jeudi 17 mars 2011

Serge Savard en Russie...




Je lisait un livre hier, Lions in Winter de Chrys Goyens et Allan Turowetz. Il s'agit d'un assez volumineux livre en anglais qui raconte l'histoire du Canadien de Montréal jusqu'à la victoire de 1993. C'est d'ailleurs Patrick Roy lors de la Coupe de 1993 qui est sur la couverture...

Le livre débute avec une anecdote savoureuse mais douteuse...

On parle d'un moment en 1983 où Serge Savard, récemment nommé directeur général du Canadien, fut reçu en URSS afin de faire plus ou moins une mission diplomatique au nom du Canadien de Montréal.

Apparemment, après tout le fla fla protocolaire à grand coups de vodka, les gens socialisaient alors qu'un vieil homme s'approcha de Savard pour lui poser une question : "Comment se comporte le Canadien ces temps-cis?"

Je vous rappelle qu'on était peu de temps après les redoutables années Grundman et ainsi Savard offrit une réponse assez diplomatique au vieil homme : "Nous avons des hauts, nous avons des bas, si vous comprenez ce que je veux dire."

À cela le vieil homme répondit qu'il comprenait sous le regard de tous les autres personnes qui se demandaient ce que ce vieil homme venait faire à questionner Savard à propos de hockey.

C'est ainsi qu'on présenta le vieil homme à Savard, il s'agissait "apparemment" (je reviendrai là-dessus plus loin) de Mikhail Suslov (photo), membre du Politburo et du Secrétariat du Parti communiste d'Union soviétique. Il était en quelque l'un des gros idéologue de l'organisation politique soviétique. Il fut par exemple chargé de repousser très totalitairement, durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs minorités ethniques dont les tchétchènes dans le Caucase. Dans les années 60, il fut un des responsable de la mise à l'écart de Nikita Khrouchtchev pour le remplacer par Leonid Brejnev. Il mit en quelque sorte sur pied le modèle de séparation des pouvoirs dans le système politique soviétique qui permettait d'empêcher un absolutisme comme sous Staline... Ce fut donc un homme très puissant dans le régime soviétique... Pour vous le prouver, sachez qu'il fut enterré à côté de Staline dans un mur du Kremlin...

Donc cet homme se présenta devant Serge Savard pour lui parler du Canadien parce qu'apparemment il était un très grand fan du Canadien. Il se mit alors à lui parler de Guy Lafleur, de Bob Gainey et de son préféré, Larry Robinson. Il lui expliqua qu'il découvrit le hockey avec le Canadien des années 50 avec Jean Béliveau, Maurice Richard et Jacques Plante. Il lui fit la confidence que le Canadien était l'équipe préférée de la vieille garde du Politburo mais que cette chose a tendance à changer. Les jeunes, apparemment ça existait, aimaient mieux les Oilers d'Edmonton et Wayne Gretzky.

C'est ainsi qu'apparemment Suslov termina la discussion en disant qu'ils avaient un mot spécial pour nommer ces jeunes qui n'aimaient pas le Canadien et préféraient les Oilers : "Transfuge" (Defector)... Je vous rappelle que ce terme était réservé au gens qui quittaient le bloc socialiste...

Ok, le apparemment...
En fait, j'ai pas de problème avec cette histoire, je la trouve mignonne, mais le livre nous affirme que cette rencontre a eu lieu en 1983. Et bien, je doute que cette rencontre eut lieu avec Mikhail Suslov car il est décédé en janvier 1982 et à cette époque Serge Savard jouait encore avec les Jets de Winnipeg...

Heh...

2 commentaires:

monsieur seb a dit…

excellent post (encore)...

http://www.youtube.com/watch?v=7lSj9Gy1CcA
j'ai hâte aux séries.
http://www.youtube.com/watch?v=bqS7Pp4lYDU

Anonyme a dit…

le gars est trop fort, trop fort. poursuites judiciaires potentielles...!