mercredi 28 octobre 2009

"Bad" Joe Hall

Je vais faire comme tout le monde et parler de grippe...

Bon, ça a l'air que la moitié de la NHL est sur le point de mourir de la grippe... Il serait à cet effet très intéressant de se partir un death pool afin de savoir qui de Peter Budaj, Ladislav Smid ou tout autre joueur sera le premier à mourir de la grippe A (H1N1). Belle occasion de faire quelque sous sur le dos de morts... Je pourrais peut-être avoir plus de succès avec ce pool qu'avec mes pools normaux jusqu'à présent...

Trêve de morbidité... Ce n'est pas la première fois que le hockey connaît une période de menace de grippe. Je ne parle pas ici du SRAS, de la grippe aviaire ou toute autre frousse qu'on nous a fait depuis quelques années. Non, je parle belle et bien de la grippe espagnole, cette méchante pandémie qui ravagea l'Occident à la fin des années 1910. Cette épidémie coûta cher au Canadiens de Montréal en ce que non seulement elle les priva de leur seconde Coupe Stanley mais elle leur coûta également l'un des joueur les plus salaud de cette époque, "Bad" Joe Hall.

Joe Hall est né en 1882 à Staffordshire en Angleterre. Sa famille quitta pour le Canada et emménagea à Brandon au Manitoba lorsqu'il était enfant. C'est en 1902 qu'il débuta sa carrière de hockeyeur au sein de ligues organisées en se joignant aux Brandon Regals de la Manitoba Senior League. Il joua au sein de différentes équipes de Brandon et de Winnipeg pendant plusieurs saisons, prenant part notamment à l'équipe du Winnipeg Rowing Club qui défia sans succès les Silver Sevens d'Ottawa, les futurs Senators. En 1907, il se fit prêté par son équipe de Brandon aux Thistles de Kenora (ville à l'extrême-ouest de l'Ontario) à l'occasion d'une série challenge pour la Coupe Stanley face aux Wanderers de Montréal que l'équipe ontarienne remporta. Hall n'eut malheureusement pas l'occasion de jouer pour l'équipe mais est considéré de nos jours comme ayant fait fait parti de cette équipe championne. Une autre future légende du hockey, Art Ross, aura le même traitement. Fait intéressant, la ville de Kenora, ville de 4000 habitants à l'époque, est de nos jours considérée comme la plus petite ville à avoir remporté la Coupe Stanley. À cet époque, Joe Hall, connut pour avoir été un des joueurs les plus salaud de son époque (mis à part Sprague Cleghorn), évoluait à l'attaque plutôt qu'à la défense, sa position lors de ses années de gloire.

Joe Hall débarqua à Montréal en cette même année 1907 afin d'évoluer avec les Shamrocks de Montréal pour qui il évolua principalement jusqu'en 1910. Il joua également quelques matchs avec Wanderers de Montréal, les Pros d'Edmonton et les Maple Leafs de Winnipeg. Joe Hall est toutefois connu pour avoir été un redoutable défenseur avec les Bulldogs de Québec et c'est à l'apparition de l'équipe dans la NHA à la seconde saison de la ligue en 1910-11 qu'il se joint à l'équipe. Il les aida notamment à remporter la Coupe Stanley à deux reprise en 1912 et 1913. C'est en tant que joueur des Bulldogs que Joe Hall développa une rivalité assez brutale avec la vedette des Canadiens de Montréal Newsy Lalonde. Cette rivalité apparemment ferait passer celle entre Dale Hunter et Chris Nilan que l'on a connu pour de la petite bière...

Par contre, grâce à un retour des choses, Joe Hall dût enterrer la hache de guerre avec son rival de Montréal en 1917 alors qu'il se joint aux Canadiens de Montréal. Lorsque la NHA fut dissoute en 1917 pour faire place à la NHL, l'équipe de Québec ne put fournir les fonds nécessaires afin de joindre cette ligue et les joueurs furent dispersées un peu partout dans la ligue en attendant que l'équipe puisse se joindre à la nouvelle NHL. C'est ce qui amena Joe Hall et l'as marqueur Joe Malone à Montréal. Lorsqu'il se joint aux Canadiens, Joe Hall devin l'un des premiers joueurs anglophone à se joindre à l'équipe francophone...

À sa seconde saison avec les Canadiens en 1918-19, Hall et Lalonde maintenant devenus amis aidèrent les Canadiens à remporter le championnat de la NHL ce qui leur valut d'avoir un ticket pour affronter les Metropolitans de Seattle (photo de droite), champions de la Pacific Coast Hockey Association, pour la finale de la Coupe Stanley. La série allait se dérouler à Seattle en raison du fait que les déplacement intercontinentaux à l'époque étaient un peu plus long que de nos jours... Après cinq matchs, les deux équipes étaient à égalités 2-2, le 4e matchs ayant été terminé par la marque de 0-0. Le match étant sous les règles de la PCHA, il se termina après 20 minutes de supplémentaire, but ou non. Lors de ces rencontres entre la NHL et la PCHA, on alternait de match en match les règles des ligues respectives, ce qui a dans le cas de cette série a porté à confusion et a peut-être coûté la Coupe Stanley à une des deux équipes...

Le sixième match était donc prévu pour le premier avril. Il n'aura toutefois jamais lieu en raison de la grippe espagnole. L'épidémie frappa la plupart des joueurs du Canadiens dont Joe Hall, Billy Coutu, Louis Berlinquette, Newsy Lalonde et Jack McDonald qui furent hospitalisés en raison de cette maladie. À 5 heures du début du match, devant le nombre important de joueurs frappés par cette maladie, le match fut annulé. Georges Kennedy, alors propriétaire du Canadiens qui fut également frappé par la maladie, déclara forfait et nomma les Mets de Seattles champions de la Coupe Stanley. Toutefois, Pete Muldoon, propriétaire de l'équipe de Seattle, refusa le championnat de par la raison dramatique du forfait. D'une manière in extremis afin de décider d'un champion, Kennedy demanda à Frank Patrick, propriétaire de la PCHA, d'utiliser des joueurs de l'équipe de Victoria pour les Canadiens afin de compléter la série. Patrick refusa et la Coupe Stanley ne fut pas attribuée en ce printemps de 1919. Ce fut la seule fois avant l'annulation du championnat en 2005 que la Coupe ne fut pas attribuée.

Joe Hall, déjà affligé de la grippe espagnole, fut frappé d'une pneumonie qui l'emporta quelques jours plus tard. Il mourut dans un hôpital de Seattle à l'âge de 36 ans le 5 avril 1919. Ses funérailles eurent lieu à Vancouver quelques jours plus tard en présence de la plupart de ses coéquipiers. Il fut inhumé à Brandon au Manitoba.

"Bad" Joe Hall, 3 fois champion de la Coupe Stanley et l'un de plus joueur les plus craints de son époque, fut intronisé au Temple de la Renommée du hockey en 1961, plus de 40 ans après son décès tragique lors de la finale de la Coupe Stanley de 1919...


4 commentaires:

Quebec Bulldogs a dit…

Très intéressant. Beau travail ! Je fais suivre sur mon site.

quebecbulldogs.com

Anonyme a dit…

J'avais lu un article il y a deux semaines dans The Gazette sur Bad Joe Hall et je m'apprêtais à rédiger un billet sur le sujet en relation, évidemment avec la menace pandémique actuelle.

En "googlant" ma recherche, j'atterris sur votre excellent article. Soudainement, j'ai perdu l'envie d'écrire...

Je vais me contenter de parler du votre avec un lien.

Venez nous visiter!

Appelez-moi Lyse sur www.LesGlorieux.net

Jean-Simon (ton co-voitureur de vendredi dernier) a dit…

Le concepte du site est trippant, c la meilleure lecture de chevet apres 3-4 bieres.

Montréalistik.com a dit…

Excellent article. J'adore le fait que vous rechercher des infos insolites et hors du commun du hockey. Bravo ! Très original.