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lundi 19 mai 2014

Avoir un mauvais match dans le corps...







Il y a des matchs où rien ne fonctionne.  Pour des raisons obscures, une équipe, même une très bonne, peut avoir une soirée catastrophique.  On en a eu un exemple samedi après-midi.  En voici deux autres exemples particulièrement éloquents.
 
Bruins – Maple Leafs
 
La saison 1963-64 fut bonne pour les Leafs.  Une fiche de 33-25-12 leur donna la troisième position sur six.  Par contre, une fois en séries, ils surprirent les Canadiens, qui avaient terminés premiers, en sept matchs.  Ils allèrent ensuite battre les Red Wings pour remporter une troisième Coupe Stanley consécutive, aidé par un but en prolongation tout simplement héroïque de Bobby Baun (voir texte du 3 juin 2012) au cours du sixième match.  Tim Horton fut choisi au sein de la première équipe d’étoiles, Frank Mahovlich sur la deuxième.
 
De l’autre, il y avait les Bruins de Boston.  Leur fiche de 18-40-12 leur assura la dernière place pour une cinquième année consécutive.  Ils ratèrent les séries pour une sixième fois de suite, en chemin vers une séquence de huit ans sans participer aux éliminatoires, et ce, dans une ligue qui avait toujours seulement six équipes à ce moment.
 
 Le 18 janvier, les Bruins se rendirent à Toronto pour affronter les Leafs.  On pouvait donc envisager une rencontre inégale.  C’en fut tout une.  La marque finale : 11-0… pour les Bruins!  Il s’agissait de la pire défaite par blanchissage en vingt ans.  On peut presque se demander ce que les joueurs des Leafs avaient fait la veille… 
 
Comme on peut s’en douter, les partisans des Leafs ne manquèrent pas de copieusement huer leurs favoris.  La défense fut apparement particulièrement inepte, alors qu’il y eut plusieurs collisions entre coéquipiers et des dégagements ratés.  Devant le filet, ce n’est pas Johnny Bower qui encaissa cette dégelée, mais bien le gardien numéro deux, Don Simmons, un ex-Bruin.  Pour Boston, c’est Eddie Johnston qui récolta le jeu blanc.  Ce ne fut pas nécessairement un pique-nique pour lui, puisque l’offensive des Leafs avait tout de même obtenu 34 tirs, 4 de plus que les Bruins.                                          
 
Le lendemain, les Leafs se rendirent à Chicago.  L’entraîneur Punch Imlach revint avec Simmons devant le but et celui-ci répondit avec brio.  Il blanchit les Hawks 2-0.
 
Whalers – Oilers
 
La saison 1983-84 a complètement été dominée par les Oilers.  Leur récolte de 57-18-5 et 119 points les mena au sommet de la ligue, 15 points devant les Bruins et les Islanders, ex aequo en deuxième place.  C’est aussi l’année de leur première Coupe Stanley.
 
À l’opposé, les Whalers terminèrent 17e sur 21, ratant les séries pour une quatrième année de suite, avec une fiche de 28-42-10, 66 points.
 
Le 14 février, alors qu’une bonne partie de l’attention était portée vers les Jeux de Sarajevo (la LNH n’allant pas aux Olympiques, elle n’arrêtait pas ses activités), les Oilers se rendirent à Hartford.
 
Il s’agissait du sixième et dernier match que Wayne Gretzky rata en raison d’une blessure à l’épaule, lui qui amassa tout de même 205 points au cours des 74 autres matchs de la saison.  Par contre, Gretzky n’était quand même pas le seul joueur de marque au sein de cette équipe.  On y retrouvait aussi les futurs membres du Temple de la Renommée Glenn Anderson, Paul Coffey (le deuxième pointeur de la ligue cette année-là), Jari Kurri, Mark Messier et Grant Fuhr.  Mais ce même Fuhr accorda 7 buts aux Whalers avant la fin de la 2e période, Andy Moog en accorda 4 autres, et l’attaque tomba en panne, dans un massacre de 11-0.  Au moins, contrairement aux Leafs, les Oilers n’imposèrent pas ce supplice à leurs partisans…
 
 Du côté des Whalers, Ron Francis marqua 4 fois, Greg Malone (le père de Ryan) en ajouta 3.  Greg Millen effectua 28 arrêts pour récolter le blanchissage.
 
Au match suivant, Gretzky était de retour dans l’alignement et les choses retournèrent à la normale.  Il marqua 2 buts, obtint 2 passes, dans un gain des Oilers 7-4 contre les Jets.
 
Sources : ˮLeafs Show To Extremesˮ, CP, 20 janvier 1964, Calgary Herald, p.10, ˮToronto’s Black Dayˮ, CP, 20 janvier 1964, Saskatoon Star-Phoenix,  p.12, ˮWhalers humiliate Gretzky-less Oilersˮ, UPI, 13 février 1984, Montreal Gazette, p.C-3.

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