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jeudi 1 décembre 2016

Grant Warwick



Natif de Régina, Grant Warwick a joué au niveau junior dans sa ville.  En 1940, son équipe se rendit au tournoi de la Coupe Memorial, mais sans remporter le titre.

L’année suivante, le petit attaquant gradua au niveau senior, toujours à Régina.  Son équipe aspira encore aux grands honneurs mais cette fois, elle alla jusqu’au bout en remportant la Coupe Allan.  En ces années, un tel titre donnait le droit de représenter le Canada aux championnats du monde, où une médaille d’or était presque assurée.  Par contre, comme la guerre faisait rage en Europe, la compétition n’eut pas lieu.  Dans le cas de Warwick, la déception fut moins grande, puisqu’il n’y aurait pas été de toute façon.  Il avait gradué dans la LNH, avec les Rangers de New York.

Warwick connut une excellente saison dans la Grosse pomme, avec une fiche de 16-17-33 en 44 matchs.  Sa performance lui valut le Trophée Calder, remis à la recrue de l’année.  Il fut entre autres préféré à son coéquipier, le gardien « Sugar » Jim Henry, Émile « Butch » Bouchard et Buddy O'Connor.

Au niveau de l’équipe, les Rangers terminèrent en tête de la ligue, avec une fiche de 29-17-2.  En séries, ils durent toutefois s’incliner dès le départ, face aux Leafs.

Les Rangers furent ensuite sévèrement affectés par la guerre et perdirent de nombreux joueurs.  Ils passèrent donc de la première à la dernière place en une seule saison, dans ce qui s’avéra le début d'une longue traversée du désert.  D’ailleurs, ils durent attendre 48 ans avant de terminer à nouveau en tête de la ligue.

Warwick continua sa carrière dans ce contexte difficile avec les Rangers, et fut rejoint pour quelques matchs par son frère Bill.

En 1947, Warwick participa au match des étoiles, mais au cours de l’année suivante, il fut échangé aux Bruins, contre le parieur Billy Taylor (dont Boston voulait se débarrasser) et Pentti Lund.

Warwick passa une saison et demie avec les Bruins, avant de se retrouver à Montréal en octobre 1949.  Son passage avec les Canadiens fut toutefois de courte durée.  Après avoir joué 26 matchs, il se fractura le nez.  Il fut ensuite envoyé dans la Ligue américaine, avec les Bisons de Buffalo.  Il ne retourna jamais dans la LNH, mais continua sa carrière.

En 1952-53, des partisans des V’s de Penticton passèrent le chapeau au cours d’un match et amassèrent 1300$ pour payer pour sa libération des Bisons.  Warwick se retrouva donc dans la ligue senior de l’Okanagan, où il alla retrouver ses frères Bill et Dick.  Les V’s atteignirent la finale de la Coupe Allan, mais ils s’inclinèrent devant les Dutchmen de Kitchener-Waterloo.  De son côté, Warwick fut choisi au sein de la première équipe d’étoiles de la ligue pour une première de quatre fois consécutives.

L’année suivante, Warwick devint joueur-entraîneur.  Les V’s se rendirent alors à nouveau jusqu’à la finale de la Coupe Allan.  Au cours du tournoi, Warwick accumula 46 points en 23 matchs, pour s’assurer de remporter un deuxième titre, 13 ans après son premier avec Régina.

Cette fois, il n’y avait pas de guerre pour empêcher Warwick de se rendre aux championnats du monde, en Allemagne de l’Ouest.  Les V’s avaient par contre sur leur chemin la puissante équipe soviétique, qui avait remporté son premier titre l’année précédente.

Au dernier match, les deux équipes, invaincues, s’affrontaient dans une rencontre qui allait décider du gagnant du tournoi.  Warwick décida alors de ne pas enfiler l’uniforme, pour pouvoir se concentrer sur sa tâche d’entraîneur.

La foule bruyante, qui comprenait de nombreux militaires canadiens stationnés en Allemagne de l’Ouest, appuya le Canada, qui vengea l’échec de l’année précédente et battit l’URSS, 5-0.  Bill Warwick compta deux des buts.  Penticton, une petite ville de Colombie-Britannique qui avait à ce moment une population inférieure à 12 000 habitants, avait ses champions du monde.

Après Penticton, Warwick s’arrêta à Trail, avec les Smoke Eaters, toujours avec ses frères, puis à Kamloops, avant de continuer sa carrière d’entraîneur.

Il est aujourd’hui membre du Temple de la renommée de la Saskatchewan.

Grant Warwick est décédé en 1999, à l’âge de 77 ans.

Sources : « Penticton Grabs World Puck Title » de Arch McKenzie, Canadian Press, 7 mars 1955, Calgary Herald, p.22, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

dimanche 27 novembre 2016

Trêve de hockey #89 - Le Fog Bowl



En ce jour de Coupe Grey, voici un billet au sujet de l'une de ses éditions qui est passée à l'histoire.

Fin des années 1950, début des années 1960.  Deux équipes dominent la Ligue canadienne de football : les Blue Bombers de Winnipeg dans l’ouest et les Tiger-Cats de Hamilton dans l’est.  La confrontation de 1962 était la cinquième en six ans entre ces deux équipes.  Les Bombers en ont remporté trois.
 
Le match de la Coupe Grey était prévu pour le samedi après-midi, à l’Exhibition Stadium de Toronto.
 
C’est Garney Henley qui a ouvert le pointage pour Hamilton, avec un touché sur un jeu de 74 verges.  Le converti a par contre été raté par Don Sutherin.
 
 
 
Au début du deuxième quart, les Bombers ont répliqué avec un touché de Leo Lewis.  Charlie Shepard a suivi avec un autre pour donner l’avance à Winnipeg.  Hamilton revint avec deux touchés, mais un autre converti fut raté.  La marque était donc 19-14 Hamilton.
 
C’est alors qu’un épais brouillard venant du lac Ontario se leva, même si la chose était habituellement rare, surtout en après-midi.  Il est devenu très difficile aux spectateurs sur place et aux téléspectateurs de CBC et ABC de suivre l’action.
 
Sur le terrain, le jeu de passe devint presque impossible et le travail des retourneurs drôlement compliqué.  Garney Henley affirma qu’on pouvait voir les adversaires s’approcher, mais seulement de la taille vers le bas.
 
À la demie, les cheerleaders se cognaient entre elles.
 
 
Lewis et Henley marquèrent leur deuxième touché respectif.  Don Sutherin, qui définitivement eut un match difficile, marqua un simple sur une tentative de placement ratée.  Il faut dire que réussir un placement dans un tel brouillard ne devait pas être évident…
 
Avec une marque de 28-27 et un peu plus de cinq minutes à faire au quatrième quart, l’arbitre décida que la situation devenait intenable et décida de prendre une pause de 20 minutes.
 
Une fois terminée, le commissaire Syd Halter décida qu’il n’y avait rien à faire.  Le match fut suspendu jusqu’au lendemain.
 
À leur retour, aucune équipe n’a marqué.  Les points ratés de Sutherin ont mal.  Winnipeg l’a emporté 28-27.  Leo Lewis a été désigné joueur du match.
 
Le légendaire Jackie Parker, des Eskimos, qui assistait au match comme spectateur, déclara alors qu’il s’agissait du meilleur match qu’il n’a jamais vu…
 
ABC n’a pas rediffusé de match de la LCF par la suite.
 
Sources :  « The Story of the 1962 Grey Cup » d’Alan Christie, 11 octobre 2008 (cfl.ca), wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca.

samedi 26 novembre 2016

Les recordmen des autres ligues (4e partie)






Histoire de ne rien laisser pour compte après avoir recensé les détenteurs des records offensifs des nombreuses ligues et ex-ligues d’Amérique du nord, voici ceux du vieux continent en commençant par les pays nordiques. Je suis même allé dans des pays où le hockey n'est pas très développé.

Si vous avez manqué les autres parties, voici les liens:


Swedish Hockey League "Elitserien" (1975-)

Fredrik Bremberg (1990-2011)
773 PJ - 206 B - 375 P - 581 PTS


La SHL est le plus haut niveau de hockey joué en Suède depuis sa création en 1975 sous le nom de la Elitserien. Sa création coïncide également à l’arrivée de plusieurs joueurs suédois dans la LNH. La ligue fut l’hôte de plusieurs vedettes au fil des années comme Hakan Loob, Mats Naslund, Kent Nilsson, Peter Forsberg et Mats Sundin.

Le meneur de tous les temps pour la SHL est né sous le nom de Fredrik Lindquist et fut un choix de 3e ronde des Devils en 1991. Il changea toutefois de nom de famille pour Bremberg en 2003. Il ne s’aligna cependant jamais avec les Devils et resta avec le club Djurgården IF de la SHL jusqu’en 1998 lorsque ses droits furent échangés aux Oilers dans un échange impliquant plusieurs choix au repêchage (dont un qui devint Brian Gionta). Il joua 8 matchs avec les Oilers en 1998-99 sans récolter de points et fut retourné dans les mineures avec les Bulldogs d’Hamilton. Il joua la saison suivante en Suisse avant de retourder dans la SHL en 2000-01. Sa meilleure saison fut celle de 2006-07 durant laquelle il récolta 64 points en 53 matchs. Il remporta une seule fois le championnat de la SHL, soit en 1991. Il se retira après la saison 2010-11.


Liiga (Finlande) 1975-

Janne Ojanen (1985-2010)
876 PJ - 283 B - 516 P - 799 PTS

Comme la SHL, la Liiga fut créée en 1975 est demeure depuis la référence en Finlande, cultivant au passage plusieurs joueurs légendaires comme Jari Kurri, Teemu Selanne, Esa Tikkanen, Saku Koivu et autres.

Et comme la SHL vue précédemment, le meilleur pointeur de l’histoire de la Liiga est un ancien choix des Devils. Janne Ojanen fut sélectionné en 1986 par New Jersey après son stage junior. Il joua ensuite pour l’équipe de sa ville natale de Tappara en plus de s’aligner avec l’équipe Finlandaise lors de la coupe Canada de 1987 et pour l’équipe Finlandaise aux Olympiques de 1988. Il fit le saut dans la LNH lors de la saison 1988-89 avec les Devils mais ne joua que 3 matchs avec eux et passa la majorité de l’année dans la ligue américaine. Il joua ensuite la saison 89-90 au complet avec les Devils (fiche de 30 points en 64 matchs) mais décida de retourner jouer à Tappara par la suite. Il joua donc les deux saisons suivante dans la Liiga mais retenta un retour avec les Devils en 1992-93 où il joua une trentaine de matchs avant d’être renvoyé dans les mineures. Ce fut la fin de son aventure en Amérique et il retourna par la suite avec le club de Tappara où il évolua presque exclusivement jusqu’à sa retraite en 2010. Il fut également le capitaine du club à partir de 2000 et gagna en tout trois fois le championnat avec eux (1986, 1987, 1988 et 2003). Il fait aussi partie du temple de la renommée finlandais.



Metal Ligaen (1954-)


Todd Bjorkstrand (1988-2002)
550 PJ - 627 B - 572 P - 1199 PTS


La première ligue en importance du Danemark a maintes fois changé de nom depuis sa création en 1954. Elle porte présentement le nom de Metal Ligaen en fonction du sponsor en place, l’acierie Dansk Metal. Bien qu’elle n’a jamais eu un niveau de jeu comparable à d’autres ligues comme la Liiga et la SHL, elle fut l’hôte de quelques joueurs Danois de renom comme Frans Nielsen et Peter Regin en plus d’héberger quelques ex-joueurs de la LNH.

Bien que son nom a des racines scandinaves, Todd Bjorkstrand est originaire du Minnesota et évolua 4 ans à l’Université du Maine et quelques saisons dans la IHL et la ACHL dans les années 80 avant de faire le saut en Europe avec le club Herning IK de la ligue du Danemark. Il joua ensuite jusqu’à sa retraite en 2001-02 avec ce même club et avec qui il remporta le championnat de la ligue à 7 reprises. Il devint ensuite entraineur de l’équipe et sous sa tutelle il développa le premier joueur Danois à jouer dans la LNH, Frans Nielsen (avec les Islanders en 2006) en plus de quelques autres comme Peter Regin et l’actuel gardien des Maple Leafs, Frederik Andersen. Il est présentement entraineur dans la ligue d’Autriche. Son fils Oliver joua également sous ses ordres avec Herning et fut plus tard repêché par les Blue Jackets en 2013.



GET Ligaen (Norvège) 1935-

Erik Kristiansen (1977-1998)
633 PJ - 498 B - 397 P - 860 PTS


La première ligue norvégienne fut fondée en 1935 et comme plusieurs ligues en Europe, elle est nommée selon son sponsor principal, dans ce cas-ci le câblodistributeur GET-As. La Norvège n’étant pas vraiment un joueur majeur dans le hockey, les quelques joueurs issus de ce pays à s’être démarqué l’ont fait dans d’autres ligues, surtout en Suède. C’est le cas de joueurs comme Mats Zuccarello, Espen Knutsen et Patrick Thoresen qui ont tous joué en Suède avant de se rendre à la LNH.

À l’exception d’une saison passée en Suède en 1987-88, Erik Kristiansen joua toute sa carrière dans son pays natal avec le club des Dragons de Storhamar où il joua durant 20 saisons et remporta 3 championnats. Sa meilleure saison fut celle de 1985-86 où il récolta 79 points en 37 matchs. Il remporta le championnat avec Storhamar lors de trois saisons consécutives, soit de 1995 à 1997. Il joua également près d'une centaine de parties sur la scène internationale pour l'équipe de la Norvège. Son numéro 20 fut retiré par les Dragons après sa retraite.


Ice Hockey Iceland (1991-)

Stefan Hrafnsson (2000-2014)
84 PJ - 93 B - 111 P - 204 PTS




À première vue on pourrait croire qu’une nation du nom de l’Islande aurait une bonne tradition de hockey mais contrairement à ce que le film “Mighty Ducks 2” nous a laissé croire, le hockey organisé en Islande est toujours au stade embryonnaire. La nation est classée au 35e rang mondial (derrière Israël et le Mexique) et le pays n’eut sa première glace artificielle qu’en 1987 et encore ce n’était qu’une patinoire extérieure qui ne fut recouverte qu'à la fin des années 90. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le climat de l’Islande est très instable et les glaces naturelles sont donc très peu courantes donc le hockey et le patinage ne se sont jamais vraiment développés là-bas. De nos jours on ne compte que trois patinoires intérieures sur le territoire Islandais dont deux à Reikjavik et l’autre à Akureyri. La Icelandic Hockey League existe depuis 1991 et le nombre d’équipe a varié entre 3 et 4 par saison depuis. Il y a présentement 4 équipes dans la ligue dont 3 sont situées à Reykjavik et la ligue ne joue environ qu’une vingtaine de matchs par saison. Il ne s’agit pas d’une ligue professionnelle cependant mais plutôt d'une ligue amateure alors qu’aucun joueur n’est payé.

Le Gretzky Islandais se nomme Stefan Hrafnsson avec 204 points en 84 matchs en carrière, et ce au sein de plusieurs équipes dont le club sur la photo, le Skautafélag Rekjavikur (avec le chandail à la Rangers). Mais il ne devrait pas rester au 1er rang bien longtemps alors qu’il a seulement 2 points d’avance sur celui au 2e rang, un joueur du nom de Sigurdur S. Sigurdsson. Il faut également apporter un bémol avec ces statistiques car elles sont difficiles à confirmer sur les sites de statistiques dont certaines saisons semblent manquantes.


C'est tout en ce qui concerne les ligues des pays dits "Nordiques" (en excluant la Russie qui n'est pas considérée dans le lot selon Wikipedia). Il existe tellement de ligues en Europe que j'ai préféré y aller par région géographique. Dans la prochaine partie, je pense parler des ligues de l’Europe de l'ouest (France, Allemagne, Angleterre, etc..)


Sources:

lundi 21 novembre 2016

Renfrew Tape



La petite ville de Renfrew, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Ottawa, a marqué l’histoire du hockey à sa façon.  Les Creamery Kings de l’endroit ont été au cœur de la fondation de la National Hockey Association (NHA), l’ancêtre de la LNH.  Leur propriétaire, Ambrose O’Brien a également fondé les Canadiens.  Quant au père d’Ambrose, Michael, il a fait don de la Coupe O'Brien.
 
Renfrew est aussi la ville natale de « Terrible » Ted Lindsay, joueur important des Wings des années 1950 et l’un des premiers à avoir voulu fonder une association des joueurs. (voir texte du 9 février 2015)
 
Mais de nos jours, Renfrew est aussi associé au hockey d’une façon qui touche beaucoup plus de gens, et pas seulement les professionnels.  C’est là qu’est fabriquée une importante proportion du ruban de hockey disponible sur le marché.
 
C’est en 1980, en pleine récession, qu’a été fondé la Renfrew Tape Company.  Au départ, les opérations étaient modestes et l’entreprise ne comptait que sept employés.  Par contre, elle a su se faire un nom et gagner en popularité.
 
En 1985, elle a innové en développant le ruban transparent de polyéthylène, pour tenir les jambières de joueur en place.
 
Renfrew Tape a ensuite été acheté en 1995 par Scapa Group plc, une multinationale établie dans la région de Manchester.  Cette dernière produit une grande variété d’adhésifs techniques pour plusieurs industries et ce, dans plusieurs pays.

L'usine de Renfrew
 
L’achat par une entreprise étrangère aurait pu signifier la fermeture de la petite usine de Renfrew, mais pourtant non.  Elle a plutôt pris de l’expansion, d’abord en 1998, puis en 2004.
 
Aujourd’hui, elle compte 160 employés, ce qui est important pour une ville de 8200 habitants.  Elle fabrique également des produits pour des usages commerciaux, industriels et médicaux, en plus de pellicule adhésive de haute performance.
 
Quant au ruban de hockey, il est maintenant disponible en plusieurs couleurs et avec des motifs. 

Renfrew Tape prétend avoir été dans la chambre des champions de la Coupe Stanley 20 ans de suite.  Il est également le fournisseur officiel de USA Hockey.
 
Sources : “Province gives Scapa cool quarter-million” de Lucy Hass, 20 mai 2009, Renfrew Mercury (insideottawavalley.com), “Scapa Tapes GM saluted as he heads into retirement” de Steve Newman, 15 août 2013, Renfrew Mercury (insideottawavalley.com), scapa.com/en/renfrewtape/.

samedi 19 novembre 2016

Les Devils, une organisation de Mickey Mouse



Il y a 33 ans aujourd’hui eut lieu un match qui passa à l’histoire, pour plusieurs raisons.

Les jeunes Oilers avaient pris leur envol.  Ils avaient atteint la finale l’année précédente, mais ils avaient dû s’incliner devant les expérimentés Islanders, qui s’étaient ainsi mérités une quatrième Coupe consécutive.

Wayne Gretzky venait de connaître une ″petite″ saison, avec ″seulement″ 196 points, ce qui lui a valu un troisième Trophée Art Ross.

En 1983-84, les Oilers connaissent un excellent début de saison, avec une fiche de 16-3-1.  Gretzky était évidemment en tête des pointeurs de la ligue, avec 54, pas moins de 19 points d’avance sur le deuxième, son coéquipier Jari Kurri.

En ce samedi, les Oilers recevaient les Devils du New Jersey.  Ceux-ci disputaient une deuxième saison dans le Garden State, après avoir déménagé du Colorado, où ils étaient les Rockies.

Organisation médiocre depuis sa fondation en 1974 à Kansas City (sous le nom de Scouts), les Devils avaient terminé 19e sur 21 l’année précédente.  Par contre, ils n’avaient pas pu bénéficier d’un bon choix au repêchage pour s’améliorer puisque, comme c’était leur habitude, ils avaient échangé leur premier choix deux ans auparavant contre un joueur marginal, Bob Lorimer.  Avec la troisième sélection de l’encan de 1983, les Islanders avaient choisi… Pat Lafontaine.

Avec une fiche de 2-17, les Devils étaient évidemment derniers de la ligue, 8 points derrière les avant-derniers, les Penguins.  Le duel s’annonçait donc des plus inégaux.

Les Devils ont surpris Edmonton avec deux buts en début de match, mais par la suite, les Oilers se sont mis en marche.  Leur premier but a été marqué par Gretzky.  Qui d’autre?

Les Oilers en ont marqué quatre en première période, quatre en deuxième et cinq en troisième dans ce qui s’avéra un massacre.

Avec 3 buts et 5 passes, Gretzky connut une des 16 parties de 8 points ou plus au cours de l’histoire de la LNH.  (Il rééditera cet exploit une autre fois, en janvier 1984.)  Quant à Kurri, il marqua 5 buts, une performance qu’on n’a vu qu’à 60 reprises dans la Ligue nationale.  Trois de ses buts ont été marqués en troisième période.  Il a ajouté une aide.

La marque finale a été de 13-4.  Les Oilers étaient ainsi à trois buts du record de 16.

À la fin du match, Gretzky est sorti de sa réserve habituelle.  Après avoir exprimé une profonde sympathie envers son ex-coéquipier Ron Low, le gardien victime des 8 premiers buts et Glenn Resch, qui a accordé les cinq autres, le Great One a crucifié la direction des Devils.

Il a mentionné que l’équipe avait été épouvantable à Kansas City, qu’elle avait été affreuse au Colorado, qu’elle n’était pas mieux au New Jersey et qu’elle offrait « a Mickey Mouse operation » sur la glace.

L’expression colla aux Devils pendant un moment.  Et au match suivant entre les deux équipes au New Jersey, on attendit Gretzky de pied ferme.  (Les Oilers l’ont tout de même emporté, par la marque de 5-4.)
 

Sources : « Devils’ organization criticized by Gretzky », UPC, 21 novembre 1983, Montreal Gazette, p.D3, hockeydb.com.

jeudi 17 novembre 2016

La deuxième AMH (2003-2009)







Voici le récit d’une ligue qui n’a jamais vraiment débuté ses activités et qui est disparue péniblement et discrètement du radar. Si vous trouviez que l’AMH originale était un peu "boboche" et bien attendez de voir l’histoire de la deuxième AMH.


Bobby Hull, lors du dévoilement de la nouvelle AMH


En 2003, alors que le climat du hockey professionnel s’annonçait ombrageux avec l’arrivée imminente d’un autre lock-out, deux hommes d’affaires du nom de Allan Howell et Nick Vaccaro annoncèrent la résurrection de la World Hockey Association (ou Association Mondiale de Hockey) dont ils acquirent les droits d’appellation. Ils nommèrent l’ancienne star de l’ancienne AMH, Bobby Hull, comme commissaire de la ligue et entreprirent de procéder à l’implantation d’équipes professionnelles dans plusieurs marchés majeurs à temps pour la saison 2004-05. Ils espéraient ainsi profiter du vide qu’allait laisser le lock-out afin de lancer leur nouvelle ligue avec un bon momentum et de capitaliser sur l’absence de la LNH.


WHA2 (2003-2004)


Afin de lancer leur entreprise, la nouvelle AMH commença tout d’abord par créer sa propre ligue mineure de développement avec la création de la WHA2 pour la saison 2003-04, soit un an avant le lancement proposé de la grande ligue en 2004-05. La WHA2 opéra avec 6 clubs en Floride, en Georgie et en Alabama. Plusieurs de ces clubs provenaient d’une ancienne ligue semi-pro, la Atlantic Coast Hockey League. On espérait ainsi préparer au moins une base pour les futures équipes de la nouvelle AMH mais la WHA2 ne fut en place que durant cette seule saison. Le proprio de la WHA2, David Waronker, eut une mésentente avec les proprios de l’AMH qui lui ordonnèrent de cesser d’utiliser le nom après cette seule saison. Les clubs survivants joignirent ceux d’une autre ligue, la South East Hockey League et créèrent par la suite la Southern Professional Hockey League (SPHL), ligue qui existe toujours.

Comme son ancêtre, la nouvelle AMH voulait également capitaliser sur les faiblesses de la LNH mais cette fois-ci, plutôt que d’offrir des contrats faramineux et de voler des vedettes à la LNH, la nouvelle AMH aurait implanté un cap salarial de 15 millions de dollars par équipe. Bobby Hull était cependant catégorique que l’AMH ne rivaliserait pas avec la LNH, mais offrirait plutôt une “alternative” à la grande ligue. Écœuré du système en place, il tenait également à implanter de nouveaux règlements comme le retrait de la ligne centrale, la diminution de l’obstruction, les dégagements refusés sans contact et la réduction de l’équipement des gardiens de buts. Ironiquement, tous ces changements proposés ont plus tard été adopté par la LNH.

La nouvelle AMH annonça lors de sa première conférence de presse la création de ses propres équipes “Original 6” avec tout d’abord des équipes à Halifax, Québec, Detroit, Dallas, Orlando et Jacksonville en Floride. Plus tard il fut décider de n’opérer qu’une seule équipe en Floride. Ils annoncèrent également la venue possible d’équipes à Toronto, Hamilton et Vancouver, ce qui aurait donné 8 équipes au total pour la première saison de la ligue.

5 de ses équipes allèrent jusqu’à adopter un nom et un logo; les Gladiators de Detroit, les Americans de Dallas, les Toros de Toronto, les IceBreakers d’Halifax et bien sûr les NORDIKS de Québec. Voici quelques faits marquants de la courte histoire de ces quelques franchises qui, à leur manière, ont beaucoup imité les anciens clubs de l’ancienne AMH avec leurs plans un peu broche-à-foin…




Les Gladiators de Detroit auraient évolué non pas au Jos Louis Arena mais plutôt au Silverdome de Pontiac, une banlieue de Detroit au Michigan. Cet aréna n’avait cependant jamais accueilli du hockey auparavant et n’avait plus d’occupant depuis 2002. Il fut fermé en 2006 et vendu aux enchères en 2009 et referma en 2013 suite à quoi il fut démoli. Les Gladiators nommèrent l’ancien joueur Moe Mantha comme le premier entraineur de l’équipe, la seule de la ligue à avoir eu un entraîneur officiel.





Les Americans de Dallas espéraient être la franchise phare de la ligue et misaient particulièrement sur un de leur actionnaire minoritaire, le gardien vedette Ed Belfour qui aurait fait un Mario Lemieux de lui-même en devenant lui aussi joueur/proprio. Un peu comme Bobby Hull avec les Jets de 1972, Belfour aurait lui aussi amené une crédibilité à la nouvelle ligue.





Les Toros de Toronto auraient fait revivre l’ancien surnom de l’équipe de la vieille AMH qui exista de 1973 à 1976 mais avec un nouveau logo. Ils voulaient occuper le Ricoh Coliseum de Toronto mais furent empêchés par les Maple Leafs qui voulaient y déménager leur club école, les Marlies, qui évoluaient jusque là à Saint-John’s.





Les IceBreakers auraient été la première équipe professionnelle de l’histoire d’Halifax. Ils n’eurent cependant pas le temps de développer autre chose qu’un logo (inspiré des Islanders?).





Le président de la nouvelle équipe de Québec était l’avocat Jean-Paul Boily. Il décida de faire revivre les anciens Nordiques sous l’épellation NORDIKS avec un K parce que c’est plus “Kool” mais aussi parce que la LNH détenait toujours les droits sur le nom. Selon ce que rapportait RDS lors du dévoilement du logo en juillet 2004, le logo “représente un ours sympathique qui revêt autant la bonne humeur que l'agressivité pour mener à bien sa tâche. La déchirure montre aussi qu'il peut laisser des traces et il signifie la froideur de notre climat hivernal.” Toujours selon Maître Boily, "Le nom N-O-R-D-I-K-S est un nom qui se retrouve dans le dictionnaire. Notre logo est complètement différent de celui qui existait à l'époque, donc cela ne porte pas à confusion”. Les Nordiks auraient occupé le Colisée Pepsi si la ligue avait bel et bien levé.

La ligue organisa par la suite deux repêchages le 18 juillet 2004; un repêchage amateur et un d’expansion. Il y avait alors 8 équipes dans la nouvelles ligue inscrites à ce repêchage; Quebec, Toronto, Halifax, Detroit, Hamilton, Dallas, Floride et Vancouver. Sidney Crosby fut choisi au premier rang par l’équipe de Toronto mais refusa de signer un contrat avec la nouvelle ligue. Thomas Vanek a quant à lui été choisi au 2e rang par Halifax tandis que les Nordiks ont jeté leur dévolu sur… Steve Bernier. Lors du repêchage d’expansion, les Nordiks détenaient le 1er choix et ont choisi Simon Gagné. D’autres joueurs avaient porté de l’intérêt à se rapporter à l’AMH.  C’était le cas de Brett Hull, qui avait décidé qu’il joindrait la nouvelle ligue de son père en cas de lock-out.

Il se révéla que d’imaginer des noms d’équipes et créer des logos était beaucoup plus facile que de vraiment organiser et financer une nouvelle ligue majeure. Et comme l’ancienne AMH, beaucoup de clubs se retirèrent de l’aventure. C’était effectivement encore plus difficile d’organiser une équipe en 2004 qu’en 1972. Les choses commencèrent officiellement à dérailler suite aux repêchages de juillet. La franchise de Québec ne put sécuriser un bail au Colisée (faut le faire) et la ligue retira leur application. La même chose arriva ensuite pour l’équipe de Toronto, aussi incapable de trouver un aréna. L’équipe Floridienne (d’abord basée à Miami ensuite Jacksonville et finalement Orlando) se retira également. La ligue prévoyait originalement de disputer un calendrier de 74 matchs qui aurait débuté à la fin octobre mais lors du mois de septembre, avec seulement 4 équipes toujours en lice, la ligue repoussa son début de saison pour novembre. La franchise “phare” de la ligue, Dallas, baissa pavillon également au début d’octobre ce qui poussa la ligue à effectuer un “remaniement”, chose qui n’arriva jamais. Belfour et ses associés déclarèrent “qu’ils ne pouvaient se permettre de rester dans une ligue qui n’a pas l’air destinée à naître … la ligue aurait eu besoin d’un meilleur leadership et elle ne l’a pas eu.

Pendant que de plus en plus de joueurs optèrent de jouer en europe plutôt que de s’aligner dans l’AMH, Howell et Vaccaro partirent à la recherche d’autres investisseurs pour les droits du nom de l’AMH. Ils trouvèrent preneur en la personne de Ricky Smith, un investisseur de la Colombie-Britannique qui espérait toujours pouvoir lancer la nouvelle ligue, même s’il fallait attendre à la saison 2005-06 et compétitionner directement avec la LNH. Smith prit également la décision d’inscrire la WHA à la bourse en 2005, une décision plus que mal avisée.

En 2005, alors que la LNH avait officiellement annulé sa saison 2004-05, l’AMH organisa un tournoi nommé le “Bobby Hull Invitational Tournament” où il fut annoncé que 200 joueurs de la LNH avaient montré de l’intérêt pour y participer. Le tournoi aurait eu lieu du 20 mai au 2 juin 2005 entre 6 équipes qui se seraient disputé une cagnotte de 2 millions de dollars. Parmi les joueurs qui auraient montré de l’intérêt, on retrouvait Keith Primeau, Jarome Iginla, Tony Amonte et Dany Heatley et le tournoi aurait été parrainé par Phil Esposito

Cependant le tounoi n’a jamais eu lieu. Esposito se retira de l’aventure lorsqu’il ne reçut pas une avance sur ses frais de promotion. Il déclara que “s’il ne peuvent même pas me payer, comment pourront-ils louer les arénas où ils veulent jouer?”. Un agent de joueur anonyme déclara pour sa part qu’il n’avait pas reçu de réponses après 4 courriels et que Ricky Smith ne retournait pas ses appels… Le tournoi fut donc annulé sans aucune annonce officielle de la part de la ligue ou de Bobby Hull. On commençait alors à moins entendre parler de la nouvelle ligue dans les médias.

Suite à cette série d’échecs, Smith tenta de continuer de faire revivre le nom de la WHA à travers d’autres projets. On parla d’organiser une autre ligue semi-pro en Pennsylvanie et au Midwest mais ces plans furent abandonnés abruptement suite à une poursuite de l’agent de change de la compagnie. En septembre 2005, ils tentèrent d’installer une nouvelle base pour leur ligue en fondant une ligue junior, cette fois en Floride, du nom de la WHA Super Junior League. Derrière ces plans figurait toujours l’espoir d’instaurer une ligue majeure et on parlait à ce moment de la saison 2007-08. Bobby Hull organisa un camp de recrutement pour de jeunes joueurs en Floride et selon mes recherches il y eut quelques matchs de disputés dès le mois d’octobre. La ligue fut toutefois suspendue sans préavis pour les jeunes joueurs et les communautés impliquées. On commença alors à douter des intentions de Smith et de la WHA qui semblait n’être qu’un énorme arnaque envers leurs investisseurs et maintenant envers de jeunes joueurs et leurs familles.



Un an plus tard, soit en septembre 2006, la WHA retenta le coup avec une ligue autre junior et créa la WHA Junior West Hockey League en Colombie-Brittanique. La WHA s’associa avec la ligue Junior A de l’Ontario afin de créer la “National Junior Hockey Alliance”. Ils avaient ainsi pour but de créer un championnat entre les deux ligues. Cette nouvelle WHA avait exactement le même logo que la ligue des années 70 et il en était de même également pour les équipes. On retrouvait donc des équipes telles que les Bulls de Bellingham, les Fighting Saints de Lumby et les Whalers de New Westminster. Encore une fois, la ligue avait Bobby Hull comme commissaire.





De 2006 à 2008, la WHA Junior West Hockey League opéra dans un climat toxique de poursuites entres actionnaires et d’instabilité chez les équipes dont plusieurs quittèrent après la 1re saison. Il y eut également plusieurs poursuites envers la WHA. C’était entre autres le cas de la compagnie d’autobus Vancouver Tours Bus Lines qui aurait obtenu plus de 70,000$ en frais impayés lors d’un procès en 2007. La ville d’Osoyoos, où évoluait le club des Spurs d’Osoyoos, termina son association avec l’équipe après qu’ils n’aient pas payés des frais de plus de 14,000$ pour la location de l’aréna et le club ne termina pas la 2e saison de la WHA dont le calendrier fut écourté. Il y eut également quelques reportages concernant des frais de remboursement aux joueurs impayés par Smith et quelques allégations selon lesquelles il se serait inscrit plusieurs chèques à son nom au lieu de rembourser les joueurs. Au même moment, les actions de la ligue étaient descendues de 2$ à moins de 1 cent en l’espace d’un an.

La ligue était également devenue hors-la-loi aux yeux de Hockey Canada qui menaçait de suspendre tout joueur inscrit dans la WHA. Aucun club ne tenta de monter une équipe pour la saison 2008-09, même si la ligue prévoyait jouer une 3e saison. Le dernier message provenant du site de la WHA fut celui concernant cette menace de suspension. Le site web ferma en juillet 2009 (après un paiement manqué).

En janvier 2009, la firme Global Developments remporta son procès contre la WHA l’accusant de dilapidation des intérêts de Global dans leur compagnie. Global remporta plus de 4.3 millions et la WHA fut retiré du marché de la bourse. Smith tenta lui aussi d’actionner quelqu’un à son tour. Il déclencha une poursuite contre Hockey Canada, Hockey BC, la Pacific International Junior Hockey League (sa rivale dans l’ouest) ainsi qu’un ex-entraîneur de la WHA, Matt Samson. Il accusa tout ce beau monde de conspiration et de manigances envers la WHA afin d’empêcher des joueurs de s’y inscrire.

Aucune information sur l’aboutissement de ce procès et il s’agit de la dernière mention récente que j’ai trouvé concernant Ricky Smith ou la WHA qui mériterait selon moi de rester morte et entrée au lieu d'être utilisée de la sorte.


Sources:
http://www.rds.ca/hockey/place-aux-nordiks-de-quebec-1.328112
http://slam.canoe.com/Slam/Hockey/WHA/2005/04/26/1013458.html
http://slam.canoe.com/Slam/Hockey/WHA/2005/03/15/961495.html
http://slam.canoe.com/Slam/Hockey/WHA/2004/10/01/651501.html
http://www.sportsbusinessdaily.com/Daily/Issues/2004/09/Issue-14/Franchises/Dallas-Americans-Pull-The-Plug-On-Playing-In-WHA-This-Season.aspx
http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/hulls-wha-lands-in-penalty-box/article17991404/
http://eclipse.sys-con.com/node/355947
http://www.espn.com/nhl/columns/story?id=1967012
The Complete Historical and Statistical Reference to the World Hockey Association, 1972-1979, Scott Surgent

mercredi 16 novembre 2016

Les recordmen des autres ligues (3e partie)






Après avoir parlé des recordsmen des ligues mineures encore actives (1re partie) et ceux des ligues défuntes (2e partie), il me restait encore quelques vieilles ligues légendaires à explorer mais aussi quelques autres plus obscures de l’Amérique profonde dont j'ignorais l'existence avant d'écrire cet article.

Commençons d'abord par une ligue légendaire.


Pacific Coast Hockey Association (1911-1924)

Cyclone Taylor (1912-1923)
130 PJ - 159 buts - 104 passes - 263 pts

La PCHA fut fondée en 1911 par les frères Frank et Lester Patrick, deux stars de la NHA. Ils voulaient entre autre développer le sport dans l’ouest du pays. Ils entreprirent un véritable sacage des joueurs de la NHA en leur offrant de meilleurs salaires et la ligue commença à challenger pour la coupe Stanley dès sa deuxième année. La PCHA est aussi reconnue pour ses grandes innovations comme la création de la ligne bleue, les tirs de pénalités ainsi que la passe avant. La ligue prit de l’expension aux États-Unis en 1914, soit dix ans avant la LNH. Éventuellement quelques-unes de ses équipes commencèrent à avoir des difficultés financières et la PCHA fusionna avec la WCHL pour former la première version de la WHL, ce qui ne dura que deux ans avant la fin définitive de la ligue au même moment où la LNH devint véritablement la première ligue professionnelle d’importance en amérique du nord. La PCHA demeure à ce jour la dernière ligue à avoir remporté la Coupe Stanley avant l'emprise de la LNH sur ce trophée.

Frederick Wellington “Cyclone” Taylor fut une des premières vedettes de l’histoire du hockey professionnel et aussi un des premiers mercenaires de ce sport, offrant ses services aux clubs les plus offrants. Il joua entre autres avec les frères Patrick au sein des Millionnaires de Renfrew lors de la première saison de la NHA en 1909. Les frères Patrick convainquirent Taylor de joindre les rangs de la PCHA en 1912 avec les Millionnaires de Vancouver. Son parcours de nomade mercennaire prit fin à ce moment alors qu’il joua avec le club jusqu’en 1923 et avec qui il remporta la coupe Stanley en 1915. Il fut introduit au temple de la renommée en 1947.


Canadian American Hockey League (1926-1936)

Leland “Hago” Harrington (1926-36)
347 PJ - 126 B - 120 P - 246 PTS

La CAHL ou la ligue Can-Am opéra durant 10 saisons avant de fusionner avec la première version de la International Hockey League (IHL) en 1936. La nouvelle ligue fusionnée fut d’abord connue sous le nom de la International-American Hockey League mais changea pour la AHL en 1940. De nos jours seulement deux franchises de l'AHL ont des racines dans la vieille CAHL soit le Wolf Pack de Hartford (anciennement les Reds de Providence) et les Comets d’Utica (anciennement les Indians de Springfield).

Né à Melsose au Massachussetts, Hago Harrington était un des meilleurs joueurs issus de la Nouvelle-Angleterre de son époque. Il appartenait originalement aux Bruins de Boston avec qui il évolua en 1925-26 et en 1927-28. Entre ces deux saisons, il s’aligna également avec les Eagles de New Haven dans la CAHL et il préférait évoluer dans la CAHL au lieu des Bruins et la LNH et il refusa ainsi de se rapporter aux Bruins. Il s’ensuit par la suite une guerre entre les deux ligues pour les droits sur Harrington. Éventuellement les Bruins vendirent ses droits à la CAHL mais au club des Reds de Providence. Son souhait fut donc exaucé et il s’aligna avec les Reds pour les 8 saisons suivante à l’exception d’un séjour de 24 matchs avec les Canadiens en 1932-33. Les Reds étant alors affiliés au CH.

Avec les Reds, Harrington remporta 3 championnats de la CAHL et se retira lors de la fusion avec la IHL. Après sa retraite il travailla pour le Garden de Boston en plus d’opérer un club de mini-golf qui existe toujours de nos jours et qui porte toujours le nom de l’ex légende de la CAHL.


American Hockey Association (1926-1942)

Millard “Sonny Boy” Wakeford (1928-1942)
580 PJ - 217 B - 193 P - 410 PTS

La AHA est une autre ligue qui tenta de rivaliser avec la LNH à une certaine époque. La ligue comprenait surtout des équipes dans le Midwest américain comme le Minnesota, le Missouri et le Michigan mais fut une des premières ligues à prendre de l’expansion dans des marché peu communs comme le Texas et l’Oklahoma. En 1930, la AHA se renomma sous le nom de la American Hockey League (avant l'autre AHL) et se déclara une ligue professionnelle. Elle enfreint ensuite les règles non-écrites du hockey professionnel en implantant des équipes dans des marchés occupés par d’autres ligues comme Chicago et Buffalo (alors hôtesse d’une équipe de la IHL). La AHL tenta même de challenger pour la Coupe Stanley en 1932, sans succès. Après deux saisons en compétition avec la LNH, plusieurs clubs étaient en difficulté financière et la ligue décida de redevenir une ligue mineure. La AHL se renomma sous le nom de la AHA en 1933 et continua d’exister jusqu’en 1942 alors qu’elle suspendit ses opérations à cause de la 2e guerre mondiale.

Millard “Sonny Boy” Wakeford fut membre de la première édition des Oilers de Tulsa en Oklahoma et joua avec eux jusqu’à la fin de la ligue en 1942. Il remporta trois championnats avec les Oilers soit en 1929, 1931 et 1933. Il fut le premier membre de l’histoire des Oilers à avoir son chandail retiré, lorsque la franchise fut ressussité dans la CHL en 1992. Il continua d’habiter à Tulsa après sa retraite et y mourut en 2009 à l’âge vénérable de 101 ans.


United States Hockey League (1945-1951)

Ray Powell (1945-1951)
310 PJ - 177 B - 279 P - 456 PTS

3 ans après avoir suspendu ses opérations, la AHA se renomma sous le nom de la USHL au retour de la 2e guerre mondiale et comprenait plusieurs des mêmes équipes que lors de la fin de la AHA en 1942. Un des joueurs les plus célèbres à avoir joué dans la USHL fut nul autre que Gordie Howe qui joua pour les Saints d’Omaha, alors le club-école des Red Wings, lors de la première saison de la ligue en 1945-46. La ligue ne fit cependant pas long feu et cessa ses activités en 1951 laissant un vide pour certaines villes dans le midwest jusqu’à l’apparition de la CHL dans les années 60. 

Ray Powell n’a jamais réussi à percer un alignement de la LNH mais a connu du succès partout ailleurs dont lors de son séjour dans la USHL. Il commença sa carrière dans la AHL en 1943 et évolua également dans la EHL jusqu’à la création de la USHL où il joua durant l’entièreté de la courte existence de la ligue, d’abord avec les Rangers de Fort Worth et ensuite avec l’équipe de Kansas City (initialement connue sous le nom des Pla-Mors et ensuite des Mohawks). Il mena l’équipe durant les 5 saisons suivantes en compagnie entre autres de Bert Olmstead, futur membre des Canadiens et récolta deux saisons de plus de 100 points. Lors de la dernière saison de la USHL, il joignit les rangs des Sea Gulls de Milwaukee. Les Black Hawks de Chicago lui offrirent ensuite sa chance dans la LNH. En 31 matchs à Chicago en 1950-51, Powell amassa 7 buts et un respectable 22 points mais il fut libéré par la suite et retourna dans la AHL avec les Reds de Providence. Il mena entre autres la AHL pour les points en 1952. Il joua ensuite quelques saisons pour les Aces de Québec dans la ligue de hockey du Québec et termina sa carrière dans la WHL avec les Cougars de Victoria en 1957.


Atlantic Coast Hockey League (1981-1987)

Paul Mancini (1982-1987)
263 PJ - 234 B - 252 P - 486 pts

L’origine de la ACHL remonte à la création d’une deuxième ligue du nom de la Eastern Hockey League (voir 2e partie) en 1978. Cette deuxième EHL voulait faire revivre le hockey dans l’ancien territoire de l'ancienne EHL. Cette 2e version fut toutefois un échec et ferma ses livres en 1981. Deux des propriétaires d’équipes de la EHL décidèrent alors de réorganiser la ligue sous un nouveau nom, la ACHL avec entre autres le propriétaire de la WWF, Vince McMahon comme actionnaire et propriétaire d’une des équipes. La ligue connut un peu plus de succès que la EHL précédente mais cessa tout de même ses activités en 1987 et quelques-unes de ses équipes joignirent les rangs de la All-American Hockey League (AAHL), une ligue qui en était alors à sa deuxième année d’existence. Après une saison dans la AAHL quelques équipes quittèrent cette ligue et formèrent la ECHL que l’on connaît de nos jours et dont deux équipes ont toujours des racines dans l’ancienne ACHL (avec plusieurs déménagements); les Wheeling de Nailers et les Grizzlies de l’Utah.

Fait amusant, le “Gretzky” de la ACHL a également joué avec le vrai Gretzky au niveau junior. Paul Mancini a en effet été un des premiers compagnons de trio de la merveille au sein des Greyhounds de Sault Ste. Marie lors de la saison 1977-78. En compagnie de Gretzky et de Dan Lucas, Mancini amassa 54 buts et 91 points en 1977-78, ce qui incita les Kings de Los Angeles à prendre une chance avec lui et de le repêcher en 5e ronde. Il ne se rendit jamais à la LNH mais joignit les rangs de la EHL en 1979. Il joua ensuite quelques matchs dans la AHL et la IHL sans faire d’éclats suite à quoi il revint dans la nouvelle ACHL en 1982 avec les Golden Blades d’Erie avec qui il brûla la ligue jusqu’en 1987 où il prit sa retraite en même temps que la fin de la ligue.


West Coast Hockey League (1995-2003)

Dean Larson (1995-2003)
522 PJ - 259 B - 525 P - 784 PTS

La WCHL était une ligue semi-pro du nord-ouest des États-Unis qui naquit des cendres le la très éphémère Pacific Hockey League (PHL) en 1994. Elle était en quelque sorte l’équivalent de la ECHL dans l’ouest, d’où le nom. La WCHL ne connut pas autant de succès que sa cousine et la ECHL absorba les clubs survivants de WCHL en 2003 dont les Aces d’Anchorage, les Condors de Bakersfield, les Gulls de San Diego et les Steelheads de l’Idaho. De nos jours seulement les Aces et les Steelheads sont toujours actifs.

C’est avec les Aces que Dean Larson joua l’entièreté de sa carrière professionnelle. Originaire d’Edmonton, Larson joignit les rangs de l’Université d’Anchorage-Alaska en 1988 après son stage junior. Il resta à Anchorage après la fin de son stage universitaire en 1992 et joignit les rangs des Aces lors de leur création en 1995. Il connut 4 saisons de plus de 100 points avc l’équipe et détient les principaux records offensif de la WCHL. Il se retira en même temps que la fin de la ligue en 2003.

Il fait partie du temple de la renommée des Aces et de l’Alumni de l’Université d’Anchorage.


Western Professionnal Hockey League (1996-2001)

Ross Harris (1997-2001)
252 PJ - 153 B - 208 P - 361 PTS

La WPHL est une ligue encore plus obscure que la WCHL vue précédemment. Elle comprenait des équipes exclusivement dans le sud des états-unis, soit principalement au Texas mais aussi en Lousianne, au Nouveau-Mexique, en Arkansas et au Mississippi. À son apogée, la ligue comprenait jusqu’à 18 équipes (en 1999-2000) et connaissait un certain succès, ce qui incita sa concurrente dans le sud, la CHL à simplement acheter la WPHL et fusionner les deux ligues pour la saison 2001-02. La CHL fut à son tour absorbée par la ECHL en 2014 et contrairement à la WCHL, plus aucune équipe active n’a de racine dans la WPHL de nos jours.

Le meneur pour les points dans la WPHL fut Ross Harris, un ancien des Cougars de Victoria dans la WHL qui joua également dans la CHL et la WCHL durant quelques saisons avant de joindre la WPHL en 1997. Il était aussi une star de la ligue de Roller Hockey (RHI) durant les étés des années 90. Après la fin de son séjour dans la WPHL, il tenta l’aventure en Russie avec les club Khabarovsk Amur pour la saison 2000-01 mais cette expérience ne dura que 7 matchs où il ne récolta qu’une seule passe. Il revint dans le sud la saison suivante dans la CHL dans ce qui fut sa dernière saison avant sa retraite.


Sources: 

lundi 14 novembre 2016

Intermède musical - Big League de Tom Cochrane & Red Rider



Cette chanson de Tom Cochrane & Red Rider date de 1988.  L’album où on la retrouve (Victory Day) s’est vendu à plus de 100 000 copies.  Elle raconte l’histoire d’un joueur de hockey d’une petite ville qui compte utiliser son talent pour obtenir une bourse qui le mènera vers un avenir meilleur et à une carrière dans la ″grande ligue″. Un tragique accident de la route viendra toutefois mettre fin à ses aspirations et à sa vie.  La chanson est racontée du point de vue du père.
 
 
 
Des rumeurs ont couru disant qu’elle avait été inspirée par l’histoire de George Pelawa, un choix de première ronde des Flames en 1986.  D’autres indiquaient qu’elle avait plutôt un lien avec l’histoire des Broncos de Swift Current.
 
Cochrane raconte que l’inspiration lui est plutôt venue de quelqu’un qu’il a rencontré avant un spectacle.  L’homme lui a dit que son fils était un joueur de hockey, qu’il a avait obtenu une bourse pour jouer à l’université et qu’il aimait la chanson ″Boy Inside The Man″.  Il lui a ensuite demandé s’il allait la jouer.  Cochrane lui a alors demandé si son fils allait être au spectacle.  L’homme lui a répondu que non, puisque son fils avait perdu la vie dans un accident de la route l’été précédent.
 
Lorsqu’il était entraîneur-chef des Canucks, Pat Quinn faisait jouer cette chanson dans la chambre.  Et lorsque ces mêmes Canucks ont rendu hommage à Luc Bourdon, leur joueur décédé dans un accident de moto en 2008, la famille a demandé à Cochrane de jouer cette chanson.  Après avoir hésité, Cochrane en a finalement fait une version acoustique au centre de la patinoire.
 
 
 
Sources : « The making of Tom Cochrane’s hit song ′Big League′ and how it became ′a Canadian anthem′″ de Sean Fitz-Gerald, 9 février 2015, National Post (news.nationalpost.com), tomcochrane.com.