lundi 3 août 2015

Quand la LNH snobe le Canada


 
Dans un plan d’expansion plutôt nébuleux, la LNH a fait savoir qu’elle pourrait ajouter deux équipes… mais pas nécessairement.
 
Et pour ce résultat incertain, il faut déposer 10 millions de $, dont 2 millions sont non remboursables. 
 
Devant cette approche pour le moins arrogante, surprise!  Les prétendants sont moins nombreux que prévu.  Seattle, qui a plus été courtisée par la LNH que l’inverse, s’est abstenue.  En bout de ligne, il n’y a que deux candidates, Las Vegas et Québec.  L’idée de mettre deux autres équipes dans l’ouest pour avoir 16 équipes dans chacune des conférences devient donc plus compliquée.
 
Est-ce par contre à dire que l’affaire est dans le sac pour Québec?  Bien que je le souhaite ardemment, j’attendrai avant de me réjouir.  La LNH pourrait changer d’idée, prolonger les délais pour les mises en candidature, n’ajouter qu’une seule équipe.  Après tout, ce ne serait pas la première fois que la ligue snobe le Canada.  En voici des exemples :
 
Vancouver rate l’expansion de 1967
 
Après 25 ans à six équipes, la LNH décide de doubler ses cadres.  Par contre, aucune des six nouvelles villes choisies n'est au Canada.  Certaines élues sont logiques.  Pittsburgh venait de gagner la Coupe Calder, dans la Ligue américaine.  Philadelphie avait eu des clubs dans la AHL et la EHL.  Le Minnesota, avec ses universités, est le berceau du hockey aux États-Unis.  À la limite, Los Angeles et la région de la baie de San Francisco (SF / Oakland) avaient des équipes dans la WHL.  Vancouver aussi, mais la LNH lui a plutôt préféré St-Louis, une ville qui n’avait même pas fait application… (voir texte du 19 juin 2011) 
 
Vancouver dut attendre à l’expansion suivante, en 1970
 
Les équipes de l’AMH
 
Pour la naissance de l’Association mondiale, on avait prévu faire concurrence à la LNH directement dans les plus gros marchés.  Des équipes ont été installées à New York, Boston, Philadelphie, Chicago, Los Angeles…  (Les Nordiques étaient initialement destinés à San Francisco, voir texte du 16 septembre 2011.)
 
Mais pourquoi cracher sur l’argent des promoteurs des petites villes canadiennes, prêts à investir dans ce projet incertain?  On accepta donc Edmonton, Winnipeg, Ottawa, Québec… Toutefois, les équipes dans les gros marchés américains ont toutes été des échecs.  Les quatre équipes qui ont survécu sont celles des plus petits marchés et trois d’entre elles (Québec, Winnipeg et Edmonton, l’autre étant Hartford) étaient au Canada.
 
C’est pour se débarrasser d’un concurrent gênant, qui entraînait une surenchère pour les joueurs, que la LNH finit par admettre ces quatre nouvelles équipes.  C’était toutefois après plusieurs vagues de négociations et sans grand enthousiasme.  De plus, les conditions étaient loin d’être si avantageuses (frais d’expansion et autres, protection de seulement quatre joueurs de leur alignement, repêchage après les équipes existantes de la LNH, etc.)
 
Saskatoon échappe les Blues
 
Équipe à la dérive, les Blues devaient être vendus à Bill Hunter, le premier propriétaire des Oilers, période AMH. (voir texte du 8 septembre 2014)  Son but bien avoué était de les déménager à Saskatoon.  La LNH a toutefois bloqué la transaction.  (voir texte du 23 juin 2011)  Par contre, on peut tout de même se questionner sur la viabilité qu’aurait eue le marché de Saskatoon à ce moment.
 
Hamilton construit le Copps Coliseum
 
C’est dans le but d’accueillir une équipe que la ville d’Hamilton a construit le Copps Coliseum (aujourd’hui le FirstOntario Centre).
 
Des rumeurs y ont envoyé les Rockies du Colorado et les Penguins de Pittsburgh dans les années 1980.  Les Rockies ont plutôt abouti au New Jersey, alors que les Penguins ont repêché Mario Lemieux et sauvé leur peau.
 
Elle était aussi perçue comme une favorite pour l’expansion de 1992, avec son aréna déjà construit et Ron Joyce, le riche président de Tim Hortons (voir texte du 21 septembre 2012), comme propriétaire pressenti.  La LNH a plutôt opté pour le groupe d’Ottawa, beaucoup moins solide financièrement et qui prévoyait bâtir un aréna au milieu d’un champ de maïs.  Par contre, contrairement à Hamilton, ils n’ont pas posé de questions quant aux modalités de paiement des frais d’expansion…  Au moins, Ottawa se trouve au Canada.
 
Dans les années 2000, Jim Balsillie a voulu y déménager les Penguins, les Predators, puis les Coyotes.  Mais pour des raisons de droits territoriaux des Leafs et des Sabres, de l’antipathie que semblait susciter Balsillie et ses méthodes un peu précipitées ou quoi encore, Hamilton a dû se contenter de la Ligue américaine et à partir de septembre prochain, du hockey junior.  Aujourd’hui, Copps (ou FirstOntario) serait probablement considéré comme désuet par la LNH.
 
Les Nordiques quittent Québec en 1995
 
On connaît l’histoire.  Petit marché.  Le lock-out qui se conclut sans l’imposition d’un plafond salarial.  Les salaires des joueurs qui augmentent en raison d'un accès plus facile à l'autonomie.  La désuétude du Colisée, qui ne contient pas suffisamment de loges et qui est déjà couvert par un maximum de publicités.  Le taux de change à son plus bas.  Et lorsque le groupe de Marcel Aubut a fait ses demandes au gouvernement (casino, nouveau colisée), la ligue n’est à peu près pas intervenue.  Pas de prise de contrôle de l’équipe, pas de chantage avec la ville, pas de trente-deuxième dernière chance comme ce sera le cas plus tard avec les Coyotes (et dans une moindre mesure, des Predators).  Par contre, lorsque la demande de déménager a été faite à la ligue, l’autorisation est arrivée assez rapidement.
 
Les Jets quittent Winnipeg en 1996
 
Les Jets avaient les mêmes problèmes que les Nordiques.  Un an plus tard, la ligue n’a pas fait plus d’efforts pour les retenir.  Gary Bettman s’est contenté de dire que plus personne ne voulait posséder l’équipe, avant de les expédier dans le désert, à Phoenix.
 
Les conditions d’admission des nouveaux Jets
 
Gary Bettman
On peut se douter à quel point Gary Bettman était coincé pour déraciner les Thrashers d'Atlanta, un club faisant partie de son plan de s’installer dans le sud des États-Unis, pour les déménager à Winnipeg.  Son visage d’enterrement lors de la conférence de presse en faisant l'annonce en disait long.  De plus, il a imposé des conditions : vendre 13 000 billets de saison pendant trois ans (cinq pour les meilleurs billets) à des prix parmi les plus élevés de la ligue, en trois semaines.  Aucun marché du sud des États-Unis ne s’est vu imposer la même chose.  Et celles-ci ont été imposées à un groupe de propriétaires qui comprend David Thomson, tout de même membre de la famille la plus riche au Canada.
 
Pourtant, on peut se demander quelle aurait été l’alternative si, à la fin juin, l’objectif n’avait pas été atteint?
 
Je souhaite seulement que Québec, avec son aréna tout neuf, n’hérite pas du rôle d’Hamilton, soit de celui de la ville qui sert de levier pour soutirer quelque chose à une autre ville, en menaçant d’y déménager son club. 
 
Et si je peux me permettre, j’ai la même crainte que Montréal joue aussi ce rôle au baseball.  Pour le moment, à moins d’annonces concrètes, la métropole, un marché qui a connu des problèmes aux guichets et qui possède un stade désuet, est présentée comme une alternative à Tampa Bay et à Oakland.  Et que reproche-t-on à ces deux marchés?  D’être des marchés qui ont des problèmes aux guichets, avec un stade désuet…
 
(En 2014, Tampa Bay a été dernière au chapitre des foules, avec une moyenne de 17 857, un chiffre dont les Expos ne se sont même pas approchés au cours de leurs sept dernières saisons.  Oakland, avec 25 045, est 24e, un chiffre que les Expos n’ont pas atteint au cours de leurs 22 dernières années et qu’ils n’ont atteint que cinq fois en 36 saisons.  En fait, avec leur sommet de tous les temps de 28 650 spectateurs en moyenne, atteint en 1983, les Expos auraient été 19e sur 30 en 2014…)
 
Sources :
Willes, Ed, The Rebel League, The Short and Unruly Life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, Toronto, p.246 à 261,   
 
″Une galerie contrastée…″ de Michel Marois, 6 décembre 1990, La Presse, p.S3, ″Les perdants pensent déjà à une ligue″, ″Aubut : « Ils étaient les seuls à répondre à tous les critères »″  et ″Au soleil… mais aussi au Canada!″ de Michel Marois, 7 décembre 1990, p.S2, S3, ″LNH : l’avenir de Québec passe par Winnipeg″ de Philippe Cantin, 1er juin 2011, La Presse, p.S2, baseball-almanac.com, wikipedia.org.

samedi 1 août 2015

Les derniers joueurs originaux (2ème partie)










Deuxième partie de la série sur les dernier joueurs originaux de chacune des équipes de l'histoire de la LNH. Vous pouvez lire la première partie ici. Je rapelle que par dernier joueur original je veux dire le dernier joueur actif avec l'équipe qui était présent durant leur première année d'existence. Je prends en compte les joueurs revenant au bercail plus tard dans leur carrière et pour les équipes ayant fait partie de l'AMH, je considère leur histoire en 2 parties, comme vous allez voir avec la prochaine équipe:

Oilers d'Edmonton - Kevin Lowe (1979-1998) / Al Hamilton (1972-1980)

Le dernier Oilers original de la période de l'AMH est Al Hamilton qui fut le seul à jouer pour eux durant toutes les années d'existence de la ligue. Il fut notamment leur premier capitaine et le premier de l'équipe à avoir son numéro retiré (#3). Il fit le saut avec le reste de l'équipe lors du passage à la LNH lors de la saison 1979-80 mais ce furent ses 31 derniers matchs en carrière. Il fut présent pour voir la nouvelle génération des Oilers prendre place dont le défenseur Kevin Lowe qui fit ses débuts lors de cette saison. Lowe fut un des membres importants de la dynastie des Oilers durant les années 80 et un des sept joueurs des Oilers à gagner les 5 coupes Stanley de la dynastie. Comme plusieurs de ses coéquipiers des Oilers, il fut échangé aux Rangers en 1992 et les aida à remporter la coupe de 1994. Il revint toutefois terminer sa carrière avec les Oilers de 1996 à 1998. Il fut plus tard entraineur, directeur-général et maintenant président des opérations hockey de l'équipe.

Longévité du dernier membre original des Oilers (période AMH) : 8 saisons.
Longévité du dernier membre original des Oilers (période LNH) : 19 saisons (moins quatre à NY)


Panthers de la Floride - Paul Laus (1993-2002)

Le robuste défenseur Paul Laus joua toute sa carrière dans la LNH avec les Panthers. Il fut réclamé des Penguins lors du repêchage d'expansion de 1993 mais n'avait jamais joué pour eux auparavant, jouant plutôt dans la ligue internationale et la ECHL. Il put enfin se dénicher un poste dans la LNH avec l'arrivée des Panthers en 93-94 et resta avec l'équipe jusqu'en 2001-02 où il fut nommé co-capitaine avec Pavel Bure.

Longévité du dernier membre original des Panthers : 9 saisons.


North Stars du Minnesota - J-P Parisé (67-74, 78-79) / Lou Nanne (67-78) / Bill Goldsworthy (67-76)

Il y a ambiguïté au sujet du dernier membre original des North Stars. En théorie, ce serait le regretté Jean-Paul Parisé qui serait l'élu mais il n'était pas un membre original de l'équipe, étant plutôt échangé des Maple Leafs aux North Stars au milieu de leur première saison en 1967-68. Il fut échangé aux Islanders en 1974 et plus tard aux Barons de Cleveland pour leur dernière saison en 1977-78. C'est suite à la fusion Cleveland-Minnesota après la saison 77-78 qu'il redevint un North Stars. Il joua une dernière saison en 78-79 avant d'accrocher ses patins.

Lou Nanne serait techniquement le dernier North Stars original car il s'amena au Minnesota en 1967 comme agent libre mais ne joua que 2 matchs avec eux durant leur première saison et dut attendre jusqu'à la saison suivante pour faire l'équipe de manière permanente. Par la suite, il resta avec l'équipe jusqu'à la saison 77-78, soit un an avant le dernier match de Parisé. Je ne sais pas par contre quand eurent lieu ses deux matchs joués avec l'équipe en 67-68.

Si on est plus strict et que l'on considère seulement le dernier joueur original comme étant le dernier à avoir été présent lors du premier match de l'équipe et bien ce serait Bill Goldsworthy qui contrairement à Parisé et Nanne, était la dès le début. Goldsworthy fut une des premières vedettes de l'équipe et fut capitaine de 1974 à 1976 soit jusqu'à son échange aux Rangers. 

Donc il y a 3 candidats pour le titre de dernier joueur original des North Stars. Tout dépend de votre définition du terme. Parisé devrait selon moi être l'élu malgré son exil de 4 saisons mais Nanne et Goldsworthy ont joué plus de matchs avec les North Stars que Parisé donc je n'arrive pas à me décider...

Longévité du dernier membre original des North Stars : au moins 10 saisons (Goldsworthy)


Stars de Dallas - Mike Modano (1993-2010)

Si on continue sur l'histoire de la franchise des North Stars, le dernier joueur original de la première édition de l'équipe après le déménagement à Dallas fut Mike Modano, également le dernier joueur actif de l'histoire de la franchise au Minnesota. Premier choix du repêchage de 1988, il suivit l'équipe à Dallas en 1993 et resta avec eux jusqu'en 2010 lorsqu'il signa un dernier contrat d'un an avec les Red Wings. Il est le meneur pour les buts et les points chez les joueurs d'origine américaine et fut élu au temple de la renommée en 2014.

Longévité du dernier membre original des Stars (de Dallas) : 16 saisons (plus quatre au Minnesota)


Wild du Minnesota - Marian Gaborik (2000-2009)

Chez l'autre franchise au Minnesota, leur dernier joueur original fut leur tout premier choix au repêchage, Marian Gaborik, repêché au 3ème rang en 2000 derrière Rick DiPietro et Dany Heatley. Il marqua le premier but de l'histoire de l'équipe et au moment de son départ en 2009, il était le meneur de l'histoire du Wild pour les matchs joués, les buts et les points. Il a depuis été surpassé par Mikko Koivu pour les matchs et les points mais il est toujours en première place pour les buts. Il a depuis joué pour les Rangers, les Blue Jackets et les Kings avec qui il gagna la coupe de 2014.

Longévité du dernier membre original du Wild : 8 saisons.


Sénateurs d'Ottawa - Jody Hull (1992-93, 2001-03)

Jody Hull s'amena à Ottawa pour leur saison inaugurale en 1992-93 lorsqu'il fut échangé des Rangers aux Sénateurs en retour de considérations futures. Il joua donc durant cette première saison des Sénateurs mais la saison suivante il signa comme agent libre avec une autre équipe d'expansion, les Panthers de la Floride avec qui il joua pendant 5 saisons. Il joua également pour le Lightning et les Flyers par la suite avant de revenir à Ottawa comme agent libre pour la saison 2001-02. Il se retira durant la saison 2003-04. Si on est plus strict et qu'on considère seulement le dernier joueur original comme étant le dernier à être resté avec l'équipe lors d'un seul séjour, le dernier joueur original serait Dave Archibald, qui joua de la saison inaugurale en 92-93 jusqu'à la fin de la saison 95-96.

Longévité du dernier membre original des Sénateurs (avec détours) : 10 saisons.
Longévité du dernier membre original des Sénateurs (sans détours) : 4 saisons.


Senators d'Ottawa - Frank Nighbor (1915-1930)

Pour la première incarnation des Senators d'Ottawa,  il est difficile de retracer les informations des premiers joueurs de l'équipe car les origines des Senators remontent jusqu'en 1883 lorsque le club s'appelait le Ottawa Hockey Club et je n'ai pas beaucoup de documentation à leur sujet. Je me concentre ici uniquement sur leur période d'entrée dans la LNH en 1917 jusqu'au déménagement de l'équipe à St.Louis en 1934. Le dernier joueur original des premiers Senators fut Frank Nighbor, qui était membre de l'équipe depuis la saison 1915-16 alors que l'équipe jouait dans la NHA. Il fut une pièce importante de la dynastie des Senators durant les années 20 alros que l'équipe remporta la coupe en 1920, 1921, 1923 et 1927. Il eut sa meilleure saison en 1917 alors qu'il marqua 41 buts en 19 parties, terminant ex-æquo avec Joe Malone au premier rang des compteurs. Il fut également le premier récipiendaire des trophées Hart et Lady Bing. Il joua avec l'équipe jusqu'en 1930, alors que l'équipe était en difficulté financièrement il fut vendu aux Maple Leafs. Il termina la saison à Toronto et prit sa retraite par la suite. Il fut élu au temple de la renommée en 1947.

Longévité du dernier membre original des Senators : 15 saisons.


Americans de New York - Billy Burch (1925-1932)

Les Americans de New York débutèrent leurs activités en 1925 suite au déménagement de l'équipe d'Hamilton où ils jouaient sous le nom des Tigers. Billy Burch était le premier capitaine de l'équipe et était avec les Tigers depuis 1922. Il marqua notamment le premier but de l'histoire de l'équipe. Il joua avec les Americans jusqu'en 1932 où il fut vendu aux Bruins de Boston. Il était alors en fin de carrière et fut échangé aux Black Hawks durant la saison 1932-33, suite à quoi il prit sa retraite. Il était alors le dernier joueur actif à avoir porté l'uniforme des Tigers. Il se retrouve donc également dans mon palmarès des derniers joueurs actifs.

Longévité du dernier membre original des Americans : 7 saisons.


Flames d'Atlanta et Calgary - Daniel Bouchard / Stephen Konroyd / Jim Peplinski

Comme pour les équipes de l'AMH, je préférais séparer l'histoire des Flames en deux parties. Le dernier joueur original de la franchise des Flames d'Atlanta fut le gardien Daniel Bouchard qui joua avec les Flames de leur saison inaugurale en 1972-73 jusqu'en janvier 1981, soit durant la première saison des Flames après le déménagement à Calgary. Il fut échangé aux Nordiques avec qui il joua 5 saisons. Il termina sa carrière en 1986 avec les Jets de Winnipeg.

Concernant le dernier joueur original de la première saison de l'équipe sous le nom des Flames de Calgary, il y a une égalité. Stephen Konroyd et Jim Peplinski débutèrent tous les deux leur carrière avec les Flames lors de la saison 1980-81 et terminèrent également leur carrière avec l'équipe lors de la saison 1994-95 mais il y a plusieurs bémols à apporter ici.

Konroyd joua seulement 4 matchs avec les Flames en 1980-81 et dut attendre la saison suivante avant de devenir un joueur régulier chez les Flames. Il joua à Calgary jusqu'en 1986 lorsqu'il fut échangé aux Islanders. Il joua par la suite pour les Blackhawks, Whalers, Red Wings et Sénateurs avant de revenir terminer sa carrière avec les Flames en 94-95 mais il ne joua qu'un seul match durant cette dernière saison.

Contrairement à Konroyd, Peplinski joua toute sa carrière avec les Flames à Calgary et fut notamment co-capitaine de l'équipe de 1984 à 1989. Il se retira toutefois du jeu après 6 matchs durant la saison 89-90. Il se joignit ensuite à Hockey Night in Canada comme analyste mais il tenta un retour au jeu durant la saison 94-95, ce qui ne dura que 6 matchs également, suite à quoi il prit sa retraite définitive.

Longévité du dernier membre original des Flames d'Atlanta : 8 saisons.
Longévité des derniers membres originaux des Flames de Calgary : 15 saisons.


Lightning de Tampa Bay - Rob DiMaio et Rob Zamuner

Chez le Lightning, Rob Zamuner joua de 1992 à 1999 et au moment de sa signature avec les Sénateurs en 1999, il était le dernier membre de l'édition 92-93 de l'équipe de Tampa Bay. Mais en 2005, Rob DiMaio signa comme agent libre avec le Lightning, équipe avec qui il joua également de 1992 à 1994. Il avait auparavant joué avec les Islanders avec d'être réclamé par le Lightning lors de l'expansion de 1992. DiMaio termina sa carrière avec le Lightning en 2006. Donc tout dépendamment de votre définition de dernier joueur original, vous avez deux Rob qui peuvent se disputer le titre.

Longévité du dernier membre original du Lightning (avec détours) : 13 saisons.
Longévité du dernier membre original des Lightning (sans détours) : 7 saisons.

jeudi 30 juillet 2015

La série Upper Deck 1993-94









Je viens de passer presque deux semaines à gosser avec des cartes Pro Set 1990-91 et comme on le sait, cette collection était loin d'être magnifique. C'est pourquoi j'ai décidé aujourd'hui d'aller dans la direction opposée et de parler de ma série de cartes de hockey préférée, la série Upper Deck 1993-94, selon moi la dernière collection de cartes digne de ce nom et la meilleure de tous les temps.


























Comme on le sait tous, le hobby du collectionnage de cartes de sport connut ses années fastes au début des années 90 et on eut alors droit à une période de spéculation et de surproduction sans précédent. Les compagnies de cartes de hockey se mirent à publier sans retenue et comme la compétition était féroce, ces compagnies durent innover pour se démarquer de leurs compétiteurs. Vers la moitié de la décennie, ils commençaient à pousser un peu trop loin en matière de design. On commença à retrouver de plus en plus de cartes à effets spéciaux, des hologrammes, des arrières-plans psychédéliques, des effets photoshop douteux et surtout du lettrage chromé... tout pour attirer l’œil de leur jeune public naïf qui croit que parce qu'une carte a un lettrage en or reluisant, elle vaut plus cher que celle qui n'en a pas. Ce phénomène n'était cependant pas exclusif aux cartes de sport, je pense surtout aux comics américains qui vivaient à la même époque le même cauchemar de surproduction et d'artifices visuels inutiles.

C'est ce qui fait en sorte que vers 1995, tes nouvelles cartes de hockey ressemblaient à ça...




Pour ma part, contrairement à plusieurs d'entre vous, j'ai commencé à collectionner des cartes de hockey sur le tard, soit vers 1992-93. J'ai particulièrement embarqué suite à la conquête de la coupe Stanley des Canadiens à l'été 1993. Je me rendais au club vidéo de ma ville, là où on retrouvait le plus de choix, et j'achetais plusieurs paquets de différentes compagnies comme Dunruss, Leaf, Pinnacle, Parkhurst etc... mais j'achetais surtout la nouvelle série Upper Deck de cette année-là, en espérant mettre la main sur mes joueurs préférés. J'espérais surtout trouver la carte de mon joueur favori de l'époque, Kirk Muller des Canadiens.

Kirk Muller et Wayne Gretzky






















La compagnie Upper Deck était arrivée sur la scène du hockey en 1990 et ils révolutionnèrent le hobby par leur belles cartes en carton glacé aux photos aguichantes et devinrent la principale compagnie de l'industrie, titre qu'ils ont toujours de nos jours. Si leurs premières séries étaient très populaires et très belles, c'est selon moi en 1993 qu'ils atteignirent leur zenith avec cette série 93-94 dont je vous parle aujourd'hui. Il y a quelques années, je me suis commandé une boite de paquets scellés de cette série en espérant pouvoir compléter ma collection que j'avais débuté vingt ans auparavant avant de perdre intérêt envers ce hobby. Voici donc quelques-unes de mes cartes favorites de cette série magistrale.




Les cartes Upper Deck ont toujours eu la particularité d'avoir une marge blanche sur le contour de la carte lors de leurs premières années. Cette série ne fait pas exception. Sur le devant, on retrouve un cadrage simple aux couleurs de l'équipe du joueur ainsi que son nom dans un rectangle en forme subtile de bâton de hockey. L'arrière de la carte est essentiellement construit de la même manière avec les statistiques récentes du joueur ainsi que les infos de base, sans informations inutiles comme les passe-temps du joueur ou ce qu'il fait avec ses beaux-frères durant la saison morte.



Mais l'élément qui fait de cette série la meilleure de tous les temps selon moi est la qualité des photos. Upper Deck se distinguait déjà des ses compétiteurs avec leurs excellentes photographies des joueurs mais ils se surpassèrent durant la production de cette série où les photos sont tellement bonnes que lorsque je feuillette mon cartable, il y a tellement de mouvement dans les photos que j'ai l'impression de me retrouver dans un vidéo récapitulatif de la saison 92-93, qui est également une des saisons les plus excitantes de l'histoire.



Le choix des photos était excellent pour la grande majorité des cartes et parfois la 2ème photo à l'arrière de la carte était souvent meilleure que celle sur le devant. Les autres compagnies avaient tendance à ne mettre que le visage du joueur à l'arrière mais Upper Deck nous en donnait pour notre argent avec deux bonnes photos. La série 93-94 n'était pas la première à inclure deux photos mais dans les années précédentes, le design n'était pas aussi parfait et les statistiques étaient disposés à l'horizontal tandis que la photo était à la verticale, ce qui n'avait pas le même impact... 



Les cartes des gardiens de buts étaient souvent à l'horizontale et les gardiens n'étaient presque jamais photographiés au repos mais bien souvent en situation de péril ou bien encore mieux en train d'effectuer un arrêt. 



On était loin des cartes souvent décevantes de gardiens de buts photographiés pendant l'hymne national ou bien durant les échauffements d'avant-match. Cette carte de Bob Essensa est définitivement une de mes préférées.



J'aime particulièrement les cartes où l'on voit le joueur tenter de marquer un but et/où célébrant un but marqué. Sur cette carte de Dino Ciccarelli on a droit aux deux options.



C'était également la première année où l'on pouvait retrouver des cartes des nouvelles équipes d'Ahaheim et de la Floride. Celle-ci de Troy Loney est une des mes favorites, particulièrement à cause de la photo à l'arrière de la carte.

 
Pour une raison quelquonque, je crois que le photographe et/ou le graphiste de cette série affectionnait particulièrement les Stars de Dallas (nouvellement déménagés du Minnesota) alors que beaucoup des cartes les plus spectaculaires de cette série sont des cartes des Stars. En voici quelques-unes...



Voici d'autres excellentes cartes de gardiens de but.



Comme n'importe quelle série de cartes de hockey, on retrouve également quelques spécimens de cartes plus bizarres que les autres. En voici quelques-unes.


Joel Otto plaquant Dino Ciccarelli à l'avant et jouant au football à l'arrière...


Arturs Irbe au repos à l'avant et en action à l'arrière...


Chris Kontos relaxant au soleil à l'avant mais une photo en action à l'arrière...


Mark Messier recevant un "headbutt" de la part d'Eric Lindros et une photo à l'entrainement à l'arrière...


Cette photo bizarre de Sandis Ozolinsh à l'arrière...


En plus des cartes régulières, on a aussi droit à des cartes spéciales comme celles des "Team points leaders" pour chacune des équipes. Il y avait aussi les cartes de chacun des joueurs ayant atteint la marque des 100 points. Et comme la saison 92-93 était une des plus explosives de l'histoire moderne, on en retrouve un bon paquet. Normalement je n'aime pas ces cartes spéciales dans les autres séries, je pense notamment à des séries comme Score ou Topps qui nous sortaient des cartes d'équipes inutiles et pas attrayantes. Mais dans la série Upper Deck 93-94 j'adore ces cartes spéciales.


On retrouve dans cette série plusieurs cartes où les photos furent prises lors de la finale de 1993 entre les Kings et les Canadiens. Comme cette carte de Kelly Hrudey où l'on peut voir derrière lui le trophée Clarence S. Campbell remis aux champions de l'association Ouest, qui était alors nommée Conférence Campbell.


Carte parfaite d'Al Iafrate, démontrant son tir frappé foudroyant.


Excellente carte de Garry Valk de la jeune équipe des Mighty Ducks. Contrairement à la plupart des cartes de cette série. Ces photos furent prises lors du début de la saison 93-94 et non pas en 92-93.


Pour terminer, c'est Patrick Roy qui selon moi se retrouve avec la plus belle carte de la série. À l'avant de la carte on a droit à cette splendide photo de la finale où il effectue un arrêt devant une moitié de Wayne Gretzky dans le cadrage de la photo. C'est difficile à voir mais la rondelle est dans la mitaine de Roy. On ne peut pas espérer une meilleure photo représentant cette finale et cette saison magique. À l'arrière on a aussi droit à une magnifique photo de l'équipe célébrant autour de Saint-Patrick. 

On ne peut pas faire mieux selon moi en terme de carte de hockey. Cette carte est parfaite. Je crois que c'est ce qui m'a éventuellement fait abandonner ce hobby dans les années 90. Comment continuer à collectionner des cartes et à espérer trouver son compte lorsque la perfection a déjà été atteinte ? Surtout qu'après cette saison magique, le Canadien ne s'est jamais relevé de brosse après cette victoire et l'équipe s'est graduellement dégradée au courant des saisons suivantes. En 1995, plusieurs de mes joueurs favoris avaient quitté l'équipe et le jeune adolescent que j'étais commençait à être désillusionné. Je pense à Mike Keane, Stéphan Lebeau, Brian Bellows, Eric Desjardins et surtout Patrick Roy. C'est peut-être pas une coïncidence que les cartes de hockey commençaient à devenir de plus en plus laides à la même époque. Quoiqu'il en soit j'ai abandonné les cartes de hockey et je me suis adonné à d'autres passe-temps comme le punkrock et le snowboard. 

Et je n'ai jamais eu ma carte de Kirk Muller... jusqu'à l'année 2013 où je me suis commandé mes nouveaux-anciens paquets et j'ai pu enfin compléter la boucle.


Perfection atteinte de nouveau.. Bordel que je m'ennuie de 1993...

mardi 28 juillet 2015

Passe-temps perdus 1990









J'étais en vacances cette semaine et comme la température n'est pas de notre côté cet été, j'ai décidé de rester chez moi et de réaliser un projet que j'avais en tête depuis un bon moment. Depuis que j'ai vu le travail de Marc-Antoine K. Phaneuf et son exposition "Peinture Canadienne" (où j'avais également participé en faisant don de cartes) j'avais en tête de moi aussi réaliser une oeuvre d'art à partir de cartes de hockey. Pour ma part j'avais envie de célébrer une série de cartes qui est souvent considérée comme une des pires de l'histoire, la série Pro Set 1990-91, qui est célèbre par son design douteux, ses mauvaises photographies et les nombreuses erreurs factuelles qu'ils ont commis lors de la production de ces cartes. Cette série est également ridiculisée par le fait qu'elle inclut une quantité abusive de cartes comprenant plusieurs joueurs marginaux, des prospects obscurs ainsi que les cartes inutiles des entraîneurs, des équipes, des arbitres et des trophées de la ligue.

J'avais déjà cette série dans un cartable mais comme je ne voulais pas la détruire avec ce projet, je me suis commandé la même série au complet. J'ai aussi trouvé sur internet un jeu de hockey sur table Wayne Gretzky Overtime Hockey, le même que j'avais quand j'étais jeune. J'avais donc finalement tous les éléments en main pour réaliser mon oeuvre.

Voici donc "Passe-temps perdus 1990" où l'on retrouve l'entièreté des 700 joueurs et cartes de la série Pro Set 1990-91 réunies dans un jeu de hockey sur table. C'est en quelque sorte une combinaison de quelques-uns de nos passe-temps d'enfance qui sont restés oubliés dans les années 90, surtout après le déclin général du hobby des collections de cartes de sports. Le jeu de table date d'ailleurs de l'année 1990, la dernière année du hockey à 21 équipes avant les nombreuses expansions durant la décennie.


Cliquez sur les photos pour une meilleure résolution.

 Vue d'ensemble

 Vue d'en haut

Close-up sur Bobby Smith

Close-up sur Kevin Hatcher (celui qui regarde en l'air)

Les cartes avec les joueurs en gros plan le sont également ici, accotés sur la bande. 

Close-up sur Kirk McLean, Luc Robitaille et 2 joueurs des Leafs.

 
La fameuse carte de la Puck, au centre de la glace avec les différents trophées de la ligue.

Les cartes des entraineurs et leurs équipes respectives sont à leur place, 
à l'arrière derrière le banc. 

 L'entraineur Bob Murdoch des Jets avec son trophée Jack Adams... 
À droite c'est Tom Watt, entraineur des Maple Leafs.

Close-up sur Patrick Sundstrom ou Peter Stastny des Devils (#17)
 
Les gardiens de but sont tous dans le même paquet, devant les buts bien sûr.
 
Close-up sur Ed Belfour
 
Close-up sur les deux premiers choix du repêchage de 1990, Owen Nolan et Petr Nedved.
 

Un intrus en noir et blanc ici, Alex Delvecchio.


Je pense qu'ils cherchent la puck...


Vue d'en arrière


Variante - Finale de 1990 Edmonton vs. Boston

Variante - Juste les arbitres...

 Variante - Joueurs encore actifs dans la LNH




C'est ce qui conclut cet article, j'espère que vous avez apprécié. Merci à Marc-Antoine K. Phaneuf pour l'inspiration. Merci au gars sur Kijiji qui vendait ses cartes et l'autre qui vendait son hockey sur table à des bons prix. Merci à ma compagne Isis pour les photos, sa patience et son enthousiasme envers mes projets de geek. Merci également à la défunte compagnie Pro Set pour ce set de carte mal-aimé qui peut maintenant être vu sous un autre oeil.