d'Anaheim.

26. Denis Savard - 1988-1989

Après une saison 1987-88 sans capitaine, les Blackhawks nommèrent Denis Savard, leur grande star offensive des années 80, comme capitaine. Durant ses belles années, il était le joueur le plus électrisant de la ligue mais l'arrivée de Mike Keenan comme entraineur lors de cette même saison 1988-89 marqua le début de la fin pour Savard à Chicago. Il réduisit son temps de glace, lui retira le "C" et l'échangea aux Canadiens à la fin de la saison 1989-90. Il reviendra à Chicago en 1995 et prit sa retraite 2 saisons plus tard. Son numéro 18 fut retiré en 1998.

27. Dirk Graham - 1989-1995
Graham hérita du "C" au profit de Savard lors d'une blessure à ce dernier lors de la saison 1988-89 et sera nommé capitaine à sa place la saison suivante. Cet attaquant défensif (qui gagna d'ailleurs le trophée Selke en 1991) joua auparavant 4 saisons au Minnesota avant de s'ammerner à Chicago en 1987. Il mena également l'équipe à la finale de 1992 contre les Penguins. Il prit sa retraite après la saison 1994-95 et sera temporairement entraineur de l'équipe en 1998-99.

28. Chris Chelios - 1995-1999
Obtenu en retour de Denis Savard à l'été 1990, Chelios était auparavant co-capitaine des Canadiens avec Guy Carbonneau. Il fut le choix logique pour succéder à Graham pour la saison 1995-96. Il gagna 2 trophées Norris avec les Blackhawks en 93 et 96 en plus d'être un invité annuel au match des étoiles. Alors que les Blackhawks était en reconstruction à la fin du siècle, il fut échangé aux Red Wings en 1999 où il gagna 2 autres coupes Stanley. Il continua sa longue carrière jusqu'en 2010 où à l'âge de 46 ans il joua quelques matchs avec les Thrashers avant de prendre sa retraite.

29. Doug Gilmour - 1999-2000
Gilmour fit un arrêt de 2 saisons à Chicago où il signa en tant qu'agent libre en 1998. Les Blackhawks espéraient qu'il pourrait aider la franchise à retrouver le chemin de la victoire mais ce ne fut pas le cas, l'équipe terminant dans les bas fonds du classement en 1999 et 2000. Il fut échangé aux Sabres en mars 2000.

30. Tony Amonte - 2000-2002
Amonte était le seul point positif chez les Blackhawks durant la dure période du tournant du siècle (il ratèrent les séries 9 fois en 10 ans de 1998 à 2008). Il était le pilier de l'attaque chez les Hawks, obtenant 6 saisons consécutives de plus de 30 buts dont 3 de 40 buts et plus. Après avoir réussi à entrer en séries en 2001-02 (une série expéditive de 5 matchs contre les Blues) Amonte signa en tant qu'agent libre avec les Coyotes de Phoenix.

31. Alexei Zhamnov - 2002-2004
Obtenu de Phoenix en retour de Jeremy Roenick en 1996, Zhamnov connut quelques bonnes saisons offensives au centre d'Amonte avant de remplacer ce dernier comme capitaine. Il est le 2ème joueur d'origine russe à avoir été capitaine de l'équipe après Johnny Gottselig. Il fut échangé aux Flyers en 2004 et termina sa carrière en 2006 avec les Bruins.

32. Adrian Aucoin  - 2005-2007

Ce défenseur offensif connut de bonne saisons avec les Canucks et les Islanders avant de signer avec Chicago au retour du lock-out de 2005. Il fut nommé capitaine de cette équipe moribonde mais ne joua que deux saisons décimées par les blessures avant d'être échangé aux Flames en 2007. Il termina sa carrière avec les Blue Jackets en 2012-2013.

33. Martin Lapointe - 2006-2008

Lapointe signa à Chicago en même temps qu'Aucoin en 2005 et remplaça ce dernier comme capitaine lorsqu'il fut blessé. Il sera le capitaine permanent suite au départ de Aucoin mais subira également le même sort que les 5 capitaines précédents et fut échangé aux Senateurs en février 2008. Il terminera la saison ainsi que sa carrière à Ottawa à la fin de cette saison 2007-2008.

34. Jonathan Toews - 2008----

Toews fut nommé capitaine de l'équipe à sa deuxième saison à l'âge de 20 ans seulement, le 3ème plus jeune de l'histoire de la ligue. Depuis ce temps il est le leader incontesté des Blackhawks qu'il aida à devenir une des meilleures équipes de la ligue, gagnant 2 coupes Stanley et 2 médailles olympiques. Il en est maintenant à sa 6ème saison comme capitaine et devrait éventuellement battre le record de Pierre Pilote et Dirk Graham qui détiennent le record de longévité de l'équipe avec 7 saisons en tant que capitaine.

mercredi 23 avril 2014

Le hockey au sens littéraire #2 - Jean Perron, Profil d'un vainqueur



Le fait que Jean Perron ait réussi à entrainer le Canadien de Montréal vers un championnat de la Coupe Stanley en 1986 m’a toujours laissé pantois. Né l’année suivant ce championnat, je n’ai eu conscience de l’existence de ce personnage alors qu’il n’entraînait plus depuis des lustres et qu’il en était réduit à occuper un rôle de commentateur d’expression plutôt gauche, pas nécessairement dans le sens politique du terme.



Environ à pareille date l’an dernier, un de mes bons amis, qui fréquente assidument l'annuel Solde des livres des Amis de la Bibliothèque de Montréal – un événement durant lequel cette dernière se déleste à très bas prix d’exemplaires superflus de livres mordant la poussière sur ses tablettes –, m'a fait parvenir un message texte qui se lisait à peu près comme suit : « J’ai trouvé une biographie de Jean Perron à 1$, je te l’offre! ». J’ai beau avoir une très sérieuse maîtrise en histoire derrière la cravate, me faire présenter un bouquin de ce genre me charmera toujours, tout autant que sa lecture.

Je n’avais aucun souvenir du lancement d’une telle biographie. Il faut dire que la publication de Jean Perron, Profil d’un vainqueur remonte quand même à l’an 2000. Rédigé à la première personne par un certain Étienne Marquis, à partir de propos recueillis par un autre quidam – Jean Bouchard celui-là –, le livre en question a été publié aux Éditions Trustar, qui était la société derrière le magazine 7 Jours jusqu’à son acquisition par Québécor. On est donc en droit de s’attendre à la lecture d’un ouvrage très savant.


En vérité, à travers ces pages, Jean Perron raconte très sobrement son parcours, ressassant ses souvenirs pratiquement tels qu'ils lui viennent en tête. Le tout est présenté de manière chronologique, soit de sa naissance en 1946 jusqu’à son bref séjour comme entraineur du Moose du Manitoba durant la saison 1996-1997 en passant évidemment par son tout aussi marquant que rocambolesque passage à la tête du Canadien entre 1985 et 1988. Heureusement, ou dirais-je plutôt, malheureusement, vu les attentes que j’avais à l’égard du personnage, je n’ai noté dans cet écrit aucune aberration linguistique ou syntaxique notable. À bien y penser, l’utilisation fréquente de points de suspension en fin de paragraphe, comme dans plusieurs ouvrages de ce genre d'ailleurs, finit par être agaçante pour l’œil…

Le passage de Perron comme entraineur chef du Canadien occupe à l'évidence la plus belle part des pages de cette biographie. Il n’en demeure pas moins intéressant d’apprendre qu’il détient une maîtrise en éducation physique de l’Université d’État du Michigan (Michigan State University), malgré le fait qu’il provenait d’un milieu extrêmement modeste. Sa première expérience comme entraineur au hockey fut également dans le milieu universitaire à la tête des Aigles Bleus de l’Université de Moncton de 1972 et 1983. C’est ainsi qu’à son arrivée dans le monde du hockey professionnel, il fit, selon ses propres dires, l’objet d’une certaine méfiance. Il fut en effet étiqueté comme un universitaire, dans le sens plutôt péjoratif du terme, dans un monde où l’intellectualisme n’était effectivement pas des plus valorisés. C’est une étiquette que je n’aurais certes pas cru lui voir être attribuée avant de commencer cette lecture.

Suite à son long stage à l’Université de Moncton, Perron devint entraineur adjoint de l’Équipe olympique canadienne en 1984, juste assez longtemps pour se rendre compte que l’entraîneur chef Dave King – qui fut l’adjoint d’Alain Vigneault avec le Canadien au tournant des années 2000 – n’était pas des plus francophiles. C’est après les Olympiques d’hiver de Sarajevo qu’il a été invité à se joindre au Canadien en tant qu’entraineur adjoint à Jacques Lemaire pour la saison 1984-1985. Il avait été également sollicité par les Nordiques de Québec. Pour la petite histoire, il semblerait que Michel Bergeron ne voulait rien savoir de cet « intellectuel du hockey ». Comme quoi il n’en faut que très peu pour être considéré comme un docte par rapport au Tigre.

Il n’était pas prévu que Perron devienne entraineur chef du Canadien à court terme. Cela se produisit pourtant dès l’aube de la saison 1985-1986, suite à la démission surprise de Lemaire. Perron soutient avoir été le premier surpris de la tournure des événements, et il sentit que ses joueurs le furent tout autant. Ses premiers mois à la tête du club ne furent pas des plus reposants, l’équipe ne produisant pas à la hauteur des attentes espérées, tandis que les joueurs étaient plutôt indisciplinés. Certains chroniqueurs sportifs se mirent même à exiger sa rétrogradation à peine quelques semaines après son entrée en poste. Perron souleva toutefois la Coupe Stanley au mois de juin suivant. Il en fut encore une fois le premier surpris.



Avec un championnat en poche, Perron a jugé qu’il avait les coudées franches pour imposer ses vues « d’universitaire » dans la culture du Canadien. Il s’entoura, entre autres, d’un psychologue sportif et d’un nutritionniste pour optimiser les performances de ses joueurs, de même que d’un informaticien pour développer un système de compilation des statistiques, tout en se référant activement à la technologie vidéo, ce qui était plutôt avant-gardiste en 1986. Son emploi n’est pas devenu une sinécure pour autant. L’essentiel de son équipe était composée de jeunes loups difficiles à garder en laisse. La pression médiatique croissait quant à elle en cette seconde moitié des années 1980, alors que les journalistes se mirent à épier jusque dans le détail même les entrainements de l’équipe.

À peine un an après avoir remporté la Coupe Stanley, Perron admet que la cohésion de son équipe s’était déjà altérée et qu’il a eu du mal à renverser cette tendance. Claude Lemieux, Petr Svoboda, Chris Chelios et Shayne Corson, entre autres, lui en firent voir de toutes les couleurs. À l’été 1988, il apprit en pleines vacances en Guadeloupe, par l’entremise de journalistes l’ayant retracé, que le Canadien n'allait pas renouveler son contrat. Le directeur général Serge Savard lui avait pourtant promis de lui faire signer une nouvelle entente à son retour de voyage. Il en a résulté une conférence de presse totalement surréaliste où Perron a soutenu ne pas trop savoir s’il avait été congédié ou s’il avait été « démissionné ».

Perron affirme que ce non-renouvellement de contrat visait en vérité à faire de lui le bouc émissaire pour les frasques commises par certains de ses joueurs. Ces incartades avaient causé de sérieux remous au sein de la très haute direction du club – lire ici : le président Ronald Corey – qui tenait au maintien de l’aura de respectabilité de la Sainte-Flanelle. Il juge que cela ne peut être que la seule explication étant donné que l'équipe avait maintenu une fiche plus qu’honorable lors de ses trois saisons de gouverne. Il admet tout de même que sa présence à la tête du club n’a jamais fait l’unanimité en raison de sa réputation « d'intellectuel ». Perron considère même que Pat Burns, qui lui a succédé et qui était pourtant un ancien policier, n’a pas su être meilleur que lui au plan de la discipline. N'apprivoise pas Shayne Corson qui veut.

Perron ne tarda toutefois pas à retomber sur ses pattes en étant engagé dès le mois de juin suivant comme adjoint au directeur général des Nordiques, avant d'être nommé entraineur chef de l'équipe au mois de décembre de la même année. Il estime que sa décision de joindre l’équipe de Québec fut l’une des plus regrettables de sa carrière. L’équipe était alors en pleine déroute et la direction n’aurait pas suivi ses conseils à l'effet qu'il valait mieux d'échanger quelques gloires, tels Stastny et Goulet, tandis qu’ils avaient encore une valeur marchande. Il fut soi-disant vivement critiqué pour avoir remis en question la place de ces intouchables, tant au sein de ses troupes que du côté la direction du club et des médias. Après seulement une demi-saison plutôt chaotique à la barre des Nordiques, il fut tassé à la faveur du grand retour de Michel Bergeron, qui revenait d'un passage avec les Rangers de New York. Perron note, non sans satisfaction, que Bergeron n’a pas fait mieux que lui, sinon pire. Décidément, « après moi le déluge » semble être sa maxime.



C’est suite à son passage avec les Nordiques que Perron a entamé la carrière médiatique grâce à laquelle il a laissé sa marque avec ses fameux « perronismes ». Il n’insiste pas trop sur ce dernier sujet, préférant rappeler les divers scoops qu’il a débusqués et la compétition féroce qu’il a encore une fois livrée à Bergeron, cette fois-ci dans l’arène radiophonique. Il consacre malgré tout un petit chapitre aux « perronismes ». Il soutient que ceux-ci ont été plutôt montés en épingle par des journalistes et des humoristes pour ridiculiser les « joueurnalistes » qui étaient de plus en plus présents dans les médias sportifs québécois au début des années 1990. Perron y voit une forme de jalousie chez ces gens formés en communication, ce qui n’était pas son cas, tient-il à le rappeler pour sa défense.

Tout compte fait, la lecture de Jean Perron, Profil d’un vainqueur – quel titre de champion – m’a permis de découvrir un homme de hockey doté d’un entendement que je ne soupçonnais point à l’écoute d’extraits radio et télévisuels décousus le mettant en vedette. Produit du monde universitaire, Perron est arrivé à la tête du Canadien muni de nouvelles idées pour optimiser les performances de ses joueurs, ce qui a visiblement fait école. Néanmoins, sa propension évidente à rejeter la faute sur l’un et sur l’autre, pour éviter de se remettre en question lui-même, lui a certainement coûté une carrière d’entraîneur plus longue au sein de la LNH. Peut-être est-il devenu trop rapidement calife à la place du calife, et également champion par dessus le marché. Une telle tête de hockey aurait sans doute pu être un excellent entraineur adjoint se dévouant au développement des joueurs plutôt qu'à la discipline, un aspect du métier qu'il n'a jamais vraiment maîtrisé.

Cela étant dit, le Solde des livres des Amis Bibliothèque de Montréal 2014 se déroulera du 26 avril au 4 mai à l’aréna Étienne-Desmarteau. Si vous tombez à tout hasard sur une obscure biographie d’un personnage du monde du hockey, vous me savez preneur. 

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Bonus : Mon « perronisme » favori, Jean Perron qui déclare le plus sérieusement du monde que les Russes sont « difficiles à pénétrer » à la défunte émission L'Attaque à cinq - le successeur oublié de 110%. Justement, on ne le voit et ne l'entend plus beaucoup depuis la fin de ce programme. Ça ne doit pas être de sa faute...


lundi 21 avril 2014

Harry Howell








Harry Howell eut pendant de nombreuses années la difficile tâche de jouer à ligne bleue des Rangers de New York, pendant une période où l’équipe était constamment faible (voir texte du 19 août 2013).  Il fut au début rejoint par son frère Ron, mais celui-ci préféra finalement faire carrière au football, où il  joua 11 saisons avec les Tiger-Cats, les Lions, les Argonauts et les Alouettes.
 
 Avec sa grande taille et son style défensif, il parvint malgré tout à s’illustrer et à constituer une valeur sûre.  Il enfila l’uniforme des Blueshirts de 1952 à 1969.  Encore aujourd’hui, ses 1160 matchs dans cet uniforme demeurent un sommet. 
 
Par contre, en dix-sept saisons, il ne participa aux séries qu’à sept reprises.  Et malgré qu’il joua la majeure partie de sa carrière dans une ligue à six équipes, il ne participa jamais à la finale.  En fait, il ne passa jamais le premier tour et il n’eut pas plus de chance au cours des cinq autres saisons qu’il joua avec les Seals et les Kings.
 
 Malgré un contexte peu favorable, il parvint à attirer l’attention et à se mériter le Trophée Norris (meilleur défenseur) en 1966-67, en devançant au vote Bobby Orr.  Il eut ensuite cette réflexion quasi-prophétique, en affirmant qu’il était heureux de se le mériter à ce moment, étant donné que le Trophée allait dans l’avenir littéralement appartenir à Orr.  Ce dernier se le mérita effectivement pour les huit années suivantes.
 
En 1973-74, il prit le chemin de l’AMH en s’alignant pour les Golden Blades de New York, qui devinrent au cours de l’année les Knights du New Jersey.  Lors du déménagement, il devint également joueur-entraîneur, lorsqu’il remplaça son ex-coéquipier Camille Henry.  (voir texte du 22 novembre 2011)
 
En 1974-75, il suivit le reste de l’équipe vers San Diego, toujours comme joueur-entraîneur.  C’est d’ailleurs au cours de cette saison avec les Mariners qu’il remporta la seule série éliminatoire de sa longue carrière, une victoire de 4-2 au premier tour contre les Toros de Toronto.  Ce ne fut par contre pas suffisant.  Dans une instabilité caractéristique de l’AMH, il joua sa troisième saison dans cette ligue (sa vingt-quatrième et dernière au total) avec une quatrième équipe différente.  Il signa comme agent libre avec les Cowboys de Calgary.

Au moment de sa retraite, ses 1411 matchs comme défenseur dans la LNH constituaient un record.  Aujourd’hui, il s’agit toujours du onzième total de l’histoire.  (Trentième au global.)
 
En 1976, il passa du côté administratif, mais encore une fois avec une équipe faible.  Il devint adjoint au directeur-gérant des Barons de Cleveland.   Pour la deuxième (et dernière) année des Barons, il devint leur directeur-gérant.  L’équipe débuta étonnamment bien la saison, allant même jusqu’à battre les champions en titre, les Canadiens.  Lorsqu’elle connut des difficultés, Howell effectua des échanges, pour entre autres aller chercher des joueurs robustes comme Randy Holt, Jean-Paul Parisé (le père de Zach) et Rick Jodzio (voir texte du 27 novembre 2011).  Elle eut ensuite un petit regain de vie, pour ensuite revenir à la normale.  Les Barons terminèrent avec une fiche de 22-45-13 et ratèrent de nouveau les séries.

À la fin de la saison, les Barons furent fusionnés avec une autre équipe en difficulté, les North Stars.  Howell se retrouva alors derrière le banc de l’équipe résultante, au Minnesota.  Après onze matchs et un début lent, Howell démissionna, pour devenir dépisteur.
 
Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il fut finalement associé à une équipe championne.  En 1990, il était dépisteur pour les Oilers d’Edmonton et c’est à ce titre qu’il se mérita une bague de la Coupe Stanley.
 
 Membre du Temple de la Renommée du Hockey depuis 1979, il a vu les Rangers retirer son numéro 3 en 2009, en même temps qu’ils retirèrent le 9 d’Andy Bathgate.  (voir texte du 31 octobre 2009)
 
Sources : “One on one with Harry Howell” de Kevin Shea, 16 février 2007 (hhof.com), cflapedia.com, hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

samedi 19 avril 2014

Fabrique-t-on encore des héros?











(Conan, mon héros...)

La semaine dernière, j'ai été invité à participer à une conférence/discussion sous le thème Sport Et Société au cégep de Lanaudière en compagnie d'Olivier Niquet, célèbrissime Sportnographeur, au Cégep de l'Assomption... Pour s'y faire, j'ai conçu une présentation parlant d'une de mes théories préférées, celle du mythe chez Roland Barthes, théorie où la fameuse équation "signifiant/signifié=signe" de la sémiologie "saussurienne" est doublé, ce qui veut dire en quelque sorte que ce qui est perçu et interprété comme un mythe est une construction qui fait abstraction d'éléments qui constituent ce qui est la réalité... Donc, j'ai expliqué un peu cette théorie en donnant quelques exemples comme celui de Maurice Richard, des "Original Six", du ti-cul qui joue sur un étang et autres idées reçues entourant le hockey qui aident à non seulement inspirer la société, mais également remplir les poche de ceux qui font de l'argent avec...


Prenons par exemple l'idée du mythe des 6 équipes ORIGINALES. On nous vend souvent l'idée que le hockey de la NHL était plus "pur", meilleur que de nos jours, une sorte d'idée de paradis perdu "originel" à l'époque où il n'y avait que 6 équipes comparé à notre époque de hockey moins bon avec trop d'équipes alors que 1) seulement deux de ces équipes (Toronto et Montréal) sont réellement des équipes originales de la NHL et 2) il y avait bien certainement des mauvaises équipes et des mauvais joueurs lors de cette période qui dura près de 25 ans (1942-1967), les Rangers par exemple n'ont fait les séries éliminatoires qu'à 4 reprises durant cette période... Il y avait donc des Panthers de la Floride et des Islanders de New York dans la période des "Original 6" (pour la raison évoquée plus haut, j'aime mieux dire "classique" que "original"), je vous invite d'ailleurs à lire l'excellent billet de Benoît AKA KeithActon d'août dernier qui parle de ça... Donc c'est des trucs comme ça qui constituaient un peu ma présentation...

(Eille, c'est laid ça...)

Venons en au vif du sujet....

Durant la période de question, un des professeur du cégep m'a posé une superbe colle : "Peut-on encore créer des mythes?"

L'exemple donné fut celui du but de Sidney Crosby, est-ce que ce fameux but (de la finale des JO de 2010, au cas où vous n'aviez pas fait le lien) peut-il devenir une chose "mythique"...

En fait, je crois que c'est le temps qui nous l'apprendra, mais j'aurais tendance à dire non dans le cas qui nous concerne parce qu'on n'a pas (du moins pas encore) interprété ce geste en le mettant dans un contexte social qui sort du cadre à proprement parler du hockey. Aussi spectaculaire que ce but fut, il n'a jamais été interprété comme une victoire symbolique comme le but de Paul Henderson qui fut interprété presque automatiquement comme une victoire, dans le contexte de la Guerre Froide, sur le communisme du libéralisme occidental, tout comme la victoire américaine de 1980 (surtout dans sa version Disney) fut interprétée de la sorte...


Restera à voir comment dans 20 ans on interprètera ce geste... Je doute par contre que ça sortira du cadre à proprement parler du hockey... Désolé, Sid...

Par contre m'est venu une autre question en me référant à une phrase de Roland Barthes écrite pour un film de l'ONF d'Hubert Aquin (le même Hubert célèbre pour son pavillon et ses superbes romans) nommé le Sport et les Hommes où le grand sémiologue parle de sport dont le hockey en nous énumérant notamment  des bons clichés du genre "le hockey est une victoire des gens des pays du froid sur l'hiver..." Mais une phrase m'a assez marqué dans ce court texte (le texte du film a été publié il y a quelques années aux Presses de l'Université de Montréal) où Barthes nous dit :

"Les grands joueurs sont des héros et non des vedettes..."

D'où une question que je me demande, est-ce que les joueurs de hockey contemporains, les meilleurs, les grands, sont des héros ou des vedettes? J'ai donc posé la question à l'audience suite à cette question en citant cette phrase de Roland Bathes : "Est-ce que PK Subban est un héros ou une vedette?" 

À l'unisson tout le monde a répondu que PK Subban était une vedette et non un héros...


La question mérite donc d'être posée si on veut savoir si on fait encore des mythes, fais-t-on encore des héros?

Allons voir ce que nous dit Wikipédia sur le Héros : 

Un héros (ou, au féminin, une héroïne) est un personnage réel ou fictif de l'Histoire, de la mythologie humaine ou des arts, dont les hauts faits valent qu'on chante son geste. Ces derniers, édulcorés par la légende dorée des hagiographes, sont passés dans la légende populaire.

Selon les cultures, un héros est un demi-dieu, un personnage légendaire, un idéal, un surhomme ou simplement une personne courageuse, faisant preuve d'abnégation.

Le rôle du héros se situe entre l'aspiration métaphysique, presque religieuse, de dépasser la condition humaine, notamment d'un point de vue physique et entre l'aspiration plus réaliste d'œuvrer pour le bien de la communauté, d'un point de vue moral. Un troisième rôle, peut être aussi celui de propagande pour une idéologie politique ou religieuse.

Par extension, le terme "héros" désigne le personnage principal d'une œuvre de fiction, quelles que soient les qualités dont il fait preuve. Si sa conduite ne correspond pas à un idéal (par exemple, s'il est lâche ou cupide), ce héros peut être qualifié d'antihéros.




On peut ainsi reposer la question, après avoir lu cette définition : Est-ce que les joueurs de hockey contemporains, même Sidney Crosby ou Jonathan Toews, sont des héros?

Je vous pose la question...

Je reviendrai sur vos réponses...

jeudi 17 avril 2014

Les capitaines : Caroline (et Hartford)






Voici un montage qui n'a pas été facile à réaliser. Plusieurs des capitaines de l'époque des Whalers de Hartford sont des joueurs obscurs difficiles à retracer (ex. Russ Anderson #5) tandis que quelques-uns d'entres eux seront capitaines en tant que Whaler et Hurricane.
 



1. Ted Green - 1972-1975
Un vétéran de 10 saisons avec les Bruins de Boston où il gagna 2 Coupes Stanley, Green fit le saut dans l'AMH lors de la saison inaugurale avec les Whalers de la Nouvelle-Angleterre en 1972 (qui au début jouaient également à Boston). Il gagna la Coupe Avco avec les Whalers lors de leur première saison et joua avec l'équipe jusqu'en 1975 avant d'être échangé aux Jets où il termina sa carrière en 1979. Il deviendra par la suite assistant entraineur avec Edmonton et maintenant avec les Rangers de New York. Vidéo!

2. Rick Ley - 1975-1980
Ley quitta les Maple Leafs pour entrer dans la nouvelle ligue en 1972 et sera le pilier de la défense des Whalers jusqu'à l'entrée de l'équipe dans la LNH. Il sera nommé capitaine après le départ de Green et gardera ce titre jusqu'au début de la saison 1980-81 où il se retira après 16 matchs. Il fut par la suite entraineur à Vancouver dans les années 90 et assistant avec les Maple Leafs. Son numéro 2 fut retiré par les Whalers en 1982, remis en circulation plus tard par les Hurricanes mais re-retiré en l'honneur de Glen Wesley en 2009.

3. Mike Rogers - 1980-1981

Rogers est un des rares cas où un joueur fut meilleur dans la LNH que dans l'AMH. Il n'eut jamais plus de 82 points dans l'AMH mais lors de son entrée dans la LNH il eut trois saisons consécutives de 100 points. Les Whalers le nommèrent capitaine après la retraite de Ley mais l'échangèrent aux Rangers la saison suivante. Vous pouvez lire ce texte de Martin à son sujet.

4. Dave Keon - 1981-1982
Keon termina sa grande carrière en tant que capitaine des Whalers pour la saison 1981-82 où à 42 ans il était le plus vieux joueur de la ligue. Martin a également écrit un très bon article sur Keon il y a quelques années donc je n'irai pas plus loin dans son cas.

5. Russ Anderson - 1982-1983

Je n'ai pas grand chose à dire au sujet d'Anderson. Il faut dire qu'à l'époque, les Whalers était une des pires équipes de la ligue et n'avait pas de grands leaders expérimentés au sein de leur alignement (sauf peut-être un mais qui en était à sa deuxième saison, Ron Francis). Il terminèrent cette saison 1982-83 avec 45 points et eurent 3 entraineurs. Anderson, un défenseur qui joua 6 saisons à Pittsburgh avant de s'ammener à Hartford en 1981 fut nommé capitaine pour remplacer Keon. Il signa la saison suivante à Los Angeles et se retira en 1985.

6. Mark Johnson - 1983-1985
Johnson était le meilleur attaquant de l'équipe olympique américaine de 1980 à Lake Placid. S'il ne fut pas celui qui marqua le but gagnant contre les russes, il marqua toutefois celui de la victoire de la médaille d'or contre la Finlande. Après un court séjour à Pittsburgh, il joignit les Whalers en 1982 où il eut 2 bonnes saisons avant d'être échangé aux Blues contre l'excellent gardien Mike Liut. Il joua 5 autres saisons avec les Devils mais sa carrière fut réduite à cause de nombreuses blessures.

7. Ron Francis 1985-1990, 1999-2004
Le meilleur joueur de l'histoire des Whalers (et des Hurricanes). Il fut le visage et le capitaine des Whalers pendant 6 saisons avant d'être échangé aux Penguins en 1990 (un des pires échanges de l'histoire). Il sera capitaine 2 fois avec les Penguins. Premièrement en 1995, alors que Mario Lemieux était en année sabatique et il redeviendra capitaine lors de la retraite de Lemieux en 1997. Il reviendra avec la franchise des Whalers, maintenant en Caroline en 1998, où il retrouva le "C" après une saison. Il est donc le seul joueur de l'histoire à avoir eu 2 termes de capitaine différents pour 2 équipes différentes. Les Hurricanes retirèrent son numéro 10 en 2006. Il vient au 4ème rang de l'histoire de la ligue avec 1798 points en carrière.

8. Randy Ladouceur - 1991-1992
Après le départ de Francis, Randy Ladouceur fut nommé comme successeur. Ce vétéran défenseur avait auparavant joué à Détroit de 1982 à 87. Il portera le "C" avec les Whalers pour une saison avant de laisser sa place à Pat Verbeek en 1992. Il quittera Hartford en 1993 pour joindre les rangs des nouveaux Mighty Ducks d'Anaheim où il sera galement capitaine. Il prit sa retraite à la fin de la saison 95-96. Plus tard il deviendra assistant entraineur à Hamilton, Toronto et ensuite avec les Canadiens lors de la saison de misère de 2011-2012. Il est maintenant assistant entraineur avec les Monsters de Lake Erie dans la ligue américaine.

9. Pat Verbeek - 1992-1995
Les Whalers, avec un nouvel uniforme et un nouveau coach en Paul Holmgren, nommèrent Verbeek capitaine pour cette période de reconstruction. Il formait alors un excellent trio avec Andrew Cassels et Geoff Sanderson. Malheureusement l'équipe rata les séries à chaque saison durant son règne et il fut échangé aux Rangers lors de la saison 1994-95. Il gagna plus tard la Coupe avec Dallas en 1999 et joua également 2 saisons pour les Red Wings. Il est maintenant l'assistant de Steve Yzerman à Tampa Bay.

10. Brendan Shanahan - 1995-1996
En juillet 1995, les Whalers échangèrent le jeune défenseur prometteur Chris Pronger aux Blues de St.Louis en retour de Shanahan. Il n'était pas content de se retrouver à Hartford mais il cacha son mécontentement au départ lorsqu'il fut nommé capitaine pour la saison 1995-96. Il connut une bonne saison et fut invité au match des étoiles mais au début de la saison suivante il déclara ne plus vouloir jouer pour une équipe perdante au futur incertain. Les Whalers lui retirèrent son "C" et il fut échangé après 2 matchs en octobre 1996 aux Red Wings en retour de Keith Primeau et Paul Coffey.

11. Kevin Dineen - 1996-1998
Dineen joua originalement pour les Whalers de 1984 à 1991 et fut un des joueurs les plus populaires de l'équipe et eut 6 saisons consécutives de 25 buts ou plus avant d'être échangé aux Flyers. Il fut ré-échangé aux Whalers en décembre 1995 et hérita du "C" de Shanahan au début de la saison 1996-97. Il sera le dernier capitaine de l'histoire des Whalers et suivra l'équipe lors du déménagement en Caroline pour la saison 1997-98 mais les Hurricanes nommèrent Keith Primeau comme nouveau capitaine la saison suivante. Il jouera une saison à Ottawa en 99-2000 et deux autres saisons à Colombus où il prendra sa retraite en novembre 2002.

12. Keith Primeau - 1998-1999
Primeau s'établit comme leader avec les Whalers/Hurricanes après son arrivée en 1996 et sera nommé capitaine pour la saison 1998-99. Il eut cepandent une dispute contractuelle avec l'équipe après la saison et fit la grêve pour la saison 1999-2000. Ron Francis fut le choix logique pour le remplacer. En janvier 2000, il fut échangé aux Flyers en retour de Rod Brind'Amour. Il jouera à Philadelphie jusqu'en 2006 où il dut mettre fin à sa carrière suite à de nombreux problèmes post-commotions cérébrales.

13. Rod Brind'Amour - 2005-2010
Après le départ de Ron Francis, Brind'Amour fut nommé capitaine pour la saison 2005-2006 au retour du lock-out. Il remportera la Coupe Stanley lors de cette première saison comme capitaine et demeurera avec l'équipe jusqu'à la fin de la saison 2009-2010. L'équipe lui retira le "C" en janvier 2010 au moment où son rendement diminuait considérablement. Les Hurricanes retirèrent son numéro 17 l'année suivante, le 3ème dans l'histoire des Hurricanes.

14. Eric Stall - 2010---
Deuxième choix au total lors du repêchage de 2003, Stall est le pilier de l'attaque des Hurricanes depuis maintenant 10 ans. Il est le deuxième meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe (incluant les années à Hartford) derrière Ron Francis. Il est maintenant accompagné de son frère Jordan, aquis des Penguins il y a 2 ans.

lundi 14 avril 2014

Les prix La Vie Est Une Puck 2013-14













Pour la cinquième année tout en niant que j'ai oublié de la faire l'an dernier, La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter ses propres trophées. On en a rien à foutre des marqueurs de buts et cie. Nous on récompense la médiocrité et la violence...

Voici donc les prix :

Le Dave Schultz Memorial Award

Encore une fois cette année, La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter le Dave Schultz Memorial Award remis annuellement au joueur ayant accumulé le plus de minutes de pénalités durant la saison régulière. Si comme moi vous vous ennuyez du temps où les meneurs au chapitre des minutes de pénalité avaient droit à une carte de hockey soulignant cet exploit, voici votre revanche. Ce trophée porte donc le nom  de celui qui détient toujours le record de minutes de pénalités en une saison dans l'histoire de la NHL, Dave "The Hammer" Schultz. Ce grand matamore des Broad Street Bullies passa 472 minutes au banc de pénalité lors de la saison 1974-75, deuxième année où les Flyers remportèrent la Coupe Stanley à coup de dents pétées et de côtes arrachées! Ce n'est donc pas un enfant de cœur qui se mérite ce trophée.

Les précédents gagnants :
2013      - Colton Orr
2011-12 - Derek Dorsett
2010-11 - Zenon Konopka
2009-10 - Zenon Konopka

And the winner is : Tom Sestito




Jusqu'à la toute dernière minute, c'était Chris Neil le meneur de la NHL pour les minutes de pénalité et dans le dernier droit, jusqu'à l'arrivé, le mongol à batteries des Senators s'est fait dépasser pour laisser Tom Sestito prendre les devants dans la course au plus pas fin de la NHL... J'aurais tellement eu de choses à dire sur Neil contrairement à Sestito que je ne connais guère... Mais juste à voir sa dentition sur la photo, ça m'intéresse de connaître plus de choses sur lui. C'est impressionnant comment il a su lors de la dernière journée de la saison s'assurer du Dave Schultz Memorial Award... J'avais écrit le texte pour féliciter Chris Neil, juste pour vous dire... Mais vous me connaissez, je fais toujours les double check nécessaires...

Bravo Tom pour ta persévérance et ta ténacité...


Le Bill Mikkelson Award

La Vie Est une Puck est fier de vous présenter le Bill Mikkelson Award, prix remis au joueur ayant accumulé le pire différentiel durant la saison régulière, donc du joueur le plus mal sur-utilisé de la NHL. Ce trophée est nommé en l'honneur du célèbre Bill Mikkelson qui, lors de la saison inaugurale des Capitals de Washington en 1974-75, termina la saison avec un impressionnant différentiel de -82. Ce résultat est d'autant plus impressionnant en sachant que Mikkelson ne joua que 59 matchs lors de cette saison. Sachez également que deux saisons auparavant, en 1972-73, mais cette fois avec un autre club d'expansion, les Islanders de New York, Mikkelson accumula un autre bon différentiel de -54 en 72 matchs. Il a donc réussi a améliorer son score. Il faut dire qu'il évoluait en 1974-75 avec la pire équipe de l'histoire du hockey moderne, les Capitals de Washington de cette saison... Mikkelson était donc au bon endroit au bon moment!

Les précédents gagnants :
2013      - Erik Gudbranson
2011-12 - Milan Jurcina
2010-11 - Chris Philips
2009-10 - Patrick O'Sullivan

And the winner is : Alexander Edler




Encore un Canucks qui s'est détaché du peloton à la dernière journée de la saison. Hier, Edler était à égalité avec Steve Ott avec -38 et a réussi à terminer la saison avec un but alors qu'il était sur la glace contre son équipe pour remporter seul le Bill Mikkelson Award. Difficile saison pour Edler qui est passé en quatre saisons de +13, 0, -5 pour finir avec un horrible -39. J'imagine qu'il adore le changement de cap des Canucks depuis une couple d'année... 

Bravo Alex, ou devrais-je dire, bravo à Torto pour l'avoir sur-utilisé...

Le Gary "Suitcase" Smith Award

Comme je l'ai déjà expliqué, j'aime beaucoup les trophée de l'AHL parce que plusieurs portent le surnom du joueur envers lequel le trophée est dédié. C'est donc pourquoi nous avons introduit le Gary "Suitcase" Smith Award, remis annuellement au gardien ayant enregistré le plus de défaites en saison régulière. On ne se mérite pas le surnom "Suitcase" pour rien, ça veut dire qu'on s'est promené beaucoup. Et on ne se promène pas beaucoup quand on est un bon gardien de but, à moins d'être un vrai connard. Et c'est ce que Gary Smith fut, un mauvais gardien de but à bien des mauvais endroits à bien des mauvais moments. Lors de la saison 1970-71, alors qu'il évoluait pour les Golden Seals de la Californie, Smith établit un record avec de rien de moins que 48 défaites en saison régulière... Il faut dire que jouer pour les Golden Seals de la Californie, l'une des plus risibles équipes de l'histoire de la NHL, au début des années 70, n'aidait pas à faire de vous un grand gardien, mais de là à terminer la saison avec 48 défaites en une saison... Vous serez content par contre d'apprendre que lors de la saison suivante, en 1971-72, il remporta le trophée Vézina en compagnie de Tony Esposito à une époque où ce trophée était remis au(x) gardien(s) ayant la plus basse moyenne durant la saison régulière...

Les précédents gagnants :
2013      - Semyon Varlamov
2011-12 - Jonas Hiller
2010-11 - Nikolai Khabibulin
2009-10 - Jeff Drouin-Deslaurier, Tomas Vokun et Miikka Kiprusoff

(À noter que le gagnant de l'an dernier a terminé au sommet dans la colonne des victoires cette saison...)

And the winner is : Ryan Miller




Ce fut une année en deux temps pour Ryan Miller. Il a connu premièrement les bas-fonds de la NHL en faisant de la cave avec les Sabres de Buffalo avant de quitter l'équipe avec qui il évoluait depuis toujours pour se retrouver devant le filet d'une machine de guerre qui aspire à la Coupe Stanley. Néanmoins, les dommages étaient faits lorsqu'il fut échangé à St-Louis et il a terminé la saison avec un total très peu enviable de 30 défaites, ce qui fait de lui le premier gagnant du Gary "Suitcase" Smith Award à faire les séries éliminatoires, ce qui n'est pas rien...

Mais bravo Ryan!!!

Voici un nouveau trophée :


Le Frank Caprice Award

La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter à nouveau le fameux Frank Caprice Award remis au gardien ayant gardé plus de 20 match ayant le pire pourcentage d'arrêt. Ce trophée est nommé en l'honneur du grand Frank Caprice, gardien des années 80 qui est en quelque sorte le gardien ayant gardé plus de 100 matchs dans la NHL avec le plus bas pourcentage d'arrêt depuis qu'on tient en considération cette statistique... Vous savez, quand on était un gardien plus que médiocre dans une période difficile pour les gardiens, ça mérite d'être souligné...


Les précédents gagnants :
2013      - Miikka Kiprusoff
2011-12 - Dwayne Roloson

And the winner is : Dan Ellis


Ce gardien qui fut membre de l'organisation du Canadien le temps d'un tweet est un éternel voyageur. Cette saison, Ellis s'est promené dans la Sun Belt, débutant la saison à Dallas pour la terminer à Miami. C'est probablement son passage vers la Floride qui a fait en sorte qu'il a massacré son pourcentage d'arrêt pour être le troisième récipiendaire du Frank Caprice Award de l'histoire avec un remarquable .879! Ça lui aurait peut-être valu un Vézina dans les années 80 mais dans les années 2010, ça lui vaut un Frank Caprice Award!

Bravo mon Dan...

Et voici nos deux nouveaux trophées :

Le Mike Milbury Award

J'aime introduire un nouveau trophée ici et là et pourquoi ne pas faire comme la NHL et récompenser un directeur général, mais nous, nous célébrons le cancre des cancres en lui décernant le Mike Milbury Award remis au directeur général ayant fait la pire échange de l'année. Si vous vous demandez pourquoi le Mike Milbury Awards, voici simplement une courte liste de joueurs que Mike a échangé pour 3 seaux de rondelles et 4 paquets de tape à palette durant son règne à la tête des Islanders : Zdeno Chara, Wade Redden, Bryan Berard, Eric Brewer, Darius Kasparaitis, Bryan McCabe, Roberto Luongo, Olli Jokinen, Todd Bertuzzi, Tim Connolly et Raffi Torres. C'est certain que ces joueurs-là étaient jeunes à l'poque, mais c'est un assez bon noyau de joueur pour se développer une bonne équipe. Alors vous comprenez pourquoi on nomme avec ce trophée Mike Milbury le pire DG de l'histoire du hockey contemporain pour honorer celui qui a fait les pires décisions de l'année.  À noter que ce trophée est remis au suffrage pas très universel sur les médias sociaux... La démarche n'est pas tant démocratique, mais que voulez-vous nous demeurons dans une province où 41% des électeurs ont donné une majorité au gouvernement la semaine dernière... La démocratie patentée, on connait ça ici!

And the winner is : Mike Gillis pour sa vente de gardien



Même s'il a été remercié pour ses talents en se faisant cavalièrement montrer la porte, on se doit de souligner l'oeuvre qui a mené à son congédiement. Je ne crois pas que même si on le voulait, on ne pourrait pas nécessairement être capable de se débarrasser de deux gardiens de buts numéro un comme Mike Gillis l'a fait dans l'espace de 8 mois. Surtout quand on considère que deux jours après qu'un gros stade ait scandé son désir de voir Luongo dans les buts, vous savez, cette même foule qui l'a tant détesté depuis des années, il l'a échangé contre Jacob Markström et Shawn Matthias alors qu'il aurait pu avoir beaucoup plus un an plus tôt avec les Maple Leafs tout en gardant Cory Schneider... Donc, selon vous, avoir échangé deux gardiens de calibre numéro un dans l'espace de quelques mois fait en sorte que Mike Gillis se mérite le premier Mike Milbury Award de l'histoire!

Ce fut un combat assez serré avec Garth Snow pour le double échange de Vanek qui lui a donné finalement un choix de 2e ronde et Sebastien Colberg en retour, au final, de Matt Moulson, un choix de première ronde et un de deuxième ronde...

Donc, bravo mon Mike!


Et voici finalement le dernier :

Le Craig Smith Award

Je ne savais pas trop comment nommer ce trophée, alors pourquoi ne pas le nommer au nom de son premier récipiendaire de l'histoire avec un gros H. Le Craig Smith Award et remis au joueur de centre ayant joué plus de 50 matchs possédant le pire pourcentage de mise au jeu remportées. Et avec un très faible pourcentage de 15,8% de mise au jeu remportées en 79 match, Craig Smith mérite non seulement d'être le premier à reporter ce trophée, mais il se mérite l'honneur d'être immortalisé pour l'éternité en raison d son efficacité cette saison au cercle de mise au jeu. Félicitation mon Craig, c'est pas facile, jouer autant de match en perdant presque toutes ses mise au jeu, tu dois bien être bon à quelque part... Je l'espère, du moins...

Marc Potvin









C’est alors qu’il jouait au niveau junior B que Marc Potvin fut sélectionné en neuvième ronde (169e au total) par Détroit, au repêchage de 1986.  Plutôt que de suivre la voie du hockey junior majeur, le petit cousin de Denis et de Jean accepta une bourse d’études de l’Université Bowling Green, en Ohio.  C’est donc quatre ans plus tard qu’il fit ses débuts professionnels, avec les Red Wings d’Adirondack de la Ligue Américaine.
 
Potvin dut alors changer de style et accumula beaucoup plus de minutes de pénalités que pendant sa période universitaire.  En 1990-91, ses 365 minutes lui valurent d’ailleurs la première place du circuit, à égalité avec Mario Roberge des Canadiens de Fredericton.
 
En 1992, il fit partie de l’équipe championne de la Coupe Calder, en plus de jouer quelques matchs avec le grand club.
 
Il passa les années suivantes à faire la navette entre ses clubs de la LNH (Red Wings, Kings, Bruins) et leur club-école respectif.  En fait, il n’y a pratiquement qu’à son année passée avec les Whalers (1993-94) qu’il joua régulièrement dans la grande ligue.  Au total, de 1990 à 1996, il joua 121 matchs dans la Ligue Nationale, montrant une fiche de 3-5-8 et 456 minutes de pénalité.
 
Il retourna ensuite jouer dans la AHL et la IHL, avant de revenir avec les Red Wings d’Adirondack, comme entraîneur-adjoint cette fois.  Il devint ensuite entraîneur-chef dans la ECHL, puis dans la AHL, avec les Falcons de Springfield, alors une filiale des Coyotes de Phoenix.  Les résultats ne furent pas très bons et Potvin perdit son emploi après deux saisons.
 
Il retourna donc à Glens Falls au cours de la saison 2003-04, pour diriger les IceHawks d’Adirondack de la United Hockey League (UHL).
 
Le 13 janvier 2006, Potvin était toujours à la tête de l’équipe, qui avait depuis été renommée « Frostbite ».  Par contre, alors que sa troupe se trouvait à Kalamazoo, il ne se présenta pas pour l’entraînement du matin.  Les joueurs apprirent ensuite avec stupeur que Potvin avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel.
 
L’autopsie conclut au suicide par pendaison.  Son taux d’alcool était plus élevé que la norme, mais il n’y avait pas de trace de violence.  Le père de deux enfants n’avait pas d’historique de dépression, mais il était en instance de divorce.  Il n’a pas laissé de note.
 
Sources: “Autopsy rules death of UHL coach Potvin a suicide”, AP, USA Today (usatoday30.usatoday.com), 10 février 2006, “Police: Potvin’s death was suicide” de Don Lehman, Glens Falls Post-Star (poststar.com), 10 février 2006, hockeydb.com, legendsofhockey.net.

samedi 12 avril 2014

Les capitaines : Calgary



Voici donc la première équipe canadienne de mon marathon sur l'histoire des capitaines dans la ligue nationale. Les Flames de Calgary (anciennement les Flames d'Atlanta de 1972 à 1980) eurent plus ou moins 23 capitaine jusqu'à maintenant. Je dis plus ou moins car c'est un peu ambigu à certains points de leur histoire comme vous allez le dévouvrir. Mais je trouve qu'il s'agit d'un de mes plus beaux montages, en grande partie grâce au magnifique chandail des Flames... sauf le noir.



1. Keith McCreary - 1972-1975
McCreary est un des rares joueurs à avoir fait partie de deux repêchages d'expansion. Il fut réclamé par des Penguins de Pittsburgh lors du repêchage de 1972. Les Penguins l'avaient originalement réclamé du Canadien (avec qui il languissait dans les mineures depuis plusieurs années) lors du repêchage de la grande expansion de 1967. Il prit sa retraite en 1975.

2. Pat Quinn - 1975-1977
Quinn est un autre joueur qui fit partie de deux repêchages d'expansion car avant d'arriver chez les Flames en 1972, il fut réclamé des Maple Leafs par les Canucks lors de l'expansion de 1970. Il succéda à McCreary après la retraite de ce dernier mais une blessure mit fin prématurément à sa carrière et il se retira en 1977. Il deviendra par la suite entraineur des Kings, des Canucks, des Maple Leafs et des Oilers.

3. Tom Lysiak - 1977-1979
Lysiak, 2ème choix au total au repêchage de 1973, était le visage de la franchise d'Atlanta où il terminera chaque saison de son passage avec les Flames au premier rang des compteurs de l'équipe. Il passa aux Blackhawks en 1979 dans un méga-échange à 8 joueurs, le plus grand nombre de joueurs impliqués dans un échange dans l'histoire à l'époque.

4. Jean Pronovost - 1979-1980
Pronovost, petit frère de Marcel, passa 10 saisons à Pittsburgh avant de s'amener à Atlanta lors d'un échange en 1978. La saison suivante il prit la place de Lysiak comme capitaine pour la dernière saison de l'équipe à Atlanta. Lors du déménagement de l'équipe à Calgary, les Flames ne retinrent pas ses services et le vendirent aux Capitals où il termina sa carrière en 1982.

5. Brad Marsh - 1980-1981
Les nouveaux Flames de Calgary nommèrent Marsh, alors à sa troisième saison dans la ligue, comme premier capitaine. Je n'irai pas plus loin dans la carrière de Marsh mais vous pouvez lire ce texte de keithacton à son sujet. J'ai cependant remarqué que Marsh fut échangé aux Flyers en 1981 en retour du capitaine des Flyers, Mel Bridgman. Ce serait donc ça le premier échange capitaine contre capitaine et non pas ce qui a été rapporté dans les médias récemment lors de l'échange de Martin St.Louis contre Ryan Callahan. Me semblait ben aussi…

6. Phil Russel - 1981-1983
Russel était un défenseur redoutable, rapide en plus d'être robuste. Il joua les premières années de sa carrière à Chicago avant de faire partie de l'échange de Tom Lysiak énuméré plus haut. Lui et Mel Bridgman furent échangés aux Devils en 1983 en retour de Joel Quenneville et Steve Tambellini.

7. Doug Risebrough - 1983-1987
Au début de la saison 1983-84, les Flames optèrent pour 2 co-capitaines en Risebrough et Lanny McDonald. Risebrough avait auparavant remporté 4 coupes Stanley dans les années 70 avec Montréal. Il fut acquis des Canadiens en retour de choix au repêchage. Lui et McDonald menèrent les Flames à la finale contre son ancienne équipe en 1986. Il prit sa retraite durant la saison suivante et alla derrière le banc comme assistant et plus tard comme directeur général des Flames et du Wild.

8. Lanny McDonald - 1983-1989
McDonald fut acquis des piteux Rockies du Colorado en novembre 1981 pour ajouter du leadership à l'équipe. Ce fut un point tournant pour l'équipe et McDonald sera le visage de la franchise pour le reste de la décennie. Un leader incontesté et respecté à travers la ligue, il mena les Flames à la finale de 1986 qu'ils perdirent contre Montréal avant de remporter les grands honneurs à la finale revanche de 1989 contre ces mêmes Canadiens. Il termina sa carrière en beauté en marquant le but gagnant lors du dernier match, son dernier en carrière également. Il fut le premier de l'histoire de l'équipe à avoir son numéro retiré l'année suivante (#9).

9. Jim Peplinski - 1984-1989
Les Flames ajoutèrent un troisième "C" à leur alignement en l'année suivant la nomination de Risebrough et McDonald. Durant 3 saisons, Calgary eurent donc 3 tri-capitaines et suite à la retraite de Risebrough 2 co-capitaines en Peplinski et McDonald. Peplinski était un ailier solide qui était un des favoris de la foule par sa détermination et sa robustesse. Il prit sa retraite après seulement 6 matchs lors de la saison suivant la conquète de la coupe Stanley. Il tenta un retour au jeu 5 ans plus tard lors de la saison 1994-95 mais se retira encore une fois après 6 matchs.

10. Brad McCrimmon - 1989-1990

McCrimmon fut acquis des Flyers en août 1987 et compléta la solide brigade défensive des Flames en compagnie de Al MacInnis, Gary Suter et Ric Nattress entre autres. Il fut nommé capitaine suite au départ de McDonald et Peplinski mais il eut des problèmes avec l'entraineur Terry Crisp et les Flames l'échangèrent aux Red Wings en juin 1990 où il devint le mentor d'un jeune Nicklas Lidstrom. Il prit sa retraite après la saison 1996-97 qu'il passa avec les Coyotes de Phoenix. Il devint par la suite assistant entraineur avec plusieurs équipes dont les Islanders, les Flames et les Thrashers. En 2011 il fut nommé entraineur chef du Lokomotiv Yaroslav dans la KHL et fit partie de la tragédie de l'écrasement d'avion de l'équipe en septembre 2011 où il perdit la vie en compagnie de tout l'équipage. La vie est une puck rendit hommage à lui et plusieurs de ces joueurs décédés.

1990-1991 - Rotation de capitaines
Plusieurs joueurs se partagèrent le titre de capitaine suite au départ de McCrimmon. Cependant je n'ai pas trouvé de liste officielle mais selon les infos et les photos que j'ai pu trouver, il y en aurait eu au moins 4: Jamie Macoun, Doug Gilmour, Joel Otto et Joe Nieuwendyk.


11. Jamie Macoun - 1990-1991
Un autre solide défenseur chez les Flames, ce joueur non-repêché fut engagé par les Flames en janvier 1983 suite à 2 saisons avec l'université Ohio State. À l'été 1987 il eut un terrible accident d'auto qui lui cassa le bras. Les docteurs lui dirent qu'il ne jouerait plus jamais au hockey mais il revint au jeu lors de la saison 1988-89, juste à temps pour la conquête de la coupe. Il joua avec les flames jusqu'en 1992 où il fut impliqué dans le méga-échange de Doug Gilmour à Toronto.

12. Doug Gilmour - 1990-1991
Gilmour fut acquis des Blues de St-Louis avant la saison 1988-89 et fut un des meneurs à l'attaque chez les Flames et une partie importante de la conquête de la coupe. Après 3 saisons productives avec les Flames, il fut la pièce maîtresse du plus gros échange de l'histoire alors qu'il passa aux Maple Leafs de Toronto en janvier 1992 dans un échange impliquant 10 joueurs.

13. Joel Otto - 1990-91

Je comprends la décision de l'équipe d'avoir adopté la rotation de capitaines durant cette saison 90-91 car il devait être difficile de décider parmi tous ces bons leaders. Otto en faisait indéniablement partie. Ce joueur robuste et spécialiste en défense contribua grandement aux deux finales de 86 et 89 où il obtenu 15 et 19 points respectivement. Il joua à Calgary jusqu'en 1995 et signa avec Philadelphie la saison suivante. Il prit sa retraite en 1998.

14. Joe Nieuwendyk 1990-1995
Gagnant du trophée Calder en 1988, Nieuwendyk fut un des 4 capitaines lors de la saison 90-91 avant de devenir capitaine permanent la saison suivante, poste qu'il occupera jusqu'en décembre 1995. Il était insatisfait de son contrat et fit la grève au début de la saison 95-96. Les Flames l'échangèrent aux Stars de Dallas en retour du jeune Jarome Iginla et Corey Millen. Il gagnera une coupe à Dallas ainsi que le Conn Smythe et une autre coupe au New Jersey.

15. Al MacInnis
MacInnis, ce défenseur au lancer frappé redoutable, aurait lui aussi été un des capitaine en rotation lors de la saison 1990-91 mais je n'ai pas trouvé de preuves à l'appui. Mais il a néammoins porté le "C" à quelques reprises, comme en démontre cette carte de hockey de la saison 92-93. Il quitta à regret les Flames après la saison 93-94 et signa avec les Blues de St.Louis après 11 saisons à Calgary.

16. Theoren Fleury - 1995-1997

Fleury, un des joueurs les plus populaires de l'histoire des Flames, fut nommé capitaine par intérim durant la grève de Nieuwendyk et fut ensuite le capitaine permanent suite au départ de ce dernier. Mais le rôle de capitaine ne lui convenait pas. Il accepta par loyauté envers l'équipe mais il abandonna le titre après 2 saisons citant le malaise qu'il éprouvait envers ses coéquipiers. En février 1999, les Flames étaient en difficultés financières et échangèrent Fleury à l'Avalanche pour éviter de le perdre durant l'été sans avoir rien en retour. Il était à l'époque le dernier survivant de l'équipe championne de la coupe de 1989.

17. Todd Simpson - 1997-1999

Pour remplacer Fleury au titre de capitaine, les Flames se tournèrent vers Simpson, un défenseur pugiliste qui fut engagé par l'équipe en 1994. Il quitta après la saison 98-99 et signa avec les Panthers. Il jouera ensuite à Phoenix, Anaheim, Ottawa, Chicago et finalement Montréal où il terminera sa carrière dans la LNH avec 6 matchs avec les Canadiens en 2005-2006.

18. Steve Smith - 1999-2000
Plus connu pour son malheureux incident lors de la finale de conférence en 1986 entre les Oilers et les Flames, Steve Smith n'en était pas pour autant un mauvais joueur. En 15 saisons dans la LNH comme défenseur, il obtint 3 fois des saisons d'au moins 50 points. Il prit sa retraite en 1997 en tant que membre des Blackhawks après plusieurs blessures mais fit un retour au jeu la saison suivante avec les Flames, l'équipe contre qui il dut avoir pas mal de cauchemars. Il se retira pour de bon après 13 matchs en 2000-2001.

19. Dave Lowry - 2000-2002
Pour remplacer Smith au début de la saison 2000-2001, les Flames nommèrent le vétéran Dave Lowry pour le remplacer comme capitaine. Il était toutefois en fin de carrière et son jeu diminua lors de la saison suivante et l'entraineur Greg Gilbert lui enleva le "C" au mois de février 2002. Il continua à jouer pour les Flames et retourna même dans les mineures la saison suivante. Il jouera toutefois ses derniers matchs lors des séries de 2004 où les Flames se rendirent en finale.

20. Bob Boughner - 2002
Boughner, un joueur nomade ayant déjà joué pour les Sabres, Predators et Penguins remplaca Lowry en tant que co-capitaine en compagnie de Craig Conroy pour terminer la saison 2001-2002.  Il jouera plus tard pour les Hurricanes et l'Avalanche. Il est maintenant entraineur chef des Spitfires de Windsor qu'Il dirige depuis 2006-07.

21. Craig Conroy - 2002-2003
Conroy sera le seul capitaine pour la saison 2002-2003, sa deuxième saison complète avec les Flames. Obtenu des Blues en retour de Cory Stillman, Conroy cliqua avec Jarome Iginla et était un des meilleurs attaquants défensifs de la ligue à l'époque. Avant la saison 2003-2004, il décida de laisser le titre de capitaine à Iginla qu'il estimait prêt à assumer le rôle. Il quitta pour Los Angeles au retour du lock-out mais revint à Calgary en 2007 lors d'un échange. Il prendra sa retraite en 2010.

22. Jarome Iginla - 2003-2013
Reconnu comme le meilleur joueur de l'histoire des Flames. Iginla vient au premier rang des marqueurs et pointeurs avec 525 buts et 1095 points. Obtenu des Stars en retour de Joe Nieuwendyk, Iginla est un des meilleurs attaquants de puissance de la ligue depuis plus de 15  saisons. Il est également reconnu comme le premier capitaine afro-américain de l'histoire, ce qui est cause de débat car Dirk Graham, anciennement capitaine des Blackhawks est lui aussi de descendance africaine (mais disons qu'il est pas mal pâle).

23. Mark Giordano - 2013----
Pas facile de trouver un remplaçant à Jarome Iginla, surtout quand ton équipe n'est pas bonne et pleine de joueurs marginaux. http://www.hockeydb.com/ihdb/stats/leagues/seasons/teams/0000432014.html Giordano fut nommé car il avait le plus d'ancienneté et affichait le plus de leadership. Il semble avoir bien accepté ce nouveau rôle car il connait en ce moment sa meilleure saison avec 46 points en 61 matchs (et c'est un défenseur!).